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Auteur des mois d'avril & mai 2018
Joseph Rudyard Kipling

   Pour les mois d' avril & mai 2018, notre auteur sera
   
   
Joseph Rudyard Kipling
   
   qui n'a pas écrit que des contes pour enfants, et parce qu'il ne peut y avoir de site littéraire un peu sérieux sans que ses livres y soient au moins évoqués...
   
   Aussi, pour ce joyeux printemps qui commence, au travail ou en vacances, au fond du lit, du fauteuil, du canapé, dans les trains de banlieue ou les bus, vous pouvez choisir n'importe quel livre de
   
Joseph Rudyard Kipling
   vous en régaler (ou non) et nous adresser vos commentaires. A

   
   

   
   postmaster@lecture-ecriture.com

   
   Ils seront mis en ligne ici.
   
   N'êtes-vous pas tenté, puisque vous aimez lire?
   
   N'hésitez pas. Participer à nos auteurs du mois rend plus intell cultivé.
   
   Si, intelligent aussi.

Biographie

   Rudyard Kipling est un écrivain britannique né à Bombay, alors britannique, en 1865 et mort à Londres en 1936.

Bibliographie ici présente

  Dès 05 ans: Histoires comme ça
  Dès 07 ans: Mowgli
  Kim
  L'histoire des Gadsby
 

Dès 05 ans: Histoires comme ça - Joseph Rudyard Kipling

Le pourquoi du comment
Note :

   Parution : Avril 2009
   
   Thèmes: Jungle, Animaux, Classique, Conte
   
   Illustrations de Justine Brax
   
   Comment l'éléphant a eu sa trompe, comment le chameau a eu sa bosse, comment le léopard a eu des tâches. A la fois drôles et poétiques, voici des Histoires comme ça, suivis d'autres textes inoubliables de Joseph Rudyard Kipling.
   
   Redécouvrir ou découvrir pour la première fois des classiques littéraires en les mettant en scène dans un album aux milles couleurs, voilà l'objectif de cet album "Histoires comme ça", écrites par Joseph Rudyard Kipling, l'écrivain du "Livre de la Jungle", inventeur de Mowgli, l'enfant sauvage vivant parmi les animaux, héros d'un autre temps.
   
   Revisitées par le talent de Justine Brax, ces histoires prennent un goût savoureux, où l'exotisme côtoie l'humour et la poésie. Le texte est à la fois drôle, enchanteur, emportant son lecteur dans des "curiosités" insolites: Comment l'Enfant Eléphant a-t-il reçu sa trompe? Pourquoi le chameau a une bosse? Et bien d'autres encore, car ces "Histoires comme ça" sont d'une fraîcheur épanouissante où la réalité est expliquée par un esprit étonnant. Enrichi par une histoire courte de Mowgli, l'album est franchement réussi.
   
    Encore plus que le plaisir du texte, l'admiration des illustrations n'est pas à prendre à la légère. La couverture laisse présager des moments de contemplation. Les dessins sont affirmés, entre tendresse et respectant l'univers sauvage de la jungle, de l'Afrique mythique. Le rendu est superbe notamment grâce à une palette de couleurs explosives, riche en vivacité et en énergie: des couleurs comme le bleu, les dégradés de vert, des jeux de sombres ou de clairs avec du marron et de l'oranger! A noter aussi le plaisir du toucher: les pages sont épaisses et sous les doigts le lecteur prend plaisir à ressentir le grain légèrement granuleux. Les illustrations sont dynamiques et rendent le texte attrayant.
   
