Lecture / Ecriture
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Dawa de Julien Suaudeau

Julien Suaudeau
  Dawa
  Le Français

Dawa - Julien Suaudeau

Haro sur Dawa !
Note :

   "Dawa" est un pavé qui aurait gagné à se "galetiser" d'au moins un tiers car tout de même 500 pages c'est lourd, surtout pour un roman pour le moins redondant et immodeste. Dawa est le nom d'une opération terroriste visant à cinq attentats dans les cinq grandes gares parisiennes. Tous les étages de la société française de 2014 sont explorés, mais comme ça m'a ennuyé. De la cité des 3 000 avec son habituel gisement de délinquants dont certains recrutés pour l'opération, jusqu'aux arcanes du pouvoir, très concrètement circonscrits car l'action se déroule en ce moment même d'élections 2014, en passant par la sempiternelle guerre des polices. Souvent dans ce genre de bouquins on n'aime pas tout. Là je n'aime presque rien.
   
    A commencer par le présupposé que l'argot des banlieues n'avait pas de secrets pour moi. Nanti d'un zeste d'incompréhension, j'ai très vite fait la gueule à ma lecture mais suis allé jusqu'au bout, sans que jamais aucun personnage ne m'interpelle vraiment. Trop de figures traversent cette histoire, pessimiste quant à ce pays qui ne se comprend plus lui-même. Dans ces cas-là on privilégie l'efficacité, genre cinéma carré, pourquoi pas. Mais voilà, des digressions, des considérations générales sur le microcosme politique, des personnages féminins stéréotypés, Julien Suaudeau a fait bien long pour m'emmener tout près.
   
   Sans intérêt pour moi. J'ai bien dit pour moi.
    ↓

critique par Eeguab




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Une France en souffrance
Note :

    D'abord il y a le livre-objet que l'on tient dans les mains, et celui-là a l'aspect d'un pavé que l'on jette. Lourd, noir, au toucher râpeux et aux lettres, DAWA, écrites en blanc sale, il nous donne une impression écrasante.
   
   Si l'histoire débute dans les Aurès au moment où l'Algérie vit ses dernières heures françaises, le roman se passe de nos jours et mêle habilement vengeance personnelle, délinquance et radicalisation des jeunes des banlieues mais aussi politiciens trop ambitieux dans une France qui se fait acheter par le Qatar.
   Un état des lieux dramatique de notre société qui a perdu ses valeurs et qui ne peut plus faire croire à un avenir meilleur.
   
   L'auteur possède une écriture très vive souvent violente où les chapitres se succèdent pour montrer le point de vue et les divergences des différents personnages.
   
   Des ors de la République à la banlieue des 3000 au nord de Paris, de la petite bourgeoise attirée par les voyous en passant par les dealers touchés par la grâce et les flics paumés, Suaudeau nous dresse des portraits parfois un peu trop prévisibles et caricaturaux. Une humanité qui se désagrège violemment entre religion extrémiste, drogue, argent sale et magouilles au plus haut sommet de la République.
   
   DAWA, quatre lettres pour symboliser le cri de haine d'un groupe de terroristes désireux de faire de Paris le lieu de leur guerre sainte.
   
   Le lecteur est happé par les souvenirs d'un petit garçon qui a vu ses parents mourir assassinés froidement, par Al Mansour, figure emblématique des fellagas et d'une guerre qui verra la France quitter l'Algérie.
   
   On suivra les parcours remplis de désillusions et la vengeance qui remplit les vies. Devenant les instruments des appels à la haine, l'islam devient alors la réponse à leur vide sociétal.
   
   En utilisant le thème de la vengeance et de la guerre d'Algérie avec ses rancunes jamais apaisées, l'auteur fait une plongée dans la société actuelle, politique et sociale, où les enjeux financiers et les ambitions politiques dépassent les protagonistes eux-mêmes.
   
   Beaucoup de sujets de réflexions dans ce livre extrêmement dense sans aucune échappatoire.
   L'auteur ne juge pas, il éprouve au contraire une certaine sympathie pour ces héros perdus dans une société qui n'assume pas son passé colonial. Il dénonce une société qui se cherche des excuses pour expliquer l'utopie dans laquelle a sombré la France qui se voulait "Black, Blanc, Beur".
   Certes le désir d'information est vraie et cette plongée dans une France en souffrance et qui a mal nous interpelle même après avoir terminé la lecture.
   Mais le récit reste dense et les personnages nombreux représentent autant d'histoires et de réflexions que nous suivons parfois difficilement.
   
   La dernière partie devient plus rapide et intense, l'action s’accélère et se concentre sur les personnages du début.
   
   Beaucoup de clichés catastrophiques des banlieues, beaucoup d'opinions débattues avec une enquête menée façon thriller, le tout servi dans un style sombre et percutant.
   A lire absolument.

critique par Marie de La page déchirée




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