Lecture / Ecriture
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L'été des lucioles de Gilles Paris

Gilles Paris
  Autobiographie d’une courgette
  Au pays des kangourous
  L'été des lucioles

Gilles Paris est un auteur français né en 1959.

L'été des lucioles - Gilles Paris

Un peu lent au démarrage...
Note :

   Victor, neuf ans vit avec sa sœur Alicia, sa maman Claire et la compagne d'icelle Pilar à Bourg-en-Bresse. François leur papa vit à Paris. L'été, Victor et les filles vont le passer à Roquebrune -Cap-Martin, dans un appartement dont François a hérité. Là, il se lie d'amitié avec Gaspard et tous les deux arpentent le chemin des douaniers, parfois accompagnés de Justine dont Victor est amoureux. L'été de ses neuf ans sera celui des découvertes des villas de la région, de l'amitié, de l'amour, des secrets familiaux et des lucioles qui font une arrivée quasi miraculeuse sur la commune.
   
   Gilles Paris n'est pas un écrivain prolifique : quatre livres en un peu plus de vingt ans ; tous ont en commun d'être le point de vue d'un enfant. Je n'ai pas lu "Papa et maman sont morts" (1991), par contre j'ai lu et aimé "Autobiographie d'une courgette" (2002) et "Au pays des kangourous" (2012). Dans ce quatrième roman, il utilise le même procédé, à savoir raconter une histoire vue par les yeux de son enfant-héros. Avec tout le respect et l'amitié que j'ai pour Gilles, je dois dire que le début m'a un poil ennuyé et que j'ai eu du mal à entrer dans son histoire. Les cent premières pages tournent un peu dans le vide une fois passées les présentations des personnages et des lieux, se répètent au point que je me suis demandé si j'allais pouvoir finir le livre. Je me disais également dans mon for intérieur que Gilles pouvait passer à autre chose, qu'il tournait un peu en rond. Je tiens à préciser que de prime abord, je ne suis pas fan des livres racontés par des enfants, je trouve le procédé parfois facile et souvent surexploité pour faire passer des approximations, pour ne pas aller au fond des choses, écueils que Gilles Paris avait su largement et finement éviter avec ses autres romans. Certes, là il aborde des thèmes très actuels comme l'alcoolisation des jeunes, la difficulté de vivre avec des parents divorcés, la non-difficulté de vivre avec deux adultes de même sexe qui s'aiment, ... mais c'est fait assez timidement. Voilà où j'en étais en passant la page 98 du livre, car là, enfin, le livre débute, et Gilles de dérouler son histoire avec ses secrets de famille bien enfouis, avec des personnages qui enfin agissent et prennent corps, grâce à l'apparition de la baronne Hedwige, le rôle qui fait passer ce roman dans la catégorie de ceux qu'on veut finir absolument. Là, enfin, Victor prend conscience que sa famille a une histoire pas forcément simple et qu'il doit la découvrir pour avancer et faire avancer les siens. Là, enfin, Gilles Paris installe un suspense (pas intense, on n'est pas dans un polar) et des situations extra-ordinaires, irrationnels. Et là, enfin, je retrouve tout le plaisir que j'ai déjà eu à le lire précédemment, toute la tendresse qu'il a pour ses personnages, qu'ils ont entre eux, de l'amour, de l'innocence - d'aucuns diront de la mièvrerie, ce que j'aurais pu dire s'il n'y avait eu ce tournant dans le livre, mais justement, je trouve que G. Paris sait éviter cette facilité avec justesse.
   
   Certains passages sont très réussis, notamment l'entrée non autorisée dans la Villa Cyrnos qui m'a fait inévitablement penser à "Le château de ma mère" de Marcel Pagnol : "La voix résonne dans mon dos et me terrifie. Je sens mes jambes trembler. De toute façon, je n'ai pas le choix. Je me retourne. Un vieil homme barbu, en short et tee-shirt tout taché, casquette enfoncée sur la tête et sandales aux pieds, me fait face, un râteau à la main. Justine et Gaspard se sont collés à moi." (p.123)
   
   Pour résumer, un roman un peu bavard au départ qui, heureusement trouve son rythme en seconde partie qui sauve largement l'ensemble. Très plaisant, humour et tendresse à toutes les pages (à partir de la 98, j'insiste). Malgré mes réserves, de jolies vacances à Roquebrune à partager.

critique par Yv




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