Lecture / Ecriture
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.:Lecture & Ecriture - Rencontre:.
Patricia Parry
Interview avec Cogito Rebello

   

Patricia Parry
    Cerise sur le gâteau, j'ai pour vous une petite interview.
   Je peux bien vous avouer que j'imaginais Patricia blonde (allez comprendre pourquoi!)! Je dirais même mieux, blonde méchée! Patricia est brune et ça me fait rudement plaisir (allez comprendre pourquoi!).
   
   
    - Sachant que Simon de Montfort est un personnage réel, comment est né Bertrand de Montrejouls qui lui est fictif ?

   - Bertrand est entièrement sorti de mon cerveau tout armé! Je suis une vraie occitane de culture et je connais depuis l’enfance les histoires de Cathares et de Croisés. Bertrand est issu de mes lectures d’enfant, les contes et légendes du Languedoc, les Alexandre Dumas dévorés depuis l’âge de 8 ans, et la connaissance implicite qu’ont de la croisade des Albigeois tous les Toulousains. Simon étant LE méchant pour tout occitan qui se respecte (on dit encore aux enfants dans le Vauréen: si tu n’es pas sage, Simon va venir te chercher), il allait de soi que Bertrand serait un gentil, même s’il est un peu plus complexe que ça. J’étais fascinée adolescente par le personnage du vicomte Trencavel, héros flamboyant mort à 20 ans dans les geôles de Carcassonne, probablement assassiné par Simon. Je pense qu’il a inspiré Bertrand.
   
   - N’avais tu pas peur de créer des personnages un peu trop clichés? Je pense précisément à François qui ressemble de loin ou de près à Kouchner avec tout ce qui pourrait lui manquer?
   - Ah, François, c’était vraiment exprès! Mais depuis AZF, Kouchner est l’ennemi intime de tous les psychiatres toulousains… En effet, le jour de l’explosion, il s’est pointé devant l’usine avec salamalecs mais n’a pas daigné traverser la route pour venir voir ses confrères et leurs patients (pas de caméras!) qui faisaient de leur mieux dans leur hôpital détruit. Après quoi, il a voulu faire fermer l’hôpital psychiatrique.
   Mais François, sa perfection, sa chemise blanche, et son doute permanent, c’était volontaire! Et physiquement il est plus près de Yannick Noah que de Kouchner, dis donc!
   
   - Etait-ce voulu de classer en deux catégories distinctes et manichéennes: les bons et les méchants?
   - Oui, c’était voulu, mais tu auras noté que la frontière entre bons et méchants est très fluide et très floue. On ne sait jamais à quel stade de leur évolution sont les protagonistes. N’importe quel gentil peut être un méchant à n’importe quel moment. En fait, ce sont les mêmes, en fonction des choix qu’ils font.
   
   - Est-ce que la part d’humanité de Béatrice ne se situe pas plus dans son dernier sms que dans ses exploits?
   - Oui, elle cache bien son jeu, le hussard de la république en mules Prada!
   
   - Comment sont nés les termes «brûleur de temps» et «veilleur»?
   - Brainstorming fumant avec ma djeuns! Elle détestait Brûleur de temps, mais…
   
   - La description des villes est très fouillée. Est-ce du vécu?
   - Oui, je les connais et les aime toutes. J’ai séjourné une douzaine de fois à Venise, et quatre fois à New York. Istanbul et Le Moyen Orient une seule fois, mais intense.
   
   - Combien de temps la mise en place de cette histoire t’a-t-elle pris?
   - Quelques mois seulement. En tout, écriture plus recherches: huit mois.
   
   - Comment se sont déroulées tes recherches historiques?
   - Franchement, Internet est une mine, si tu sais QUOI chercher. J’ai une culture générale plutôt bonne (cf Lagarde et Michard et tutti quanti). Je sais donc où je vais quand je surfe. Une grande partie de l’histoire des Cathares et des Croisés était dans ma mémoire. Je suis une dévoreuse des bons vieux feuilletonistes du XIXe: Dumas, Ponson du Terrail, Féval…)
   
   - Combien de temps pour l’écrire?
   - 4 mois tout rond.
   
   - Dans quels travers avais-tu peur de tomber au fur et à mesure de l’écriture?
   - J’ai une écriture assez florissante. Il m’a fallu pas mal sabrer. Et aujourd’hui que va paraître le deuxième, j’ai l’impression que j’aurais pu faire mieux. Il reste des tics d’écriture que je déteste!
   
   - Quelle était ta priorité en tant qu’en que «conteuse»?
   - Ménager le suspens. Donner du plaisir au lecteur. L’embarquer dans une histoire. Car j’aime avant tout les histoires.
   
   - Es tu du genre à écrire à heure fixe?
   - Plutôt le soir quand la maison dort
   
   - A quel moment t’es tu décidée à le faire lire?
   - Après écriture d’une dizaine de chapitres. J’ai envoyé par mail à une collègue, qui m’a renvoyé un mail enchanté: elle n’avait pas décollé de son ordinateur. Quelle divine surprise! Après quoi, j’ai envoyé chapitre par chapitre à un groupe de premiers lecteurs, baptisé aujourd’hui CDPL: club des premières lectrices et lecteur (un seul lecteur). Ça m’a obligée à maintenir un suspense serré: je voulais qu’ils courent sur leur ordi tous les matins pour savoir si j’avais écrit dans la nuit.
   
   - Euh avant de se quitter… C’est plus facile avec les mecs depuis que t’es connue? ;-) - Pffff! C’était déjà facile avant! Attends que je sois VRAIMENT connue!
   
   Je tiens vraiment à souligner la gentillesse de cette écrivaine, sa disponibilité malgré un emploi du temps bien chargé et surtout sa modestie et sa simplicité.
   En aparté, j'ai gratté d'autres petites informations que je vous livre en guise de rappel:
   Non, elle n'a jamais lu le "Da Vinci Code" (on est deux!)
   Non, elle ne ressemble pas à Béatrice (héroïne de "L'ombre de Monfort")
   Et c'est à 8 ans, après avoir lu "Les trois mousquetaires "et "Capitaine Fracasse" qu'est née l'envie d'écrire: «Un jour, j’aimerais apporter autant de rêve que ces deux-là».