Lecture / Ecriture
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Auteur des mois de décembre 2016 & janvier 2017
Amitav Ghosh

   Jugeant que le concept d' "auteur du mois" était peut-être un peu trop contraignant et rapide, et comme nous aimons prendre notre temps, nous l'avons remplacé par celui d'"auteur de deux mois".
   
   Toutefois, comme l'expression ainsi obtenue est beaucoup moins élégante, nous allons continuer à parler d'auteur du mois.
   
   Pourtant, nous disposerons bel et bien de deux mois pour découvrir l'écrivain mis en vedette et donner notre avis sur sa production.
   
   
   Pour les mois de
décembre 2016 & janvier 2017, notre auteur sera
   
Amitav Ghosh ,
   
   parce qu'il ne peut y avoir de site littéraire un peu sérieux sans que ses livres y soient au moins évoqués...
   
   Alors, pendant ce bel hiver, en ville ou à la campagne, sur les pistes de ski ou les canapés, dans les salons, les bistrots, les biblis, à l'air libre ou bien au chaud, en bus, métro, train, car, avion, (non, pas en conduisant) vous pouvez choisir n'importe quel livre de
   
Amitav Ghosh
   vous en régaler (ou non) et nous adresser vos commentaires.

   
    Découvrez ses œuvres dans votre bibliothèque ou librairie préférée, lisez-les, commentez-les, envoyez vos commentaires ici
   

   
   postmaster@lecture-ecriture.com

    et ils seront mis en ligne ici le 31 janvier 2017.

Biographie

   Amitav Ghosh, romancier et critique littéraire, est né à Calcutta, au Bengale en 1956. Il étudia  à l'Université de Delhi et à l'Université d'Oxford.
   Ses romans sont traduits dans de nombreuses langues.
   "The Circle of Reason" (Les Feux du Bengale) a reçu le Prix Médicis étranger en 1990.

Bibliographie ici présente

  Un océan de pavots
 

Un océan de pavots - Amitav Ghosh

« Cette vision d'un grand voilier sur l'océan »
Note :

   Je me suis embarquée sur l’Ibis, une goélette qui arrivée en Inde après bien des difficultés va repartir vers l’île Maurice, chargée de coolies main-d’œuvre peu coûteuse, pour remplacer les esclaves que ce bateau négrier transportait jusqu’à l’abolition de l’esclavage par les anglais.
   Nous sommes en 1838, en Inde les anglais ont imposé la culture du pavot aux paysans, l’opium récolté et traité dans des factories assure la richesse de l’Angleterre.
   Cette goélette va devenir l’espoir, le cap pour une multitude de personnages, l’occasion pour eux d’aller au bout de leurs rêves, de faire le choix d’une vie différente, de changer, de devenir autre.
   
   Pour Deeti qui va tenter de fuir l’Inde et le sort que l’on réserve aux veuves. Le pavot a fait mourir son mari, les a asservis et ruinés, elle va se tourner vers l’unique personne qui lui a un jour témoigné de la compassion: Kalua «De taille inhabituelle et d’une carrure impressionnante»
   
   Pour Jodu qui rêve de pouvoir s’embarquer, de retrouver Paulette sa presque sœur qui a grandi avec lui, partagé ses jeux. Il a tout appris «A force d’écouter les voix qui résonnaient sur le pont des grands navires» il rêve de grimper dans les vergues d’un de ces navires.
   
   Pour Neel, le jeune rajah si fier qu’il ne veut pas voir les dettes qui s’accumulent, qui a la naïveté de penser que les Anglais le respectent, qui découvre que l’on peut du jour au lendemain passer d’un palais des mille et une nuit à une geôle sordide.
   
   Pour Paulette, l’Ibis c’est la possibilité de fuir un mariage imposé, orpheline passionnée par l’œuvre de son père botaniste, grande lectrice de Rousseau et Voltaire, elle se plie mal au destin qu’on lui réserve, aux contraintes religieuses. Mais «une goélette n’est pas un endroit pour une femme» elle va devoir faire preuve de détermination.
   
   Pour Zachary enfin «de taille moyenne, robuste, un teint de vieil ivoire»  marin d’occasion, capitaine en second d’un navire qui a fait la difficile traversée depuis Baltimore. Sans Serang Ali et sa compagnie de lascars embarquée au Cap, ils ne seraient pas arrivé jusqu’au golfe du Bengale. Fils d’esclave l’Ibis est pour lui l’occasion de changer, de changer de tout: d’origine, de métier, de destination.
   
   Passionnant, coloré, épicé, porteur des senteurs de l’Inde, ce roman vous emporte de la première à la dernière page. C’est un tableau vivant, chaleureux, violent. Porté par un souffle romanesque qui ne se dément pas tout au long du récit, ce roman m’a rappelé mon impatience à la lecture des romans de Dumas.
   
   L’aventure est au rendez-vous, les personnages qui vous invitent à passer d’une barque sur le Gange, à une soirée brillante au palais du Rajah, d’un bûcher funéraire à une prison sordide, des champs de pavots à la cale d’un négrier.
   
   Tout y est: le valeureux héros, la jeune femme en danger, des lascars dangereux et sympathiques, des hommes sans foi ni loi, bref l’aventure avec un grand A.
   
   Amitav Ghosh dresse le tableau d’une Inde disparue où le blanc fait la loi et où chacun a un destin tout tracé. En conteur exceptionnel il vous tient à sa merci et vous vous laissez éblouir par sa magie. Pourtant attention, romanesque ne veut pas dire mièvre, le récit, les personnages ne sont pas tendres, on est loin des contes pour enfants.
   
   Cet "Océan de pavots" est le premier tome d’une trilogie et je vous garantis que je serai au rendez-vous de l’Ibis.

critique par Dominique




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