Lecture / Ecriture
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.:Lecture & Ecriture - Rencontre:.
Mercedes Deambrosis
Interview avec Sibylline

   


   Mercedes Deambrosis est née dans l'Espagne de Franco et elle avait douze ans quand elle a émigré en France.
   
   
   Quand et comment avez-vous commencé à écrire ?
   Je me suis mise à écrire dès l´enfance. Je continuais les contes que je lisais.
   
   Vous en modifiiez la fin ?
   Non. Je les prenais là où ils s´étaient arrêtés et, comme je ne voulais pas qu´ils se terminent déjà, je les continuais. Mais, c´est vrai aussi que j´étais parfois poussée par l´envie de les voir finir autrement et alors, je ne m´en privais pas. J´ai commencé à écrire vraiment très jeune, je dirais vers 6 ans. J´ai appris à lire toute seule à 3 ans.
   
   Après ces fins de contes, que vous êtes vous mise à écrire ?
   Oh, ce que j´appelle le cursus classique : des poèmes, des journaux intimes, de petits romans... Je devais avoir à peu près 22 ans quand j´ai écrit le premier roman que je n´ai pas jeté (mais pas publié non plus)
   
   Comment avez-vous réussi à vous faire éditer ?
   Avec persévérance. Et n´allez pas voir là une simple réponse facile en forme de plaisanterie. Nous en sommes loin. Il s´agit vraiment de persévérance, car figurez-vous que pendant 25 ans (!) j´ai envoyé, par la poste, mes romans à des éditeurs. Finalement, une petite maison d´édition aujourd´hui fermée a accepté « Milagrosa ». C´était le commencement, ensuite, cela a été plus facile.
   
   Vivez-vous de votre travail d´écrivain ou devez vous exercer une autre activité. Si oui, laquelle ?
   Non, je travaille également dans une société d´assurance et je suis lectrice pour ma maison d´édition.
   
   Selon vous, qu´est-ce qu´ « un écrivain » ?
   Celui qui vous permet de vous évader de votre réel.
   
   Mais en ce qui vous concerne, vous, qu´a représenté le fait d´être éditée ? Surtout après 25 années d´acharnement...
   Quand un livre est édité, j´en suis enfin délivrée. Ca y est, il m´a quittée, je n´ai plus prise sur lui, je ne peux plus le changer ; parce qu´au contraire, tant qu´un livre n´est pas publié, je suis tracassée par lui, je m´interroge à son sujet et me demande ce que je dois ou non modifier. Je ne cesse pas d´y revenir. Il n´y a que quand il est édité qu´il se détache, que j´en suis libérée et que je peux passer à autre chose.
   
   
   Quelles sont vos habitudes d´écriture ?
   Elles sont assujetties à mes obligations professionnelles. En temps normal, j´écris le week-end, pendant mes vacances, j´écris tous les jours, 2 à 3 heures par jour. Pour être tranquille, je vais dans les cafés. Je n´y suis pas dérangée, je n´y dérange pas. C´est très bien.
   J´écris au stylo, dans des cahiers, des blocs. Cela s´adapte très bien à ce genre de situation. Ensuite, je passe à l´ordinateur et là, il faut que je sois chez moi.
   
   Combien de temps, mettez-vous généralement à écrire un livre ?
   Eh bien, j´écris vite, mais je corrige lentement. Je peux faire le premier jet en quelques mois, mais il me faut bien un an et demi pour corriger. J´épure, j´enlève. Je ne rajoute jamais.
   
   Pourriez-vous vous passer d´écrire ?
   Non, ce n´est d´ailleurs pas un choix de ma part. C´est simplement qu´écrire fait partie de moi, au plus profond. C´est trop profondément dans ma nature pour que je puisse faire autrement. De plus, pour moi, écrire a un pouvoir de libération. Quand j´ai terminé un livre, je ressens un sentiment d´euphorie qui est un peu bref, mais qui devient vraiment total quand le livre est publié.
   
   Ecrivez-vous autre chose que vos livres et si oui, quoi ?
   De la correspondance, beaucoup.
   
   Prenez-vous des notes sur un petit carnet (ou autrement) ?
   Oui, plein... seulement, je ne les utilise pas (rire) Je note des choses avec l´idée qu´elles me serviront plus tard, mais je ne reprends jamais ces notes ensuite, quand j´écris un livre.
   
   Etes-vous également une lectrice ?
   Oui. Je l´ai toujours été. La littérature est mon monde. Enfant, je lisais de tout, des contes de fées comme je l´ai dit, les livres d´aventures, tout. Je serais capable de lire le bottin. Je lis en permanence et avec toujours l´impression que je ne lis pas assez.
   
   Quels auteurs vous ont marquée ?
   Tous, nous marquent. Je pense tout de même d´abord à Flaubert et à Lorca...
   
   Avez-vous une belle bibliothèque ? Est-elle classée ?
   J´ai beaucoup de livres, mais je trouve que je n´en ai pas assez. J´ai une belle bibliothèque et elle est classée, mais elle est mal classée, en désordre. J´aime les livres, les « format poche», ceux que j´ai lus, mais aussi ceux que j´achète chez les bouquinistes et que d´autres personnes ont lus. Quand je veux me faire un cadeau à moi-même, je m´en offre un nouveau.
   
   Que pensez vous des relations entre un auteur et ses lecteurs. ?
   Je reçois des lettres. J´y réponds toujours. Je trouve ce genre de relations assez intimidantes.
   Une fois, dans le métro, j´ai vu une femme qui lisait un de mes livres. Cela m´a semblé un peu extraordinaire. Je voyais un de mes lecteurs dans toute sa réalité.
   
   Vous êtes vous fait connaître ?
   Non, je n´y ai même pas songé.