Lecture / Ecriture
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Expo 58 de Jonathan Coe

Jonathan Coe
  La maison du sommeil
  Bienvenue au club
  La Femme de Hasard
  Le cercle fermé
  Les Nains de la Mort
  Testament à l’anglaise
  La pluie, avant qu'elle tombe
  La vie très privée de Mr Sim
  Dès 11 ans: Le miroir brisé
  Expo 58
  Désaccords imparfaits
  Une touche d’amour
  Numéro 11

Jonathan Coe est un écrivain britannique, né en 1961.
Il a reçu le prix Médicis étranger en 1998 pour "La Maison du sommeil".

Expo 58 - Jonathan Coe

L'espion qui venait... à Bruxelles
Note :

   Ça commence tout doucement, et même de façon un peu plate, et on lit un peu distraitement... puis on s'intéresse.
   Londres 1958, Thomas Fowley, est un Anglais tout à fait classique, marié depuis peu à une femme qu'il aime bien, sans en être passionnément épris, et qui attend leur premier enfant, circonstance qui ne le passionne pas davantage. D'ailleurs, rien n'est passion dans la vie bien ordonnée de cet employé assez bien placé du Ministère de l'information où il mène une carrière sans histoire mais plutôt satisfaisante (surtout pour quelqu'un comme lui, issu de la base), car l’Angleterre de cette époque est encore totalement une société de castes. Au ministère, il rédige les textes des différentes brochures, portant sur les sujets les plus divers. Thomas Fowley sait écrire, il en vit, mais il ne s'est jamais pris pour un écrivain.
   
   Mais voilà qu'en cette année 1958, la Belgique organise, avec beaucoup d’enthousiasme, l'Exposition Universelle, d'autant plus remarquable qu'elle a pour thème "Bilan du monde pour un monde plus humain" et qu'elle entend favoriser la reprise de relations normales voire amicales entre les pays. Elle permettra la rencontre de populations d’horizons divers, les visites des vitrines que chaque nation offrira au monde, bref, le redémarrage en cet après-guerre d'une véritable amitié entre les peuples. Chaque pays tient à présenter dans son pavillon la quintessence de ses qualités et de ses capacités. Il s'agit de faire admirer la solidité de son Histoire, l'audace de ses découvertes, la prédominance technique de ses inventions, la beauté de son art, la puissance de son assise etc. Bref, derrière la grande "amitié entre les peuples" affleure nettement la propagande, surtout entre les deux blocs en pleine guerre froide. Et derrière les échanges amicaux grouille tout un peuple d'espions avides de voler quelque chose au pays qu'ils ont ainsi l'occasion d'approcher. Chaque pavillon scientifique doit résoudre la même difficile équation: en montrer assez pour affirmer sa supériorité technique, et ne rien laisser deviner de ses véritables découvertes. Ainsi, les Soviétiques présenteront Spoutnik et les Britanniques Zeta, leur super robot, mais tous deux ne seront que des maquettes vidées de leur réelle technologie.
   
   Notre Thomas, chargé tout d'abord de rédiger la brochure qui serait distribuée aux visiteurs et montrerait ce que "voulait dire être britannique aujourd'hui", se voit également muté sur place pour les six mois que durera l'exposition, à charge de superviser le fonctionnement du pub "Britannia", fleuron du pavillon anglais, où l'on pourra trouver bière et nourriture anglaise, dans le décor et l'ambiance parfaitement représentatifs. Le british traintrain de son petit couple bien rangé va s'en trouver aussi chamboulé que son expérience du monde.
   
