Lecture / Ecriture
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Ce que murmurent les collines de Scholastique Mukasonga

Scholastique Mukasonga
  L'iguifou - Nouvelles rwandaises
  Inyenzi ou les cafards
  Notre-Dame-du-Nil
  Ce que murmurent les collines
  La femme aux pieds nus
  Cœur Tambour
  La Vache du roi Musinga
  Un si beau diplôme !

Scholastique Mukasonga est une écrivaine rwandaise de langue française née en 1956. En 1973, elle doit s’exiler au Burundi. En 1992, elle s’établit en France.

Ce que murmurent les collines - Scholastique Mukasonga

Doux, apaisant, poétique
Note :

   C’est en 1956 au bord de la Rukarara, rivière à laquelle elle consacre une nouvelle dans "Ce que murmurent les collines", que Scholastique Mukasonga voit le jour dans une région montagneuse, riche, qui procure à la famille tout ce qui est vital, céréales, plantes médicinales, lait, eau…Trois ans plus tard, à la Toussaint, les Tutsi essuient les premiers pogroms, suivis d’une déportation en 1960 dans le Bugesera, à Nyamata, une région délaissée, aride, dépourvue d’eau, contaminée par la mouche tsé-tsé. Commencent alors les années de famine et de misère qu’elle évoque dans son recueil de nouvelles "L’iguifou" (La faim) paru en 2010. Grâce à la volonté acharnée, à la ténacité de sa mère Stéfania, la vie reprend ses droits.
   
   Les nouvelles contenues dans "Ce que murmurent les collines" (Gallimard 2014), redonnent à la tradition orale la place qu’elle occupait avant le génocide. Elle renoue avec les contes, le pays des contes où chaque soir Stefania emmenait ses enfants.
   
   "Dans le demi-sommeil où me plongeaient son murmure inlassable et la chaleur entêtante du foyer, leur rumeur pénétrait mon corps engourdi, imprégnait la dérive lente de ma rêverie"

   
   A son tour, Scholastique Mukasonga se fait conteuse. Six contes. A notre tour d’écouter le doux murmure des collines qui bruissent d’un autre Rwanda, de suivre le cours de la Rukarara, de rêver de Titicarabi ce chien mystérieux à la parole envoûtante, de compatir au malheur d’Anonciata dont le nom en kyniarwanda signifie "Celle du malheur", d’accompagner Cyprien le pygmée à l’école.
   
   Doux, apaisant, poétique, ce recueil nous donne la mesure du talent et de l’écriture de Scholastique Mukasonga
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critique par Michelle




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Six nouvelles rwandaises
Note :

   deuxième volet des nouvelles rwandaise après "L'iguifou", ce retour est un retour aux sources, à commencer par celles de la Rukarara. Quel bonheur de retrouver le talent de conteuse de Scholastique Mukasonga !
   
   Six nouvelles, plus ou moins proches du conte, plus ou moins récit. Une fois de plus, on retrouve les thèmes chers à l’auteur, le drame du génocide, mais aussi l’histoire du pays, celui des croyances ancestrales, qui veut que la vache est au centre de la culture, mais aussi le pourquoi de cette cordelette autour de la taille.
   
   Entre passé présent et dessin de l’avenir, c’est un enchantement permanent. Une belle écriture lumineuse qui fait qu’on ne lâche rien. Passant d’un récit à l’autre sans éprouver de lassitude ni d’impression de déjà vu.
   
   J’aurais vraiment envie de vous les raconter, maintenant ou à la veillée, mais je vous laisse découvrir ce livre et cette auteure pour ceux qui ne l’auraient déjà fait.
   
   Mention spécial à "Titicarabi" car elle est résolument ancrée dans la modernité et puis à l’histoire de Cyprien, qui prouve que même quand on est l’objet d’opprobre ou de persécutions, on peut faire subir à d’autres le même sort, les mêmes injustices !
   
   Un mauvais point à Gallimard qui l’a sorti fin mars et qui l’a si mal défendu que je n’ai eu connaissance de cette sortie qu’au mois de juillet. Une honte pour une auteur si talentueuse qui avait reçu le Renaudot précédemment ! Ingrats qu’ils sont.

critique par Le Mérydien




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