Lecture / Ecriture
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Auteur des mois de juin & juillet 2017
Richard Wright

   Pour les mois de juin & juillet 2017, notre auteur sera
   
   
Richard Wright
   
   parce qu'il ne peut y avoir de site littéraire un peu sérieux sans que ses livres y soient au moins évoqués...
   
   Aussi, pour cet été débutant, puis s'imposant, au travail ou en vacances, au fond du lit, de la chaise longue, de la plage ou en route vers le soleil, vous pouvez choisir n'importe quel livre de
   
   
Richard Wright
   
   vous en régaler (ou non) et nous adresser vos commentaires. A

   
   

   
   postmaster@lecture-ecriture.com

   
   Ils seront mis en ligne ici le 31 juillet 2017.
   
   N'êtes-vous pas tenté, puisque vous aimez lire?
   
   N'hésitez pas. Participer à nos auteurs du mois rend plus intell cultivé.
   
   Si, intelligent aussi.

Biographie

   Richard Nathaniel Wright est un écrivain et journaliste américain né en 1908 à Natchez et mort en 1960 à Paris. Il a été le premier écrivain afro-américain à écrire un best seller.

Bibliographie ici présente

  L'homme qui a vu l'inondation – Là-bas, près de la rivière
  L'homme qui vivait sous terre
 

L'homme qui a vu l'inondation – Là-bas, près de la rivière - Richard Wright

Inondations
Note :

   Folio 2€ a choisi d'extraire ces deux nouvelles de deux recueils différents pour nous les présenter ici.
   
    La première, "L'homme qui a vu l'inondation", tirée de "Huit hommes", est très brève, à peine dix pages. Elle nous fait découvrir une famille noire, les parents, la fille, qui retrouvent le peu qu'il reste de leur misérable logis quand l'inondation commence à redescendre. Ils n'avaient presque rien, ils ont moins encore, à part des dettes chez le commerçant local (blanc) qu'ils ne pourront jamais rembourser. Théoriquement, ils ne sont pas esclaves, mais la différence n'est pas probante, au point qu'ils songent à s'enfuir, comme s'enfuyaient les esclaves noirs d'autrefois; mais le commerçant aussi y a songé et il veille à ce que tout reprenne comme avant dès la décrue. Ne pas se décourager.
   
   La seconde nouvelle, "Là-bas, près de la rivière", extraite des "Enfants de l'Oncle Tom", est encore plus dramatique. Nous sommes pendant une inondation. La crue se poursuit au moment où nous découvrons la famille noire de Mann et Loulou. Bientôt, grimper au plus haut des maisons ne suffira plus, déjà, il faudrait gagner les collines environnantes, mais pour cela, encore faut-il avoir un bateau. Ceux qui n'en ont pas seront si possible ramassés par les navettes organisées par les autorités. Les choses ne pourraient pas aller plus mal. Alors que l'eau atteint la maison misérable, Loulou livre un autre combat : elle tente de mettre son bébé au monde, mais les choses se présentent mal. Elle lutte depuis quatre jours et ne parvient pas à expulser le nouveau né. Il faut absolument l'emmener à hôpital mais pour cela il faudrait un bateau... Les bateaux, seuls les Blancs en ont, jusqu'à ce qu'ils soient réquisitionnés pour les sauvetages. Mann a envoyé son frère Bob essayer d'en avoir un, mais Bob ne revient pas.
   
   Cette longue nouvelle n'est qu'une lutte contre la mort qui attaque sous tous les angles : inondation, accouchement dramatique, ségrégation. La vie d'un Noir ne vaut pas cher. Pour certains Blancs, elle ne vaut même rien. Pour d'autres, plus justes, elle ne vaut quand même pas autant que celle d'un blanc. Partout où ils se rencontrent, les Blancs donnent les ordres et les Noirs obéissent. Les jugements sont expéditifs et sans nuances, on a vite fait de pendre un Noir soupçonné, là où un Blanc s'en tirerait avec de la prison. Des morts, il y en aura plusieurs, même pas noyés. Tous victimes de l’intolérance et du non-respects d'autrui. Cette nouvelle est encore plus dramatique que la première qui était pourtant déjà désespérée et désespérante.
   