   Pour ceux qui se souviennent de lui, je dirais que ce roman m’a beaucoup fait penser à ceux de Charles Exbrayat qui connut un grand succès populaire dans les années 60 avec des romans (dont "Une ravissante idiote") où le comique le disputait à l’intrigue policière ou d’espionnage. C’est tout à fait cela, le lecteur s’amuse, se sent plus malin que ce ballot de Fowley, voit des espions partout et, en prime, apprend beaucoup de choses sur cette exposition universelle de 1958 qui a dû quand même être un moment d’anthologie. Les Belges en ont gardé l’Atomium...
   Pour ma part, je dirais que ce côté "se documenter en s’amusant" est une des grandes qualités de ce livre qui est un roman de distraction bien plaisant, pas une œuvre littéraire majeure. Les personnages sont peu crédibles.
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critique par Sibylline




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Comédie sur fond d’espionnage
Note :

   Une nouvelle foire mondiale -l’expo 58-, se prépare à Bruxelles, avec pour objectif de comparer les multiples activités des différentes nations dans les domaines de l’art, de la science, de l’économie. C’est aussi la première foire internationale depuis la fin de la seconde guerre mondiale, alors qu’on est en pleine guerre froide.
   
   Thomas Foley, surnommé Gandhi par ses collègues de travail tant il est peu bavard, et Gary Cooper par ses collègues féminines en raison de sa beauté, travaille au Bureau Central de l’Information à Londres. Le bureau se voit attribuer la responsabilité du pavillon britannique, avec notamment le pub géant surnommé "Le Britannia". En raison de son ascendance belge par sa mère et de sa connaissance des bars par le métier de son père, on propose à Foley de partir en mission six mois à Bruxelles. Quelqu’un de la BCI est en effet nécessaire pour superviser le Britannia. Le hic c’est qu’il vit en couple et qu’il vient d’avoir une petite fille. Hors de question d’abandonner pendant six mois femme et enfant… Mais il finit pourtant par se laisser tenter… Quand il en parle à Sylvia, elle accuse le coup. Mais il la rassure, en lui disant qu’il reviendra le week-end et qu’ils pourront échanger par téléphone et courrier. Mais une fois sur place il va se retrouver au cœur d’intrigues et enchainer les rencontres. Pendant ce tempstlà Sylvia ne déprime pas, loin s’en faut, son voisin en effet est très présent pour la dépanner, au grand dam de Thomas.
   
   Jonathan Coe revisite le roman d’espionnage avec bonheur et nous offre de savoureux portraits de personnages, à commencer par Tony, le compagnon de chambre de Thomas, mais aussi Annette, la ravissante hôtesse belge qui l’accueille ou Chersky, le journaliste russe.
   
   Certes ce n’est pas le meilleur roman de Jonathan Coe et j’ai de loin préféré "Bienvenue au club" ou "Le cercle fermé", mais cette histoire drôle et cocasse, qui enchaine les quiproquos, vous fera passer un très bon moment de détente. Je me suis notamment beaucoup amusée à la lecture des lettres qu’échangent Thomas et sa femme.
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critique par Éléonore W.




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Aliam vitam, alio mores
Note :

   Jeune employé au bureau de l’information, Thomas Foley est envoyé à l’exposition universelle de 1958 à Bruxelles, représenter la Grande Bretagne en contrôlant un pub le "Britannia".
   
   Habitué à du travail de bureau sans intérêt, Thomas est enchanté de l’aubaine, bien que cette embauche ne soit vraiment pas une promotion. Son univers étriqué pèse à ce gratte-papier. Marié à Sylvia, femme au foyer, essentiellement occupée du bébé qu’ils ont eu et des travaux domestiques, il s’ennuie ferme à Tooting dans la banlieue londonienne.
   
   Il rêve de l’Atomium cet engin nouvellement construit qui semble cristalliser tous ses rêves d’aventure.
   
   Avant de partir, Thomas est approché par deux messieurs qui lui posent des questions, sur ses opinions politiques, et sa conformité aux normes socioculturelles en vigueur. Le lecteur voit bien que ce sont des agents du renseignement mais pas Thomas, ce qui rend la chose comique.
   
