Lecture / Ecriture
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Solo de William Boyd

William Boyd
  Le destin de Nathalie X
  La femme sur la plage avec un chien
  Un Anglais sous les tropiques
  A livre ouvert
  La vie aux aguets
  Armadillo
  L'après-midi bleu
  Orages ordinaires
  Solo
  L'Attente de l'Aube
  Les vies multiples d'Amory Clay
  Brazzaville plage
  Nat Tate

William Andrew Murray Boyd est un écrivain britannique né en 1952 au Ghana.

Solo - William Boyd

James, le retour
Note :

   Je crois que c'est parce qu'on était partis sur un malentendu. Je m'attendais à une variation sur le thème de James Bond, un regard décalé, critique, ironique peut-être, une transposition. De transposition, il n'y a pas eu; idem de la variation. J’étais bel et bien en train de lire une nouvelle aventure de notre James inter-national. Chaussant sans arrière pensée les bottes de Ian Fleming, William Boyd s'était appliqué à faire le plus conforme possible.
   
   Qui dit conforme a vite fait de dire conformiste. On retrouve tous les tics du modèle: les descriptions détaillées et tout à fait superflues du menu ou de la garde-robe, de la marque du wisky, des cigarettes, de la maroquinerie, des montres et bijoux et des voitures… On retrouve quelques recettes qu’on brûlait d’avoir (mais si, mais si) de cocktail ou même d’une vinaigrette saugrenue que je ne suis pas trop pressée de goûter. Mais au fond, cela fait partie du modèle et si l’on décide de faire dans l’imitation, et non dans le pastiche, il faut bien en passer par là. Donc, finalement, j’accepte.
   
   Et voilà notre James parti pour de nouvelles aventures. Théâtre des opérations: Afrique. Contexte: guerre civile, génocides, pétrole et affolement des multinationales. Mission: ramener le calme. Peu importe quel calme, du moment que les affaires peuvent reprendre.
   
   C’est un peu tiré par les cheveux, bien sûr, pour que James parviennent à mener à bien sa mission. Mais tous les personnages sont raccord. On n’est pas dépaysé: James Bond’s girls magnifiques, méchant très méchant et un peu difforme (pour faciliter la reconnaissance, I presume?), amis fidèles et aussi traitres terriblement sournois, actions d’éclats pas officiellement admises par hiérarchie, capture de Bond, blessure, revanche etc. Canevas habituel et si c’est ce que l’on voulait, eh bien, on l'a et c’est bien fait. Au moins ça. Un poil rajeuni pour la psychologie des personnages pour éviter l’écueil "ringardise" mais en gardant bien les bases. Tout ok. Moins macho et Bond lit ("Le fond du problème" de G. Greene) J’apprécie le clin d’œil, mais je ne me souviens pas d’avoir jamais vu James lire (à part le menu). Bond est moins "sauvage" aussi, peut-être plus sympathique mais moins superman. Avec Fleming, il n’était jamais Monsieur tout le monde, ici, il vise à l’être. Comme si Boyd avait parié que le lecteur d’aujourd’hui n’était plus à la recherche de super-héros mais qu’il préférait au contraire pouvoir imaginer le personnage principal comme son égal. Cependant, je pense qu’il se trompe, quand on cherche cela, on ne lit pas un James Bond. Personnellement, quand je lis un livre d’aventure, j’aime bien les héros exceptionnels et je n’ai que faire de Monsieur tout le monde.
   
   Bilan: Une lecture pas désagréable du tout, au premier degré, qui permettra aux nostalgiques de retrouver leur James dans une nouvelle aventure.
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critique par Sibylline




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Une nouvelle aventure de James Bond
Note :

   "À peine a-t-il soufflé les bougies de son quarante-cinquième anniversaire que l’agent 00 le plus efficace de Sa Majesté se voit confier une mission d’un genre très particulier : faire d’un général "un soldat moins efficace" pour mettre fin à la guerre civile qui déchire le Zanzarim, petit pays d’Afrique occidentale. Mais à son arrivée, son contact local disparaît. Bond se retrouve seul. Game on."
   

   William Boyd est vraiment très fort. Il a réussi à reprendre tous les codes du James Bond. Aventures invraisemblables où les miracles sont permanents, rythme faussement vif, jolies filles qui lui tombent dans les bras. Parce qu’il faut bien le reconnaitre, si San Antonio m’a toujours fait rire, James Bond m’as toujours fait… pas grand chose. Que ce soit au cinéma ou en livre, le héros de Ian Flemming est lénifiant au possible. Le meilleur pour lui c’est d’avoir eu OSS 117 en contrepoint.
   
   Donc, William Boyd est très très fort, car il a très bien réussi à faire tout cela mais en faisant en sorte que j’aille jusqu’au bout du livre. J’adore Boyd, ce n’est pas nouveau, mais il y a chez cet écrivain un art de raconter des histoires, une technique d’envoutement qu’il a dû apprendre en Afrique et qu’il maitrise à la perfection.
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critique par Le Mérydien




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James Bond, le retour
Note :

   Une nouvelle aventure de James Bond
   
   Plus du Boyd que du James Bond. De là à titrer ; "Une nouvelle aventure de William Boyd", par James Bond, non !
   
   Cette nouvelle aventure de James Bond prend place dans des contrées familières de William Boyd : l’Afrique. L’Afrique noire. Un pays imaginaire (le Zanzarim !), certes mais qu’on imaginerait bien du côté de l’Afrique de l’Ouest, genre Togo...
   
   Il lui est confié la mission d’aller "calmer" la situation dans un petit pays d’Afrique potentiellement gros producteur de pétrole. Un pays stratégique, dit autrement, qu’on ne peut décemment laisser en proie à de vulgaires envies de sécessions entre ethnies qui dérivent gentiment vers la guerre civile. Et la guerre civile, chacun le sait, ce n’est pas bon pour le business. Et donc James Bond...
   
   Pas n’importe quel James Bond. Le James Bond de William Boyd. Moins primaire, plus fragile, mais tout aussi winner. Encore que... ? C’est qu’il est blessé, et pas qu’un peu, le James Bond dans cet épisode. Et qu’il va nous jouer sa revanche en... "solo".
   
   Au bout du compte, l’admirateur de William Boyd n’y retrouve pas vraiment son compte. Celui de James Bond, j’imagine non plus ? Le style usuel très décalé, branché sur un humour de haut étage, est édulcoré par les contraintes obligées pour coller au stéréotype "James Bond". Ça n’en reste pas moins une lecture plaisante mais pas typique de William Boyd.
   
   Restent néanmoins l’Afrique et l’envoutement qu’elle exerce, une Afrique dont William Boyd est décidément un bon connaisseur.
   
   "Et plus l'environnement se faisait primitif et rudimentaire, plus la force, les capacités et les pouvoirs qui étaient les siens lui apparaissaient dépourvus de consistance. Qu'avait donc l'Afrique pour vous décourager ainsi ?"

critique par Tistou




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