Lecture / Ecriture
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Mourir l’été de William Trevor

William Trevor
  Ma maison en Ombrie
  Le voyage de Félicia
  Mauvaises nouvelles
  Les anges dînent au Ritz
  Péchés de famille
  En lisant Tourgueniev
  Hôtel de la Lune Oisive
  Les splendeurs de l'Alexandra
  Secrets intimes
  Cet été-là
  Très mauvaises nouvelles
  Mourir l’été
  Lucy
  Les Enfants de Dynmouth

Sir William Trevor (de son vrai nom William Trevor Cox), né le 24 mai 1928 à Mitchelstown dans le comté de Cork en Irlande, est romancier, nouvelliste, dramaturge et scénariste. Lauréat de nombreux prix littéraires aussi bien en Irlande qu'en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, membre de l'Académie irlandaise, anobli par la reine Élisabeth II d'Angleterre, Sir William Trevor a connu une consécration relativement tardive dans les pays francophones. Il est mort en 2016.
Wikipedia

Mourir l’été - William Trevor

Un drame qui serre le cœur
Note :

   Titre original : Death in Summer, 1998
   
   Quincunx : une grande propriété dans la campagne anglaise, où l'on vit dans une opulence discrète. Thaddeus Davenant vient de perdre sa femme victime d’un accident de vélo. Elle laisse une petite fille de quatre mois Georgina. On reçoit plusieurs jeunes filles pour un poste de baby-sitter à domicile. Pettie fait partie des concurrentes. C’est une orpheline, qui n’a plus de quoi payer sa chambre à Londres. Aucune jeune fille n’aura le poste, car Mrs Iveson, la belle-mère, tient beaucoup à s’occuper de sa petite fille, maintenant qu’elle a perdu Leticia. Mais Pettie ne s’en remet pas. Elle se croit amoureuse du maître de maison.
   
   Son ami Albert, orphelin lui aussi, tente de la raisonner. Albert est considéré comme débile léger. Mais de tous les jeunes qui ont souffert à l’orphelinat, c’est lui le plus raisonnable, lui qui s’en tire le mieux. Pettie n’écoute pas ses conseils ; elle retourne rôder vers la propriété…
   
   Un roman intéressant, avec pas mal de non-dits, concernant les intentions et les pensées des personnages. Une action qui s’installe doucement. Les réminiscences de Thaddeus sur son enfance, sa mère notamment, dévoilent un homme mal détaché du passé, devant faire face à un deuil au moment où tardivement, il prenait plaisir à être époux et père. Le personnage de Leticia l’épouse décédée reste assez énigmatique. La belle-mère est surprenante. En dépit d’une lenteur assez pesante, au début, le récit se révèle d’une grande justesse. Le choc de l’orpheline pauvre et sans repères, reçue par un homme aimable, dans une magnifique propriété, la vision du bébé, tout cela qui exaspère sa détresse, et précipite son malheur, est bien rendu et serre le cœur. Le drame vécu par Mrs Iveson et Thaddeus prend à la gorge. William Trevor sait fort bien installer des ambiances diversifiées, nous mener sans crier gare vers la tragédie, et brosse des portraits de personnages attachants. Les petits rôles, assez nombreux, sont très bien aussi.
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critique par Jehanne




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Torpeur en Essex
Note :

    Ça devient une habitude, je vais dire du bien de William Trevor, auteur d'origine irlandaise, depuis longtemps vivant au Royaume-Uni. Toutefois un peu moins que pour "Ma maison en Ombrie", "Les splendeurs de l'Alexandra" ou récemment "Les enfants de Dynmouth". La petite musique de Sir W.T. joue souvent en mineur une partition provinciale où les héros se démènent et se malmènent dans les petits malheurs et parfois les grands.
   
   Thaddeus Davenant, horticulteur, vient de perdre sa jeune femme dans un accident de la route. Veuf dans son manoir campagnard, à portée de Londres cependant, sa femme était fortunée, avec sa petite fille de quelques mois et sa belle-mère qui s'installe pour veiller sur la petite. Pourquoi pas? La moins mauvaise façon de continuer de vivre?
   
    Survient Pettie, jeune femme de guère plus de vingt ans, candidate au poste de nurse pour la petite Georgina. Elle vient d'un foyer et a pour camarade Albert, gentil garçon un peu simple qui travaille de nuit et qui ne veut que le bien de Pettie. "Mourir l'été" n'est pas un roman flamboyant, encore moins hyperactif. Pettie, déçue de ne pas avoir obtenu le poste, et un tantinet charmée par la mélancolie de Thaddeus et par son jardin, sent germer en elle une drôle d'idée...
   
    Tableau plutôt calme de vies un peu étriquées, chacun dans son milieu, le roman voit ses quatre personnages principaux tourmentés et hésitants. La belle-mère qui, pour la bonne cause, cherche à s'imposer, le maître qui, anesthésié, semble s'en remettre à elle. Et les deux jeunes gens, Pettie et Albert, qu'une belle amitié réunit, dont le plus raisonnable n'est pas celui qu'on croit.
   
    "Mourir l'été" n'est pas le livre des grandes colères. Et les drames s'y glissent presque par effraction. Comme si la mort par beau temps en était un peu plus souriante. William Trevor, maintenant très âgé, a vu son lectorat en France grandir doucement. Il y a comme ça des écrivains que l'on lit bien après l'été (je pense à E.M.Forster par exemple).

critique par Eeguab




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