   Une fois à Bruxelles, il rencontre un Russe qui se prétend journaliste, et rencontre un compatriote, Tony, qui s’occupe de présenter une machine "Zeta" qui doit servir à fabriquer de l’énergie thermonucléaire à des fins domestiques. On place beaucoup d’espoir dans ces recherches (qui n’ont jamais rien donné d’intéressant à l’heure actuelle). On s’inquiète vaguement des problèmes de santé que pourrait présenter les gros fumeurs. On vante les qualités d’une nouvelle pâte dentifrice "à rayure". Dix ans plus tard l’hexachlorophène (bactéricide contenu dans les fameuses rayures) sera interdit à l’occasion de l’affaire du talc Morhange.
   
   Au cours d’un pique-nique, on lira l’article d’un journaliste russe décrivant la vie sur terre en 2058, cent ans plus tard! Article qui vaut son pesant d’or…
   
   On respire une odeur d’optimisme et de foi dans le progrès qui contraste fortement avec la période actuelle où pratiquement toutes les substances (alimentaires, pharmaceutiques, domestiques, industrielles) sont suspectes ou dénoncées comme nuisibles.
   
   On se rend compte que l’on vit une drôle d’époque. A moins que ce ne soit les années 50 qui sonnent bizarres?
   
   Heureux quoique souvent pris pour sous-fifre, Thomas n’a plus envie de retourner chez lui.
   
   Ce roman ne m’a pas tellement plu. Le personnage de Thomas est un peu trop simple, et il ne lui arrive rien de palpitant. Coe nous habitué à davantage d’intrigues enlevées, de rebondissements et d’histoires cocasses.
   
   En tant qu’espion malgré lui, il ne joue qu’un rôle très subalterne. Ses problèmes conjugaux n’évoluent pas, ses amourettes restent superficielles. Coe a voulu photographier une partie de la société de 1958, sa foi en l’avenir, ses idées toutes faites. C’est pas mal mais loin d’être aussi fouillé que par exemple "Testament à l’anglaise" pour les années Thatcher. Il y a aussi des situations comiques assez nombreuses mais toutes ne font pas mouche. Le meilleur curieusement c’est le très beau commentaire du morceau d’Arthur Honegger, Pastorale d’été, entendu dans un concert. Dans le détail, j’ai lu beaucoup de bons petits passages mais l’ensemble n’a pas réussi à m’intéresser vraiment. J’ai nettement préféré les deux précédents (la Vie de Mr Sim et La Pluie avant qu’elle tombe).
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critique par Jehanne




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Old-fashioned spy
Note :

    Ce roman évoque l'exposition Universelle et internationale qui s'est déroulée à Bruxelles en 1958. Manifestation devant fédérer les peuples et promouvoir l'unité à la sortie de la guerre, l'expo 58 va être un haut-lieu de l'espionnage découlant de la guerre froide que se livre l'Est et l'Ouest.
   
    L’Angleterre comme chaque pays se doit d'y être représentée et c'est par l'intermédiaire du jeune et sympathique Thomas Foley qu'elle le sera. Faisant partie du Bureau Central d'Information et participant au projet de l'Expo, il sera choisi pour ses ascendances belges et pour le fait que son père tenait... un pub dans sa jeunesse !!! Thomas Fowley est donc pressenti pour être le rapporteur des activités du "Britannia", le seul pub du site de l'Exposition Universelle de Bruxelles, événement destiné à la rencontre entre tous les peuples de la planète. Quel autre endroit qu'un lieu de débauche houblonné pourrait mieux permettre l'intrusion des agents secrets de l'Est ou de l'Ouest?
   
    Le héros, personnage plutôt discret menant une existence rangée, hésite un peu à accepter la mission et puis finit par accepter. Il va donc devoir quitter sa banlieue londonienne et sa famille à laquelle il n'est pas vraiment attaché. Sylvia, femme au foyer et jeune maman, n'est pas l'épouse de ses rêves et l'opportunité de voyager et vivre à Bruxelles l'emporte. Thomas, bien que culpabilisant à l'idée de partir loin du foyer est rassuré par la présence de son voisin, ce qui donnera lieu à des scènes très comiques et des quiproquos rigolos (...oh !oh!oh!ça rime !).
   
