Lecture / Ecriture
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Lettre à mon juge de Georges Simenon

Georges Simenon
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  L'affaire Saint-Fiacre
  La colère de Maigret
  En cas de malheur
  Les inconnus dans la maison
  Au Rendez-Vous des Terre-Neuvas
  Long Cours
  L'horloger d'Everton
  Le locataire
  Le petit homme d’Arkhangelsk
  Lettre à mon juge
  La Neige était sale
  Le pendu de Saint-Pholien

Georges Simenon est un écrivain belge francophone né en 1903 et mort en 1989 après avoir écrit environ 200 romans sous son nom ou sous différents pseudonymes.

Lettre à mon juge - Georges Simenon

Le juge et l'assassin
Note :

    L’œuvre est si vaste qu'il est difficile d'être catégorique mais "Lettre à mon juge" pourrait être l'un des romans les plus profonds, les plus graves de Simenon. L'un des plus désespérants aussi. De sa geôle le médecin assassin de sa maîtresse écrit longuement à son juge. Très longuement et très "plombement". La province française des années cinquante (ici vendéenne mais peu importe), Dieu sait si nous l'avons lue chez Simenon, tapie et racornie derrière le gâteau du dimanche et le bridge du mardi soir des notables. A nous faire peur, et pour longtemps. La descente aux enfers du Docteur Alavoine, père alcoolique suicidé, mère tout à son dévouement, marié, deux enfants, veuf, remarié, cabinet de campagne, puis un peu plus huppé, labeur incessant, bonheur néant, ne pouvait qu'être inéluctable depuis qu'en gare de de Nantes, en un de ces lieux carrefours des détresses qu'affectionnait tant Simenon, il avait rencontré Martine.
   
    Publié en 1947 "Lettre à mon juge" est un roman glaçant et empoisonnant, qui distille son venin et sa hargne, sa misanthropie à l'intérieur même d'une carrière médicale honnête. La tempête sous le crâne de Charles Alavoine, balayée de faux semblants et de tristes certitudes, l'emporte au plus loin du drame, près de Martine, pourtant comme une sœur de malheur et qu'un amour réciproque ne sauvera pas de la folie brutale et meurtrière.
   
    Plus de soixante ans après sa parution "Lettre à mon juge" demeure un objet romanesque contondant, certes à sa place dans le carcan simenonien, mais qui relègue les pourtant très "humaines" enquêtes de Maigret au rang de faits divers ordinaires, comme si quoi que ce soit de la vie d'un homme pouvait l'être, ordinaire. On comprend bien que le film d'Henri Verneuil "Le fruit défendu" où Fernandel tenait le rôle, ne pouvait qu'être très affadi, voire défiguré, pour que le célèbre comique accepte d'endosser un peu la défroque de Charles Alavoine. On comprend mieux encore l'écrivain totalement majeur qu'est Georges Simenon.

critique par Eeguab




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