Lecture / Ecriture
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Une saison à Venise de Wlodzimierz Odojewski

Wlodzimierz Odojewski
  Une saison à Venise

Une saison à Venise - Wlodzimierz Odojewski

Venise de rêve
Note :

   C'est une très jolie découverte que ce court roman de Wlodzimierz Odojewski.
   
   Ce récit, par un garçon polonais âgé de neuf ans, de l'incompréhensible été 1939 est tour à tour cocasse et bouleversant. Nous assistons avec le jeune Marek à la multiplication des signes inquiétants: les conversations que les adultes interrompent brusquement à l'approche des enfants et leur énervement manifeste, les vacances à Venise longtemps rêvées et soudainement annulées, le départ précipité pour la maison de la tante Weronika à la campagne... Tant de bouleversements qui seront suivis par d'autres, plus profonds et plus tragiques, mais au milieu desquels la tante Barbara parvient miraculeusement à préserver un peu de rêve et de merveilleux pour ses neveux et nièces, dans l'espace d'une cave inondée, une Venise imaginaire plus belle encore que la vraie...
   
   C'est une magnifique évocation, tout en nuances, de la fin brutale de l'enfance et de ses derniers scintillements que Wlodzimierz Odojewski nous donne ici. Un récit tout à la fois sensible et teinté d'humour, drôle et émouvant.

critique par Fée Carabine




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Le plombier polonais…
Note :

   Ou comment s’arracher au cours de l’Histoire
   
   Nous sommes en Pologne, en 1939. Dans une famille aisée.
   
   Marek devait aller à Venise. Toute la famille à tour de rôle, va passer l’été à Venise. Il en rêve depuis des années et cette fois, son tour est venu. Il a dix ans.
   Et puis, au dernier moment, pour des raisons d’adultes qu’on ne lui explique pas, le voyage est annulé. Il le ressent comme une profonde injustice.
   Il ira passer les vacances dans la villa de la tante Véronika (qui est folle, comme chacun sait, mais qu’il adore). La tante Klaudyna n’y sera pas, mais sa fille Karolina, oui. La tante Barbara sera là aussi.
   Ainsi se retrouvent regroupées autour de lui des femmes qu’il aime beaucoup, ce qui lui permet de surmonter le chagrin de la déconvenue. D’autant qu’il commence à comprendre que les adultes avaient peut-être de très puissants motifs pour annuler ces vacances. Peu à peu, des files de réfugiés passent devant les grilles de la propriété, au loin, on entend des bombardements.
   C’est le moment que choisit une source thermale pour jaillir dans la cave de la maison, envahissant peu à peu le sous-sol. Puisqu’on ne peut pas aller à Venise, il semble que Venise vienne à la Pologne.
   
   J’ai trouvé ce récit intéressant mais un peu indigeste. Je me suis lassée rapidement de la monotonie du point de vue de ce garçon de 10 ans qui raconte sans comprendre, mais sans agrémenter non plus son récit d’une interprétation personnelle originale qui pourrait frapper ou amuser par son côté décalé ou son intelligence. Cela pourrait même être ennuyeux. J’ai l’impression que si cela ne l’est pas, c’est uniquement parce que le récit est court (80 pages) et que la période historique est loin d’être anodine.
   
   C’est un récit strictement linéaire et les figures de style qui tiennent à la répétition du prénom du garçon (Marek) en apposition, me sont rapidement devenues franchement pénibles : « Enfin il dit : « Je ne constate rien de tel… », « Mais que voulez-vous constater ? » demande-t-il, Marek, alors le plombier parla d’une coupure de conduite, à quoi il rétorqua, Marek, qu’on ne saurait rien constater de tel vu que c’était une source » etc. (85)
   
   Et puis, ce qui a coulé le livre dans mon esprit peut-être, cette quatrième de couverture qui annonçait un roman «d’une drôlerie jubilatoire» ! Drôlerie jubilatoire ? ? L’évocation d’une tante farfelue ne suffit pas à mon avis à créer une drôlerie jubilatoire. Léger humour, sans doute, mais «drôlerie jubilatoire», certes pas.

critique par Sibylline




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