    Les personnages ici sont les animaux, tour à tour expressifs, attachants et captivants, comme cet Enfant Eléphant si adorable. Un album riche, qui trouvera une place de choix dans une bibliothèque jeunesse et qui, encore mieux, valorise et embellit les classiques en leur apportant un intérêt exemplaire et où la création et l'inventivité d'illustrateurs comme Justine Brax valent autant que la pérennité des oeuvres littéraires.

critique par Laël




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Dès 07 ans: Mowgli - Joseph Rudyard Kipling

Coup de cœur sublime
Note :

   Illustré par Justine Brax
   

   
   Thèmes : Animaux, Classique, Grandir, Jungle
   
   
   Résumé : Mowgli, jeune Indien, est recueilli par une famille de loups. Adopté par ceux-ci, il sera éduqué par la panthère noire Bagheera et l'ours Baloo. Tout au long de ses aventures, il découvre la loi de la jungle: à qui faire confiance, pourquoi se méfier des singes ou encore comment éviter le tigre Shere Khan. Partagé entre sa vie avec les loups et ses origines humaines, Mowgli sera toujours à part chez les uns et chez les autres, mais tâchera toujours de s'adapter...
   
   Cette nouvelle adaptation des "Livres de la jungle" de Rudyard Kipling propose la version intégrale et chronologique des aventures de Mowgli. Les éditions Milan offrent un magnifique ouvrage, superbement mis en images par Justine Brax dont les illustrations réveillent les couleurs, les textures, les matières. De belle facture, cet album accroche le regard dès la couverture grâce au titre doré en surimpression et au gros plan sur le regard envoûtant du petit d'homme. Maxime Rovère retranscrit l'histoire complète, inspirée du Livre de la jungle et du Second Livre de la jungle, grands classiques de la littérature, dans lesquels nous apprenons, en même temps que Mowgli les lois de la jungle, aux côtés de Baloo et de Bagheera. Il renoue avec l'aspect du conte initiatique où Mowgli apprend, évolue, grandit, malgré les épreuves, entre un monde d'hommes et le monde animal et sauvage.
   
   Les illustrations sont époustouflantes, vibrantes d'éclat et d'énergie. Poétiques, lumineuses, elles font magistralement honneur à cette jungle puissante et magique. On en ressort subjugué, attentif et captivé par l'univers foisonnant de Justine Brax qui confère à cette jungle tout son côté fascinant. Comme toujours avec le talent de l'illustratrice : les émotions sont fortes et les dessins sont toujours ancrés dans une profondeur symbolique, à la fois expressifs et attachants : la jungle n'en est que plus imposante, tour à tour inquiétante, sombre, dangereuse. On retrouve pourtant l'aspect du conte, plus tendre, plus doux avec les dessins tout en rondeurs, en finesse et les textures à motifs floraux, ethniques et ombres chinoises. Une très belle adaptation qui m'a conquise et agréablement surprise!

critique par Laël




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Kim - Joseph Rudyard Kipling

Le chef-d'œuvre de Kipling
Note :

   Rudyard Kipling naquit à Bombay en 1865. Après des études en Angleterre, et plutôt que d'entrer à l'université d'Oxford, il revint en Inde en 1882 et son père, curateur du musée de Lahore, lui trouva un emploi de gazetier qui est à l'origine de sa réussite d'auteur de contes et de nouvelles jusqu'à son départ définitif de l'Inde en 1889. Il s'installa aux États-Unis, puis en 1896 en Angleterre, la quittant pour plusieurs séjours en Afrique du Sud. Il était déjà célèbre quand il publia "Kim" (en feuilleton aux États-Unis en 1900 et en volume à Londres en 1901). Contrairement à une idée reçue, "Kim" n'a donc pas été écrit en Inde. Kipling est plus conteur que romancier ! D'ailleurs "Kim" est le roman qu'il aurait mis le plus de temps à écrire.
   
   Plusieurs lectures se superposent.
   
   Roman orientaliste, plein d'exotisme, "Kim" conduit ses lecteurs en Inde, dans les grandes villes historiques comme Lahore et Lucknow, à travers la vallée du Gange aux plaines fertiles et franchissant les reliefs des Siwaliks où poussent les déodars, une variété de cèdres, puis les cols himalayens en direction du Tibet, dans des villages perchés au bord d'abimes insondables.
   
