Lecture / Ecriture
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Carol de Patricia Highsmith

Patricia Highsmith
  On ne peut compter sur personne
  L'inconnu du Nord Express
  Carol
  L’Empreinte du faux

Patricia Highsmith est le nom de plume de Mary Patricia Plangman, auteure américaine de thrillers policiers. Elle est née dans le Texas en 1921 et est décédée en Suisse en 1995.

Carol - Patricia Highsmith

L'homosexualité féminine
Note :

   "J'aime échapper aux étiquettes" affirme Patricia Highsmith dans la préface de son roman Carol paru en 1952 et réédité aux éditions Calmann-lévy pour la rentrée littéraire 2013.
   
   Effectivement lorsque j'ai choisi ce titre, je pensais à "L'inconnu du Nord-Express" que je venais juste de lire après avoir revu le film d'Hitchcock. Or "Carol" est un roman très différent. Il traite de l'homosexualité féminine.
   
   Therese, une jeune fille timide et solitaire, décoratrice de théâtre sans emploi, travaille dans un magasin au rayon de jouets pour enfants. Elle y fait la rencontre de Carol, une cliente qui vient acheter un cadeau pour sa fille. Therese se sent très attirée par cette belle jeune femme, élégante et sûre d'elle, d'un autre milieu social que le sien. Carol l'invite chez elle et peu à peu Thérèse découvre la nature de ses sentiments. Une histoire d'amour naît entre elles, difficile à vivre à une époque où, dans les années 50, l'homosexualité ne pouvait se vivre que cachée : "Avant ce livre, écrit Patricia Highsmith,  les femmes et les hommes homosexuels des romans américains devaient payer leur déviation en s'ouvrant les veines, en se noyant dans une piscine, ou en se convertissant à l'hétérosexualité (tels étaient les termes employés) ou encore en sombrant dans une dépression comparable à l'enfer."
   
   Rien de tout cela dans "Carol". Patrica Highsmith analyse le thème de l'homosexualité avec beaucoup de finesse, de naturel et de simplicité. A aucun moment, le lecteur n'a l'impression qu'il s'agit d'un sujet tabou. Si Patricia Highsmith souligne les difficultés que vont rencontrer les deux jeunes femmes pour vivre leur relation, en particulier pour Carol, mariée et mère d'une petite fille, ce qui l'intéresse avant tout c'est l'évolution de la toute jeune Therese, sa "timide ingénue". Les sentiments qu'éprouve Therese ne diffèrent en rien de ce qu'elle aurait pu ressentir pour un partenaire d'un autre sexe. On peut donc dire que le roman de Patricia Highsmith n'est pas un livre sur l'homosexualité mais est, avant tout, un roman d'initiation.
   
   Therese prend conscience que ses rapports avec les hommes ne sont pas satisfaisants, elle s'éveille à l'amour mais aussi elle va mûrir, régler ses comptes avec son enfance, assumer enfin l'indifférence et l'abandon de ses parents, avoir confiance en elle. Les relations entre les deux femmes vont évoluer subtilement car le roman traite aussi de la différence sociale. La jeune Therese, pauvre, vendeuse dans un grand magasin, est en admiration devant Carol, sa voiture, ses visons et sa riche maison. Il y a entre les deux femmes un rapport de domination qui exclut l'égalité. Mais la souffrance va révéler Therese à elle-même et c'est désormais en égale qu'elle pourra vivre son amour et assumer sa vie. Un beau roman.
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critique par Claudialucia




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Mieux vaut rester dans le polar
Note :

   Au début des années 50, à NY, Therese jeune fille désireuse de débuter comme décoratrice de théâtre, vend des poupées dans un grand magasin aux approches de Noël, c’est un job saisonnier, contraignant. Une femme mûre encore belle, blonde et vêtue élégamment, attire son attention. Therese a une liaison avec un jeune homme Richard, peintre raté, et s’ennuie avec lui. Depuis son enfance dans une école religieuse, elle se sent plus attirée par les femmes que par les hommes. Cela devient évident, lorsque la belle inconnue s’approche d’elle. La transaction terminée les deux femmes vont se revoir : Carol est en instance de divorce, son mari et elles, se disputent leur fillette.
   
   Progressivement Therese et Carol vont se rapprocher l’une de l’autre, et partir en voyage pour mieux se connaître ; la liaison devient charnelle (je ne dirais pas érotique car ces quelques ébats n’ont rien d’excitant). Hélas, le mari a engagé un détective pour les suivre.
   
   Ce roman est plutôt ennuyeux, même si on s’intéresse aux deux héroïnes, la façon de raconter cette histoire est assez plate. Dans ses romans psychologiques non criminels Highsmith a du mal à être originale ; quand je dis "roman non criminels" je n’en vois qu’un d’ailleurs (celui-ci justement).

critique par Jehanne




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