Lecture / Ecriture
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Cali Miossec de Grégoire Laville

Grégoire Laville
  Cali Miossec

Cali Miossec - Grégoire Laville, Yves Colin

Rencontres au fil de l’autre
Note :

   Soit Bruno Caliciuri (alias Cali) et Christophe Miossec (mieux connu sans le prénom), soit Grégoire Laville, journaliste, porté vers le monde de la musique et la chanson, soit Yves Colin, journaliste également, responsable à l’époque (2006) de la communication du Festival des Vieilles Charrues, soit enfin Claude Gassian, qui a troqué sa guitare pour un 35 mm et qui fixe sur pellicule ceux qui jouent à sa place maintenant.
   Rassemblez ces nobles personnages à Ouessant, en "terre miossecienne", puis à Perpignan, en "terre calienne", enfin à Bruxelles, là où vit Miossec et où, pour un soir, Cali est venu donner un concert. Ça donne trois entretiens, l’un questionnant, dialoguant avec l’autre, relancés éventuellement par les journalistes.
   Ajoutez-y une préface de Laurent Lavige, grand connaisseur de la musique actuelle et de la chanson moderne (merci Laurent entre autres pour Eiffel, Red et tous ceux que tu as pu me faire connaître sur Inter), hélas disparu depuis peu des ondes de France Inter, pour cadrer les choses :
   "Cali me fait penser à Bruce sur scène, cette façon de tout donner et de tout prendre. C’est un boulimique de l’affect, de l’émotion, de la vibration intérieure. Chaque minute blesse, la dernière tue, Cali le sait, il donne tout, et plus …"
   …/…
   Comme les chansons de Springsteen, les chansons de Cali et de Miossec parlent des petites gens, des petites histoires, de quotidiens quelconques, des espoirs et désespoirs d’inconnus qui se battent et se débattent pour aspirer à un peu plus de bonheur et de joie. Leurs mots sont simples et sonnent juste.
   Les textes de Miossec sont lancés sur le papier avec violence, presque éructés avant d’être susurrés dans un micro. Parfois sa voix est un peu bancale, un peu fausse, mais Christophe Miossec est toujours dans le vrai. Son écriture est viscérale et spontanée. C’est d’ailleurs la force du personnage, que des études à Sciences Po n’ont pas réussi à formater, et qui a gardé en lui cette urgence et ce sens inné du désordre et de la provocation. Avec Christophe Miossec, c’est comme avec la météo d’Ouessant : "On ne sait jamais si l’on doit s’inquiéter ou se détendre." A travers ces entretiens, l’animal se laisse approcher et donne de sa personne, mais il n’est jamais docile.
   
   Donc, entretiens croisés. Pour ma part, j’ai trouvé l’autobiographie que Miossec écrivit avec Vincent Brunner ("En quarantaine") plus structurée, plus éclairante. Je ne connais pas suffisamment Cali et ne me sens pas porté vers lui mais l’influence qu’il donne aux échanges - tout pour la déconnade - me parait nuire à l’ensemble. Mais je peux me tromper, et je l’assume…
   
   Toujours est-il que si vous voulez jeter un coup d’œil derrière le rideau, "backstage", de ces deux là, c’est l’ouvrage qu’il vous faut!

critique par Tistou




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