   Roman colonial dans une Inde multiculturelle. Le personnage de Kim synthétise les deux cultures, la britannique, maîtresse de la technique et des chemins de fer, et l'indienne bien plus complexe et riche de sa diversité spirituelle. Kim passe sans problème de l'anglais à l'hindi ou à l'urdu. Rêvant aussi bien en anglais qu'en hindi, il pourrait représenter la fusion des cultures à l'image des parents de Rudyard Kipling qui se considéraient comme Anglo-Indiens.
   
   Roman de la route, de l'aventure, de l'errance. À Lahore, devant le canon Zam-Zammahoù il est en train de jouer (c'est l'incipit), Kim rencontre un lama au chapeau rouge venu du Tibet et l'accompagne au musée local — hommage de Rudyard à son père qui en fut le directeur. Par la suite Kim et le lama font du chemin ensemble, ils prennent le train, y côtoyant toutes sortes de gens. Ils empruntent également le Grand Trunk Road, la vieille route historique qui relie le Bengale au Punjab ; ils font des haltes dans les villages proches, ce qui donne un parfum de roman picaresque à cette œuvre. En route, Kim doit mendier la nourriture du lama.
   
   Roman de formation d'un adolescent. "Kim" est d'abord l'histoire d'un jeune orphelin, Kimball O'Hara, qui a été abandonné par son père. Celui-ci, franc-maçon et sergent du régiment des Mavericks, lui a expliqué qu'un jour la rencontre d'un régiment au drapeau arborant un Taureau rouge sur fond vert forgerait son destin. Mais au début du roman c'est encore un gamin qui erre dans Lahore, avec autour du cou une amulette garnie des documents qui attestent de ses origines et de son état de "Sahib". Effectivement, Kim, qui a quelque chose comme quatorze ans au début de l'histoire, va suivre trois années d'études secondaires, et d'une certaine façon apprendre un métier, connaître la société, tout en s'initiant durant les vacances scolaires à la spiritualité en compagnie du lama avec qui une amitié profonde s'établit.
   
   Roman d'espionnage aussi. Kim, élevé à l'indienne, est une recrue de choix pour les services secrets britanniques. D'abord il porte des messages pour un trafiquant afghan qui fréquente le marché de Lahore. Sous la couverture de marchand de chevaux, Mahbub Ali à la barbe rouge est en fait au service des Britanniques, avec le "matricule C.25.1B". L'action se situant quelques années après la révolte des Cipayes de 1856-157, des rajahs — "cinq rois confédérés" — se sont mis à comploter avec la Russie, un banquier de Peshawar et des marchands d'armes. Kim porte ainsi au colonel Creighton un message si important qu'il déclenche des préparatifs militaires et que 8 000 hommes se mettent en marche aussitôt. Pris en charge par le colonel et les aumôniers militaires Kim se retrouve élève d'une institution d'élite, le collège Saint-Xavier à Lucknow, où il se prépare à son activité d'espion. La topographie sera pour lui une couverture comme l'est la recherche scientifique pour son supérieur direct le bengali Hurree Babu, hakim et prétendu ethnologue. De même, Lurgan Sahib, sous son camouflage de marchand de perles, perfectionne son talent sur les pentes de l'Himalaya, à Simla, capitale d'été du Raj. Ces espions sont des acteurs essentiels du Grand Jeu, comme disent Kipling et les diplomates, pour qualifier les luttes d'influence entre l'empire britannique des Indes et l'empire russe en Asie centrale. Dans la suite du récit, Kim, Hurree Babu et le lama se retrouveront aux prises avec deux espions étrangers au service du tsar. Évidemment, l'incident tournera à l'avantage des Anglo-Indiens et Kim y gagnera sa promotion.
   
