Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Rien pour Pehuajo, suivi de: Adieu Robinson de Julio Cortázar

Julio Cortázar
  Les armes secrètes
  Tous les feux, le feu
  L'autre rive
  Fin d'un jeu
  Bestiaire
  L’autoroute du Sud
  Les gagnants
  Cronopes et Fameux
  Marelle
  Le tour du jour en quatre-vingts mondes
  Gîtes
  Octaèdre
  Le bestiaire d'Aloys Zötl (1803-1887)
  Nous l’aimons tant, Glenda
  Crépuscule d'automne
  Façons de perdre
  Rien pour Pehuajo, suivi de: Adieu Robinson
  La porte condamnée et autres nouvelles fantastiques

AUTEUR DES MOIS D'AVRIL & MAI 2014

Julio Cortázar est un écrivain d'origine argentine, né en 1914 à Bruxelles, où son père est consul.

Pour fuir la guerre, la famille s'exile alors en Espagne, après un passage en Suisse.

En 1918, la famille regagnera finalement Buenos Aires.

Son père abandonnera la famille alors que Julio est encore petit et leurs rapports ne se rétablirent jamais. La mère éleva seule Julio et sa sœur en Argentine.

Julio Cortazar poursuit des études littéraires, enseigne, puis commence à publier des poèmes, puis des nouvelles.

Il a 37 ans lorsque la politique menée par Peron l'incite à quitter son pays. Il s'exile en France. Il y restera toute sa vie.

A Paris, il occupe un poste de traducteur pour l'Unesco et de traducteur littéraire.

François Mitterrand lui accorde la nationalité française en 1981, en même temps qu'à Milan Kundera.

Il meurt à Paris, de leucémie, en 1984.

Rien pour Pehuajo, suivi de: Adieu Robinson - Julio Cortázar

Question de régime
Note :

   “Rien pour Pehuajó” qui date de 1950 est une pièce en un acte très caractéristique du théâtre de l'absurde alors fort prisé comme symbole de l'avant-garde. Cette pièce pour treize hommes, cinq femmes et un poulet — vous avez bien lu — se passe dans un restaurant qui sert aussi de bureau de poste. Fidèle et ponctuel, le juge vient déjeuner tous les jours, sauf quand l'un de “ses” condamnés est exécuté. Il apporte à table sa balance — détournant le symbole de la justice — pour peser... ses carottes puisqu'il est végétarien. Or, voilà que son déjeuner est interrompu par l'annonce inopinée d'une exécution, celle de Carlos Fleta ; le juge a donc transgressé la règle qui veut qu'il reste chez lui ce jour-là par respect pour l'exécuté. D'autres événements viennent détraquer la mécanique au fur et à mesure que le Maître d'hôtel paraît jouer aux échecs. Un client veut expédier à Pehuajó des valises, des livres et un singe embaumé, mais "parce qu'un nouveau règlement est entré en vigueur, ce matin à dix heures précises" on ne peut plus rien envoyer à cette ville. Le poulet ayant fait connaître son choix pour sa préparation est servi à M. Lopez et quand arrive Mme Lopez, elle aussi végétarienne, son mari l'appelle Pamela, puis Lili, alors que le juge, imperturbable, l'appelle Myriam. Elle lui commande une énorme glace à la vanille et au chocolat dans le but de lui faire rompre son régime. Le juge est donc une position intenable et le Maître d'hôtel n'est pas celui qu'on croit... La pièce a été créée en 2000 par Jean Boillot à Poitiers et reprise en 2011 à Nîmes au Télémac.
   
    Pièce radiophonique, “Adieu Robinson” date de 1977 et fonctionne comme une suite du roman de Daniel Defoe. Robinson et son domestique Vendredi arrivent de Londres en avion à l'île Juan Fernandez où ils se sont connus jadis. Mais l'île a changé ; elle n'est plus sauvage ni déserte. Décolonisée elle compte maintenant plus de deux millions d'habitants et un gratte-ciel de bureaux a poussé là où Robinson avait bâti sa cabane... Peut-être par ressentiment envers l'ancienne métropole, les autorités ne tiennent pas à ce que Robinson ait des contacts avec la population locale, Vendredi en revanche est tout de suite devenu le bon copain du chauffeur Banane... À la fin du séjour, Vendredi parle désormais familièrement à Robinson et le qualifie d' "européen vétuste". L'auteur avait alors contracté une passion de combattant pour l'Amérique latine, comme le prouve aussi “Le Livre de Manuel”, et corrigé le texte de “Rien pour Pehuajó” de manière à faire dire à un personnage qu'il avait la sale tête de Pinochet!

critique par Mapero




* * *