   Les nouvelles sont précédées d'une préface de Julia Wright, qui établit le parallèle avec Katrina qui ravagera la région 70 ans plus tard et la persistance en ces lieux et en ces circonstances, des ravages de l'injustice humaine. Mais Katrina n'aurait-elle pas eu lieu que ces deux nouvelles poignantes nous toucheraient quand même. Elles ont toutes deux quelque chose à nous dire. Elles nous parlent d'un monde où les conditions de vie, déjà dangereuses et éprouvantes à cause des éléments, sont encore aggravées par une folie humaine appelée ségrégation, par les lois de l'exploitation de l'homme par l'homme, un monde où la bêtise et la misère tuent autant que les tornades et les inondations.

critique par Sibylline




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L'homme qui vivait sous terre - Richard Wright

A savoir sur l'Amérique du 20ème siècle
Note :

   Folio a extrait cette nouvelle du recueil "Huit hommes" pour nous la livrer seule ici dans sa collection Folio 2€, comme il l'a fait dans un autre opus avec "L'homme qui a vu l'inondation". Le but est atteint, je suis assez décidée maintenant à lire tout le recueil.
   
   Nous découvrons ici un homme noir, fugitif affolé, poursuivi en ville pour meurtre, par la police. Il est innocent, mais le traitement qu'il a subi au commissariat l'a obligé à signer des aveux avant de parvenir à s'échapper. Il pense que les flics savent qu'il n'a pas tué, mais a bien compris que cela ne changera rien. Il leur faut un coupable, de préférence noir. Il est parfait. Acculé, épuisé, il parvient à leur échapper de façon inespérée en se jetant dans un égout et en y découvrant un accès aux sous-sols du quartier. Une fois sous terre, il explorera l'une après l'autre les caves à sa portée, les pillant comme un gamin pillerait un magasin de jouets ou une pâtisserie, c'est à dire sans même se soucier de la valeur marchande des choses. Il considère par exemple, qu'il n'a aucun besoin d'argent, et utilise un magot qu'il a dérobé pour décorer les murs et le sol de son refuge.
   
   De sa cachette, il lui arrive aussi d'observer les humains et est ainsi témoin de certaines choses qu'il n'aurait pas dû voir... dont un meurtre.
   
   Parallèlement, comme nous le suivons tout au long de ce récit, nous assistons à l'écroulement mental de cet homme. On peut supposer qu'il a toujours été inculte et même ignorant, nous en venons peu à peu à penser qu'il est également psychologiquement fragile et sans doute au moins un peu intellectuellement débile. Et que ce qu'il a vécu depuis son arrestation, lui a fait perdre ses repères et son équilibre. Vraiment, un coupable idéal. Mais maintenant, un fugitif bien peu armé pour se sortir de cette situation. Si bien qu'alors qu'il avait des atouts dans son jeu, il finit par décider de retourner voir la police pour leur expliquer... vous découvrirez les conséquences.
   
   Richard Wright nous décrit une jungle urbaine où l'homme noir est gibier et chair à canon. Il y a quelque chose de dramatique au sens antique du terme dans ces destins d'hommes noirs que cet auteur nous présente avec tant de réalisme et de relief, quelque chose de l'ordre du fatum. L'homme blanc, violent ou simplement indifférent à l'injustice qui frappe, est l'environnement hostile. La situation qu'il nous dépeint ne pouvait qu'aboutir aux mouvements de révolte noirs. Il fallait qu'ils adviennent ; et certains faits divers récents nous amènent à nous demander si le travail est terminé. On en doute, malgré le paradoxe d'un président noir.

critique par Sibylline




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