   Roman de la spiritualité, de la quête mystique enfin. Lorsque le lama Teshoo rencontre Kim il lui garde l'élogieuse épithète "Ami de Tout au Monde" puisque Kim se fait aussi bien hindou que musulman et désormais ami du lama. Il devient son chela, son serviteur et disciple. Le vieux lama, "le saint du Bhotuyal à la recherche d'une rivière", a quitté son monastère et sa charge d'abbé pour aller laver ses péchés dans la rivière sacrée où est tombée la flèche lancée par le Bouddha, rivière que les lecteurs éviteront de prendre à tort pour le Gange — le fleuve sacré des Hindous. Accompagné de Kim, le lama va s'efforcer de la trouver au hasard de leurs pérégrinations. Chemin faisant, le Saint-Homme explique "la Plus Excellente Voie" et accorde force bénédictions à qui les lui demande. Ainsi quand ils quittèrent le monastère jaïn de Bénarès où le lama avait été invité par le Chercheur, "un ascète au visage brillant comme l'argent", "le lama, les deux mains en l'air, entonna une bénédiction finale en chinois fleuri". Constamment, la spiritualité du lama est soutenue par "le dessin-parabole" de sa "Roue de Vie" qu'il esquisse lui-même "avec ses six rayons, dont le centre est formé par la réunion du Porc, du Serpent et de la Colombe (Ignorance, Colère et Luxure), et dont les compartiments sont tous les ciels et tous les enfers, et tous les hasards de l'humaine vie." Cet intérêt de Kipling pour la spiritualité bouddhique lui faire écrire cette affirmation placée dans la bouche du lama : "Les Sahibs n'ont pas en privilège toute la sagesse du monde".
   
   Un livre monument qui explique largement le prix Nobel décerné à Kipling en 1907.
   
   • Rudyard Kipling. Kim. A été traduit par Louis Fabulet et Charles Fountaine-Walker, au Mercure de France en 1902 (accessible sur le site gallica.bnf) et reparu chez Delagrave en 1956 puis dans le volume III des Œuvres de Kipling dans la Pléiade sous une autre traduction.

critique par Mapero




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L'histoire des Gadsby - Joseph Rudyard Kipling

Un soldat se marie
Note :

   La domination britannique reposait sur l'armée des Indes. Dans ce "conte sans intrigue", le capitaine Gadsby commande un escadron d'un régiment de cavalerie, les Hussards Roses, en garnison à Simla, la station d'été du Raj.
   
   Le jeune Rudyard Kipling est de retour en Inde depuis six ans et collabore à un journal de Lahore quand il publie ce qui est en fait une pièce de théâtre en huit tableaux. Ces différents moments de la vie du capitaine Gadsby le montrent en compagnie de jeunes femmes, de ses collègues officiers, puis à son mariage, à la naissance de son enfant et au moment de sa décision de quitter le service et rentrer sur ses terres en Angleterre — en somme, trahir son régiment.
   
   Les dialogues ne manquent pas d'humour british et on peut certainement les goûter au lieu de s'arrêter sur le côté vieilli des échanges quand par exemple Gadsby qui voudrait s'occuper seul de ses affaires de cavalier, s'adresse ainsi à sa jeune épouse : "Juste Ciel, enfant! Etes-vous venue ici simplement pour me tyranniser?" L'understatement règne en maître dans ces tableaux, autre exemple, quand il s'agit pour Kipling de nous faire comprendre que Gadsby a tardé à rompre avec sa maîtresse et que la jeune Mrs Gadsby tombe sur une lettre qu'elle n'aurait pas dû voir.
   
   Kipling avait déjà suffisamment pratiqué l'Inde pour utiliser à bon escient la couleur locale ; dans les conversations entre Britanniques elle apparaît sous la forme d'emprunts à la langue locale, ou d'ordres en hindi à l'intention des serviteurs. Le contexte politique n'est pas absent — une cicatrice à un bras de Gadsby permet une rapide évocation de combats menés contre les rebelles. Mais ce n'est clairement pas le sujet qui reste ironiquement centré sur le mariage !

critique par Mapero




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