Lecture / Ecriture
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Inyenzi ou les cafards de Scholastique Mukasonga

Scholastique Mukasonga
  L'iguifou - Nouvelles rwandaises
  Inyenzi ou les cafards
  Notre-Dame-du-Nil
  Ce que murmurent les collines
  La femme aux pieds nus
  Cœur Tambour
  La Vache du roi Musinga
  Un si beau diplôme !

Scholastique Mukasonga est une écrivaine rwandaise de langue française née en 1956. En 1973, elle doit s’exiler au Burundi. En 1992, elle s’établit en France.

Inyenzi ou les cafards - Scholastique Mukasonga

Autobiographie
Note :

   1er juillet 1962, indépendance officielle du Rwanda après "les élections" législatives de septembre 1961. Avec l’aide des Belges et de l’église catholique, le MDR-Parmehutu s’installe au pouvoir instaurant "la dictature raciale d’un seul parti" : Des milliers de Tutsi avaient été massacrés, plus de cent cinquante mille avaient fui dans les pays avoisinants, ceux qui restaient au Rwanda allaient être réduits à l’état de parias. A Nyamata, les réfugiés de l’intérieur étaient voués aux bienfaits de la "démokarasi" ethnique (Inyenzi ou les cafards). La terreur quotidienne orchestrée pour ces cafards déshumanisés. L’équipée suicidaire des réfugiés Tutsi au Burundi enclenche au début de 1964 de terribles représailles qui préfigurent le génocide de 1994. Les massacres s’aggravent après l’apparition dans le Bugesera de la jeunesse révolutionnaire du MDR qui contrôle toutes les allées et venues des "déplacés".
   
   Reçue à l’examen national en 1968 grâce à la politique des quotas ethniques qui autorise 10% de Tutsi dans les listes, Scholastique Mukasonga intègre l’internat du lycée Notre-Dame-de-Citeaux à Kigali. Trois années d’humiliations, de vexations, de solitude, de rejet et surtout trois années de travail constant y compris la nuit pour être la meilleure: "Il me semble que je n’ai jamais dormi pendant ces trois ans de lycée." Grâce à l’excellence de ses résultats, celle qui n’aurait jamais dû être là obtient l’examen final en 1971 qui lui permet de poursuivre ses études à l’école d’assistantes sociales de Butare pour quatre ans. Un répit, des années d’illusions, une parenthèse avant les pogroms de 1973 qui la contraignent à fuir et à se cacher dans son village. Comprenant que les Tutsi qui ont fait des études sont en danger, ses parents décident qu’elle et son frère André passeront au Burundi. Commence alors pour ces deux jeunes gens une vie de réfugiés qui, grâce aux autorités bienveillantes burundaises, leur permettra de poursuivre leurs études et d’échapper à l’atrocité des massacres de 1994. Elle obtient son diplôme en 1975. Ce n’est qu’en 1986 qu’elle rendra une dernière visite à ses parents avec son mari et ses deux enfants après avoir obtenu la nationalité française. Consciente que leur présence est dangereuse pour la famille, sa mère lui conseille de quitter le village : "Je revois ma mère, sur le bord de la piste, sa frêle silhouette enveloppée dans son pagne. C’est la dernière image que j’ai gardée d’elle, une petite silhouette qui s’efface au tournant de la piste." A lire dans son autobiographie : Inyenzi ou les cafards

critique par Michelle




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