    Déboulant sur le Continent pour une durée de 6 mois, notre jeune et presque naïf héros ne va pas tarder à mener une existence plus palpitante, faite de rencontres internationales et d'épisodes comiques (...spécialité de l'écriture de Jonathan Coe). L'auteur fait alors approcher du jeune Thomas tout une galerie de personnages: la jeune Anneke, l'hôtesse blonde belge pour qui il craquerait bien mais..., un compagnon de chambrée et de pintes Tony -mais qui est aussi responsable technique de la ZETA (machine à fusion nucléaire...), un journaliste russe dénommé Chersky, (mais ne serait-il pas agent secret ?), deux agents secrets anglais assez typiques. Le lieu central du roman est donc le "Britannia", pub ou la bière délie les langues et où Thomas met la main à la pâte. Disons plutôt à la pinte d'ailleurs car le responsable Rossiter a bien du mal à tenir son bar jusqu'aux soirées. Et tout ce petit monde s'entrecroise dans cette atmosphère festive au milieu des enjeux de la guerre froide impliquant espionnage et contre-espionnage.
   
    Ce livre oscille entre sérieux et divertissement et est vraiment très agréable à lire. Le personnage de Thomas manque peut-être un peu de corps mais ses rapports avec sa femme dans l'échange de leurs lettres est tout simplement hilarant !
   
    Sans atteindre la qualité des livres qu'il a écrits précédemment, Jonathan Coe signe ici un roman encore une fois très original, facile à lire dans un contexte un peu old-fashioned...un vrai bon moment de nostalgie!
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critique par Laugo2




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Années 50
Note :

   Un matin d’un calme aussi mortel ne pouvait être qu’anglais. (p 32)
   

   Je me suis régalée avec Jonathan Coe il y a quelques années. En peu de temps, j’ai lu plusieurs titres, avant une longue pause. Et, après avoir retrouvé Coe avec Expo 58, j’ai hâte de me replonger dans son univers. J’ai plusieurs romans en réserve, ça tombe bien !
   
   J’avais acheté Expo 58 pour l’auteur, mais je n’étais pas spécialement emballée : une histoire d’espionnage à l’expo universelle de Bruxelles en 1958 ? Soit. J’aime bien retrouver l’Angleterre sous la plume de Coe et je ne suis pas une grande amatrice de ce type d’histoire. Le fait de découvrir enfin la magnifique ville de Bruxelles à l’automne dernier a changé mon avis sur la question. Quant à l’espionnage, quand il est traité par Jonathan Coe, il devient de suite beaucoup plus drôle !
   
   Thomas Foley travaille au Ministère de l’Information. Il y a une fonction de gratte-papier peu folichonne, dans le cadre de laquelle il fait preuve de beaucoup d’application. Il se fait chambrer par ses collègues parce qu’il échange au téléphone avec sa femme sur les coliques de leur bébé. C’est l’époque où tout le monde fume partout, tout le temps. Où ses collègues sont interloqués quand il explique que son père est mort d’un cancer du poumon parce qu’il fumait beaucoup.
   "Les trois le regardèrent, ahuris.
   "Selon une étude récente, il pourrait bien y avoir une corrélation entre la consommation de tabac et le cancer du poumon, expliqua Thomas sans trop se compromettre.
   – Curieux, s’étonna Swaine. Je me sens toujours en meilleure forme quand j’ai grillé une sèche ou deux." (p 25)
   

   Parce qu’il a le profil adéquat et notamment, parce que son père tenait un pub et que sa mère est réfugiée belge, Thomas va être envoyé six mois à Bruxelles pour superviser le Britannia, le pub anglais de l’exposition universelle de 1958.
   
   "Vous avez notre sympathie quant à vos, vos débuts dans la vie, disons. Entre le pub, et les, les origines belges, vous avez dû vous sentir lourdement handicapé" (p26).
   

