Lecture / Ecriture
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Nuit blanche en Balkhyrie de Antoine Volodine

Antoine Volodine
  Écrivains
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  Alto Solo
  Le nom des singes
  Le port intérieur
  Nuit blanche en Balkhyrie
  Le post-exotisme en dix leçons, leçon onze
  Des anges mineurs
  Bardo or not bardo
  Nos animaux préférés
  Songes de Mevlido
  Macau
  Terminus radieux

AUTEUR DES MOIS DE FEVRIER & MARS 2014

Antoine Volodine est le principal pseudonyme d'un écrivain français qui serait né en 1949 ou 1950 à Chalon-sur-Saône ou à Lyon, ce sont les seuls renseignements que vous trouverez sur lui.

Ce qui me fait penser que ce "peu que nous savons" peut aussi bien être faux puisqu'autrement, en cet ère d'internet que nous vivons, il y aurait bien longtemps qu'un ancien copain de classe aurait livré secret, souvenirs et photos de classe.

Nous pourrions donc aussi bien partir du principe que notre auteur du mois ne s'appelle ni Antoine, ni Volodine, qu'il n'est né ni en 1949, ni en 1950 et en tout cas pas dans la région de Lyon. De même qu'il ne s'appelle ni Lutz Bassmann, ni Manuela Draeger, ni Elli Kronauer.

Qu'en pensez-vous ?

Antoine Volodine, puisqu’il faut bien lui donner un nom, aurait une grand-mère russe... En tout cas, il a appris le russe et est devenu traducteur en même temps que romancier. Peut-être même l'a-t-il enseigné et a-t-il été professeur de russe pendant une quinzaine d'années ? Pourquoi pas.

Peu convenus pour la catégorie « littérature générale », ses romans ont d'abord été publiés sous l'étiquette Science-Fiction, dans la collection « Présence du futur » des éditions Denoël avant de connaître des éditeurs plus généralistes, Éditions de Minuit, Gallimard, Éditions du Seuil, Verdier et des collections pour enfants : Ecole des Loisirs. Pour en finir avec cette question du genre, Volodine créa en 1990 le Post-exotisme, et s'y installa, explicitant ses projets et intentions littéraires., et y accueillant ses avatars. Comme Renaud, il était « une bande de jeunes à lui tout seul ».

Ceci étant, son œuvre lui a valu plusieurs prix dont le Grand Prix de la science-fiction française 1987 et le Prix du Livre Inter 2000.

Nuit blanche en Balkhyrie - Antoine Volodine

Quel cirque !
Note :

   Tragicomique et cauchemardesque, ce roman impossible à résumer est centré sur un homme, Breughel — un nom déjà présent dans “Le port intérieur”. Pour lui comme pour ses proches, trois mondes existent : leur imaginaire — "le monde crânien" — , le camp de prisonniers également asile de fous et centre révolutionnaire au milieu d'une sorte de ville en ruines ravagée par la guerre, et le reste du monde qui s'appelle Balkhyrie — un mot forgé sur le nom d'une région russe bien réelle.
   
   Breughel a été lobotomisé par Kotter : sa mémoire en a pris un coup, sa raison aussi — mais il faudrait le dire de tous les personnages, tous plus ou moins abîmés, cassés, déchus. Dans cette esthétique de la catastrophe et du chaos, de l'utopie déglinguée, il est difficile de s'accrocher à des bouts d'intrigue sensée. "Je ne dispose plus de données chronologiques exactes pour la scène qui va suivre" déclare justement Breughel en remuant "des émotions et des souvenirs dont je ne savais pas, pour cause de confusion mentale, s'ils étaient factices ou authentiques". Et nous donc...
   
   Un cirque s'était installé sur la place des Martyrs, près de la gare. Les soldats ont libéré les animaux ; des yacks et des autruches errent sur les voies. La cage des fauves devient un centre de détention. Molly est défigurée. Grodzo tambourine sur tout ce qu'il trouve. Breughel collectionne des poupées de chiffon et crée des opéras imaginaires où il s'imagine déporté en arctique en compagnie de Tariana une ancienne gardienne du camp. Kirghyl, figure du chef révolutionnaire et résistant, poursuit de son assiduité la Zoubardja, mais tombera victime des gaz asphyxiants adverses tandis que Breughel et de provisoires survivants incendieront les pavillons déjà en ruines. Tous perdants.
   
   L'auteur se donne un mal fou pour dépeindre la situation cataclysmique où s'agitent ses personnages dans les décombres de leur monde confus, la plongée dans leurs ténèbres, la fin de tout. À réserver aux fans de Volodine plutôt qu'une porte d'entrée dans son œuvre.

critique par Mapero




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