Lecture / Ecriture
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Le Matelot sans lèvres – histoires tropicales de Cees Nooteboom

Cees Nooteboom
  Une année allemande - Chroniques berlinoises 1989-1990
  Le Matelot sans lèvres – histoires tropicales
  Le bouddha derrière la palissade
  Le chant de l’être et du paraître
  Du printemps, la rosée
  Tumbas -Tombes de poètes et de penseurs
  L'histoire suivante
  Un sombre pressentiment

Cees Nooteboom (Cornelis Johannes Jacobus Maria Nooteboom) est un écrivain néerlandais né en 1933.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le Matelot sans lèvres – histoires tropicales - Cees Nooteboom

Oh, combien de marins, combien de capitaines…
Note :

   Ce recueil de nouvelles est la seconde œuvre publiée de l’auteur néerlandais Cees Nooteboom. Edité en Hollande en 1958, il ne le sera en France qu’en 2002, avec une préface brève mais très intéressante de Philippe Noble, à lire une fois avant et une fois après avoir lu les nouvelles (mon conseil).
   
   Nous avons ici une œuvre très différente de son premier roman : « Philippe et les autres » et un auteur que l’on pourrait classer comme Nicolas Bouvier, dans une catégorie baptisée «écrivains voyageurs».
   
   Quand Nooteboom a écrit ces nouvelles, il était fort jeune, autour de 23 ans. Il n’en était qu’au début de ses voyages qui ont occupé et nourri toute sa vie et son oeuvre. Ensuite, l’auteur s’est détourné de ces nouvelles qui ne correspondaient plus à ce qu’il souhaitait produire et ne les a faites rééditer que bien plus tard, une trentaine d’années plus tard.
   
   Ce recueil comporte dix nouvelles fort brèves, qui se présentent pour plusieurs d’entre elles comme des histoires de marins. Il s’agit donc d’histoires très courtes, souvent brutales ou cruelles et pas toujours clairement compréhensibles immédiatement. On relit certaines phrases deux ou trois fois pour en saisir le sens exact et on n’y parvient pas toujours. Surtout dans les nouvelles réellement «tropicales». Ainsi, que penser de la fin du « Nain de Huelva » ?
   
   J’ai lu très facilement les quelques 130 pages de cet ouvrage. J’ai été hautement convaincue par l’écriture de Cees Nooteboom, mais moins par les idées soulignées par ces nouvelles. On voit revenir de façon un peu obsessionnelle dans ces récits, la cruauté humaine, tirant même un peu vers le sadisme. Il laisse sa trace presque dans toutes. Il y a des maltraitances, des viols, des meurtres… L’homme est souvent moche dans ces histoires, même quand il est artiste (Le nain) ou amoureux, même quand il n’est encore qu’un enfant.
   
   Ma nouvelle préférée est celle qui ouvre le volume : Le nain de Huelva, fascinante, obscure et troublante; et non la nouvelle éponyme «Le Matelot sans lèvres» que j’ai trouvée un peu «jouée», un peu surfaite, un peu convenue… ou alors datée. Ca allait pour 58, cela va moins bien maintenant. Je n’ai pas du tout aimé la brève «Fantasma», mais je pense que cela est en grande partie dû au fait qu’il y avait un contexte qui permettait de la comprendre de façon plus riche que ne le fait le lecteur non averti d’aujourd’hui.
   
   Un ouvrage facile à lire et sans doute utile à connaître si l’on s’intéresse à Cees Nooteboom.

critique par Sibylline




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