Lecture / Ecriture
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La mort du maestro de Raoul Whitfield

Raoul Whitfield
  La mort du maestro

La mort du maestro - Raoul Whitfield

Le bal des menteurs
Note :

   Titre original : Death in a Bowl
   
   Polar des années trente redécouvert et traduit par Marcel Duhamel 20 ans plus tard, la mort du maestro relate l’enquête autour de la mort tragique d’un chef d’orchestre en plein concert au Hollywood Bowl de Los Angeles, d’où le titre original.
   
   Sur fond hollywoodien de stars, de metteurs en scène et de scénaristes qui se déchirent, se haïssent ou s’aiment, Ben Jardinn, le détective a fort à faire pour discerner le vrai du faux. La mort du maestro ayant eu lieu alors qu’un avion survolait le "Bowl", on ne saura pas tout de suite si c’était pour couvrir les bruits des détonations ou pour une autre raison obscure. De plus, le détective doit-il faire confiance aux gens qui l’entourent dans son travail que ce soit les secrétaires qui défilent et qui sont placées par tel ou tel ou son bras droit qui a grand besoin d’argent? Pourquoi l’a-t-on assommé lors du concert alors qu’il courait vers la scène où gisait le maître assassiné? De même n’est-il pas trop facile d’accuser l’écrivain Howard Frey du meurtre du chef d’orchestre, Hans Reiner, qui se trouve être le frère du metteur en scène Ernst Reiner d’autant que les deux frères ont eux-mêmes eu des différends pour une histoire de stars sœurs dont l’une était chanteuse à Paris et l’autre actuellement star de Hollywood? La star hollywoodienne voyait probablement d’un mauvais œil l’arrivée de sa jeune sœur sur son terrain de prédilection. Allait-elle lui ravir la vedette?
   
   Qui ment? Qui dit la vérité? Jardinn dort peu et se pose des tas de questions d’autant qu’un autre meurtre, encore plus révoltant va lui donner du fil à retordre puisqu’on va jusqu’à déposer le cadavre chez lui! L’histoire est une immense toile d’araignée où convergent les intérêts de chacun avec son bout de gloire et sa fortune plus ou moins grande. Personne n’a intérêt à tout avouer tout de suite mais le détective sent bien lorsque quelqu’un lui cache quelque chose. Sixième sens et sens moral assez fort pour mener à bien son enquête par tâtonnements, par recoupements successifs. Le personnage est assez typique du héros à la Hammett ou à la Chandler avec peut-être le machisme en moins.
   
   Ce polar se lit comme il se doit, avec intérêt pour l’intrigue où l’on croise Charlie Chaplin au détour d’une phrase et d’un boulevard et où les références avec des personnages vivants ou morts sautent aux yeux : il existait un chef d’orchestre qui s’appelait Fritz Reiner comme il existe aussi un metteur en scène qui s’appelait Ernst Lubitsch. Bref, c’est Hollywood quoi. Je trouve cependant que le coupable correspond bien aux idées en vogue dans les années trente et qui ont donné ce que l’on sait. Un peu attendu peut-être. Voire presque décevant.
   
   "Il y a tant de gens qui aiment mentir, fit-il presque de bonne humeur, que c’est le chiendent pour découvrir la vérité."

critique par Mouton Noir




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