   Thomas est d’abord réticent, mais le temps passant, il finit par avoir hâte de vivre cette aventure, qui l’éloigne ce faisant de son épouse. Un premier aller-retour sur place avant le début de l’expo a contribué à cette envie. Thomas est impressionné par les lieux, l’Atomium futuriste, les pavillons très modernes. Il y voit un lieu de rencontres et de progrès, tourné vers le futur et incroyablement stimulant en comparaison de sa vie banale en Angleterre. Il est par ailleurs tombé sous le charme d’Anneke, l’hôtesse venue l’accueillir :
   "J’espère que nous nous retrouverons souvent pendant l’Expo, venait-elle de lui dire.
   – Oui, répondit Thomas, j’aimerais bien vous revoir." Et, comme la formule lui paraissait tiède, il ajouta : "Peut-être sans votre uniforme."
   Elle rougit violemment.
   "C’est-à-dire, je voulais dire, bredouilla Thomas, j’aimerais bien vous voir en tenue de ville.
   – Oui, dit Anneke en essayant d’en rire mais toujours cramoisie, j’avais bien compris." (p86)
   

   Enfin l’exposition s’apprête à ouvrir ses portes.
   
   "L’avenue était muette, elle aussi. Les nacelles du téléphérique, au-dessus de sa tête, étaient vides et immobiles, leur carosserie soulignée par les éclairages fluorescents d’innombrables lampadaires futuristes, le long des allées. Quant à l’Atomium, il se dressait droit devant, et sa vue lui coupa le souffle : ses sphères d’aluminium se nimbaient chacune d’une résille de lumières argentées, dont l’effet était à la fois festif, majestueux et d’un exotisme cosmique ; on aurait dit des boules de Noël sur la planète d’une galaxie lointaine. En levant les yeux vers la plus haute, qui s’élevait à une centaine de mètres, il vit briller les lumières plus chaudes et plus dorées du restaurant, où ses pas impatients le menaient déjà." (p 109)

   
   Nous allons ainsi revivre cette exposition universelle aux côtés de Thomas, dont la vie se complique nettement. Le voilà plongé dans un microcosme où les avancées technologiques et les grandes réussites des blocs de l’ouest et de l’est se confrontent. Sous des dehors d’ouverture et de partage entre les peuples, l’exposition est un lieu de propagande et d’espionnage. Thomas y vit dans l’excitation de l’instant, conscient de vivre une période unique. Il côtoie des personnes de différentes nationalités, flirte dangereusement avec l’innocente Anneke et se retrouve au cœur de l’action. Si son rôle était d’abord de garder un œil sur ce qui se passe au Britannia, il s’aperçoit que deux espions rencontrés au Ministère de l’information le suivent et sont informés de ses moindres faits et gestes. Jusqu’au moment où ils lui confient une mission plus importante : séduire une Américaine qui semblerait prête à tomber dans les bras d’un séduisant journaliste espion du KGB.
   
   Je me suis régalée avec ce pétillant roman plein d’humour dont le héros est largement malmené sous la plume de Jonathan Coe. Entre le voisin qui tourne autour de sa femme en lui parlant de ses problèmes de cors au pieds, la maladresse de Thomas avec Anneke, un peu de jalousie mal placée et deux espions tout droit sortis d’une caricature, j’ai passé un excellent moment et éclaté de rire à plusieurs reprises (ce qui m’arrive rarement quand je lis). Il y a l’ironie, les personnages un peu ridicules mais touchants. Mais au-delà, le fond est plus complexe. Derrière les relations de Thomas il y a aussi l’histoire tragique de sa mère. Dans l’ivresse et l’effervescence de l’expo 1958 se joue un moment crucial, dont on sent bien la portée historique. Enfin, ce sont les années 1950 qui sont dépeintes, entre les détails du quotidien, la place de la cigarette, les relations hommes-femmes, le foyer et l’évolution des rôles au sein de celui-ci.
   
   Un livre qui mêle la petite à la grande histoire en abordant de nombreux thèmes avec, toujours, la plume avisée et légère de l’exquis, du grand Jonathan Coe. Un coup de cœur !

critique par Lou




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