Lecture / Ecriture
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.:Lecture & Ecriture - Rencontre:.
Sofia Guellaty
Interview avec Onlykey

   


   
   Voici l'interview de
Sofia Guellaty, qu'elle a bien voulu m'accorder par mail, suite à ma lecture de son roman "Le Sablier" dont vous pourrez retrouver la critique ici :
   
   Peux tu te présenter en quelques lignes ?
   En quelques lignes : 23 ans, je suis tunisienne, je suis journaliste pour «Ce soir ou Jamais», j’ai un deuxième roman en préparation… Quoi d’autres ? Je continue ?
   
   A quel âge as-tu commencé à écrire, et pour quelles raisons ?
   A huit ans, sur le thème : racontez nous vos vacances de Noël.
   
   Quelle est ta technique d’écriture ? Dans quel environnement écris tu ? (Ordinateur / manuscrit ; dans le calme ou dans un café ; en un seul bloc ou détaché…)
   Ordinateur, dans le calme de ma chambre ou au bureau quand il n’y a pas de travail. Jamais dans un café. J’écris par compulsion, ça me vient, ça devient une urgence, j’écris vite, je ne me relis que quand j’ai plusieurs chapitres, puis j’efface et je recommence, etc.
   
   A quoi ressemble « une journée dans la vie de Sofia Guellaty » ?
   Levée à 9h30, toujours en retard, lecture dans le métro, arrivée au travail, organisation des émissions, écriture pendant la pause déjeuner, puis si il y a un plateau je reste jusqu’à une heure du matin pour accueillir mes invités, sinon je m’échappe au restaurant (je ne sais pas faire la cuisine) avec des amis, j’ai n’ai pas de télévision, je ne suis pas souvent chez moi et c’est tant mieux.
   
   Quels livres et films ont marqué tes années adolescentes ? Pour quelle(s) raison(s) plus particulièrement ?
   Les livres : Boris Vian, toute l’œuvre et tout ce qui le concerne. Le Baron Perché, Sagan parce que je rêvais d’un destin similaire, il y a eu aussi John Irving que j’ai lu très tôt et que j’ai trouvé très drôle. Mais je n’étais pas une grande lectrice durant mon adolescence, en Tunisie on ne lisait pas beaucoup ; et je me rattrape maintenant, je suis très contente de découvrir des monuments de l’histoire littéraire.
   
   Les films : il y a eu Le magicien d’Oz qui est à la base de tout (mon deuxième roman notamment) ; Barry Lindon (un véritable coup de cœur), The Phantom of Paradise de Brian de Palma qui m’a fait très peur (je devais avoir dix ans), The Velvet Underground (premier film « adulte » vu à Paris… et puis je suis fascinée par Bowie).
   
   L’actualité a-t-elle une place importante dans ton quotidien, et dans tes influences d’écriture ?
   Aucune. Je ne fais pas partie de ces écrivains qui dépeignent la société dans laquelle ils vivent sous un jour sarcastique ou analytique. Je pense que tout cela me dépasse, je ne pourrais pas en avoir la prétention. L’intime par contre me fascine.
   
   Peux tu nous parler de la situation d’écriture de ce roman "Le Sablier" (année, motivations…) ?
   J’ai 21 ans. Je quitte un homme, un pianiste avec qui j’ai vécu six mois très étranges. Je me retrouve dans un quartier errant tous les jours, et tous les soirs je rencontre Albert Cossery* qui fait le même tour de pâté de maisons que moi alors que j’ai 21 ans et lui presque 90. Qu’aurions nous à nous dire si nous nous parlions ? Qu’a-t-il compris pendant tout ce temps que je n’ai pas vécu ?
   
   Le personnage de l’écrivain est omniprésent dans ton livre. De qui t’es tu inspiré, et pourquoi ?
   Albert Cossery, pour les raisons citées ci-dessus. C’est son visage qui m’a fasciné, un visage ridé, un visage d’homme sage. Cet homme habite à l’hôtel depuis des dizaines d’années, doit avoir une vie extraordinaire. En dehors du quotidien, de la vie trop quotidienne… je ne l’ai pas rencontré, je n’ai pas lu ses livres et pourtant nous avons la même éditrice. Je ne veux pas rencontrer les gens qui me fascinent. Tant que je ne leur parle pas, ils m’appartiennent.
   
   Peut-on dire que ce roman est autobiographique, et sinon, en quoi es-tu différente de ton personnage principal ?
   Je suis beaucoup moins seule que mon personnage, je suis moins courageuse qu’elle je pense. Je ris sans doute plus souvent et puis j’ai des factures à payer… pas elle !
   
   Que cherches tu à apporter de plus dans le paysage littéraire français ? Et par rapport à qui te situes-tu ?
   Je ne cherche rien. J’écris et puis c’est tout, et je remercie les gens qui veulent bien me publier, me lire. Je ne me situe par rapport à personne, j’aurais trop honte. Je lis des chefs d’œuvres, si j’y pensais ça m’écraserait !
   
   Quels sont tes projets à cours et à long terme ? Peux tu nous en dire plus sur ton prochain ouvrage ?
   Grandir. Voila le thème de mon prochain roman ? Qu’est ce qui reste quand l’enfance se fait la malle ?
   
   Comme nous parlons ici de livres, peux tu faire la « promotion » d’un livre ou deux, et parler des motivations qui te poussent à ce choix ? En gros, tes derniers coups de cœur…
   Mes derniers coups de cœur… Des manuscrits que je reçois et que vous ne pouvez pas lire… Mais sinon j’ai beaucoup aimé « Les Braises » de Sandor Marai que j’ai redécouvert, et Albert Cohen si vous voulez comprendre les sentiments. Je ne lis pas beaucoup de romans parus récemment. J’ai de la lecture en retard …
   
   Le dernier mot est pour toi … Lisez tôt ! La lecture est un voyage de l’intérieur, plus vous lirez, et plus vous en apprendrez sur vous-même.
   
   Merci Sofia d’avoir pris la peine de répondre à cette interview… A très bientôt !
   
   
   
   * Fiches de cet auteur sur ce site