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S comme: Cesare - 1 de Fuyumi Soryo

Fuyumi Soryo
  S comme: Cesare - 1

Fuyumi Sōryō (惣領 冬実) est une mangaka japonaise née en 1959.

S comme: Cesare - 1 - Fuyumi Soryo

Renaissance italienne
Note :

   "Cesare 1" est mon premier manga! Une minute de silence s'impose...
   
   Comme je ne suis absolument pas spécialiste du genre (mon premier manga de ma vie! oh là là, que d'aventures et de découvertes, je fais à mon -grand- âge), j'ai donc lu cette histoire d'un œil novice mais néanmoins concentré. Puis, en m'apercevant que l'intrigue ne relevait pas de violence extrême, j'ai proposé à mon V. au regard expérimenté et spécialiste des mangas "gentils" jeunesse de lire Cesare 1 du haut de ses dix ans.
   
   Voici ce que mon V en a pensé :
   
   "Les dessins sont bien mais différents d'un manga classique. Le héros, Angelo, fait honte à tout le monde mais ce qu'il dit est juste. Il sert de lien entre les deux cercles ennemis. Et finalement, appartenir à un cercle n'est pas important pour lier d'amitié à quelqu'un d'un autre clan. Mais, il y a des mots compliqués dedans que je n'ai pas compris."
   
   Et là, je me dis : Punaise, mon V. a tout compris! (soupirs de satisfaction et de fierté maternelles)
   
   Maintenant, le synopsis :
   
   Angelo, jeune homme désargenté, arrive à Pise pour étudier à La Sapienza, faculté de théologie. Il doit son intronisation dans cette université prestigieuse au soutien financier de Lorenzo de Médicis. Il découvre très vite les cercles d'influence et les rivalités. Son clan, celui des Médicis, s'oppose à celui des Borgia, d'origine andalouse. Angelo, peu au fait des convenances, enchaîne bourde sur bourde au point de s'attirer les foudres de l'héritier de son protecteur, qui ne lui veut pas que du bien. Mais Cesare Borgia, attiré par le côté révolutionnaire de ce jeunot, va devenir un allié de poids.
   
   Les dessins en noir et blanc sont d'une élégance rare : le trait de crayon de la dessinatrice est d'une finesse vraiment intéressante. Bref, un graphisme quasi-parfait!
   
   Le héros, Angelo, un Candide de la Renaissance italienne, vit une épopée fantastique entre les quatre murs de l'université : intrigues, malversations, tentative de meurtre etc. rien ne lui sera épargné. Surtout que le bougre n'arrange en rien sa situation : fin diplomate, il subjugue son professeur par l'acuité de sa sagesse, ce qui a le don d'irriter son Excellence, habitué aux louanges de l'enseignant. Le récit sympa sur fond historique renseigne aussi sur une époque moins connue du public. Dans ce premier tome, tout se met donc en place.
   
   Je ne lui trouve qu'un défaut : son numéro (synonyme de série : terrible pour la curieuse que je suis!). Et la série arrive déjà à 9 tomes (2014).
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critique par Philisine Cave




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Bonne reconstitution
Note :

   En choisissant Cesare dans la liste de BD, je ne m'attendais pas à recevoir un manga, genre que je n'ai jamais vraiment lu. Je ne connaissais pas, en effet Fuyumi Soryo dont j'apprends qu'elle est une mangaka connue. Telle est mon ignorance, oui!
   
   "Cesare" est le premier des huit volumes publiés par Fuyumi Soryo : un peu frustrant au niveau de l'histoire car l'on est à peine entré dans le récit que la lecture est terminée et il faut attendre le tome suivant. Ma déception prouve, cependant, que la lecture est intéressante car l'on sent derrière ce travail des recherches approfondies et une grande connaissance de l'Histoire de César Borgia et de la Renaissance italienne.
   
   Le scénario :
   

   Cesare, César Borgia (1475_1507), est le fils du cardinal Rodrigo Borgia, issu d'une famille espagnole, devenu pape sous le nom de Alexandre VI. Sa mère est Vannoza Cattanei, d'une famille du duché de Mantoue, et maîtresse de Rodrigo Borgia. On sait que César Borgia deviendra un prince et guerrier puissant. Mais pour le moment, nous sommes en 1490 et Césare est un étudiant dilettante à l'université de Pise avec son ami, Don Micholotto.
   
   L'histoire n'est pas racontée de son point de vue mais sous l'angle d'un jeune homme de famille modeste, Angelo da Canossa, (référence à Michel Ange, bien sûr), florentin, petit-fils d'un maître carrier que Lorenzo de Médicis a pris sous sa coupe et envoie à l'université. Le jeune homme plein de bonne volonté, intelligent, mais ne connaissant pas les usages, va multiplier les maladresses, offensant Giovanni de Médicis, le fils de Lorenzo, se mettant à dos les Français et recevant l'aide des Espagnols et de Cesare, en particulier.
   
   
   Des personnages :
   

   Le récit s'intéresse aux personnages dont il révèle la psychologie, timidité, naïveté d'Angelo, le personnage fictif, séduction et ouverture d'esprit de Cesare Borgia, suffisance de Giovanni de Médicis, courtisanerie de son entourage. Dans ce premier tome, le personnage de César Borgia est plutôt positif, il présente un côté mystérieux de beau ténébreux, renforcé par le sévère habit espagnol et par l'aura de sa puissante famille pourtant si décriée. Mais il tend la main à un fils du peuple, ne s'embarrassant pas des préjugés sociaux.
   
   
    Le contexte historique :
   

   Fuyumi Soryo nous introduit dans les dessous de la politique de l'époque, le jeu des pouvoirs, nous présente les factions rivales. Déjà plane dans la ville l'ombre sinistre de Savonarole dont l'influence est en train de grandir.
   
   Les étudiants français sont présentés et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne sont pas gâtés. La Renaissance français est tardive, en effet, par rapport à l'Italie et l'auteur montre une civilisation encore attardée dans le Moyen-âge. Mais on peut penser qu'en 1490, des jeunes gens ayant choisi d'étudier dans l'université fondée par Lorenzo Le Magnifique devraient manifester une plus grande ouverture d'esprit! Mais bref, c'est un détail! Passons sur mon chauvinisme!
   
   
    L'influence de la Renaissance italienne :
   

    Au niveau du graphisme, j'ai aimé la reconstitution de la ville de Pise, entourée de champs mais qui possède déjà sa parure de dentelles avec sa tour, son baptistère et sa cathédrale. Le soin apporté aux détails, vêtements, repas, intérieur de l'université, palais où vit Cesare, nous permet d'entrer dans la vie de la Renaissance.
   
   L'influence des peintres italiens y est très nette. On pense à aux œuvres de Benozzo Gozzoli, Sandro Botticelli pour l'idéalisation, la finesse et la beauté des personnages, et, bien sûr, aussi à Vinci, Lippi, Mantegna et tant d'autres...
   
   J'ai donc été ravie de me glisser dans cette lecture inhabituelle pour moi et de me retrouver, à partir d'un manga japonais, en pleine Renaissance italienne!

critique par Claudialucia




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