Lecture / Ecriture
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Ruy Blas de Victor Hugo

Victor Hugo
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  Bug-Jargal
  Notre-Dame de Paris
  Les Travailleurs de la Mer
  L'Homme qui rit
  Claude Gueux
  Han d'Islande
  Ruy Blas
  Quatrevingt-treize
  Le théâtre en liberté

Victor Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris, est un poète, dramaturge et prosateur romantique considéré comme l’un des plus importants écrivains de langue française. Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé qui a compté dans l’Histoire du XIXe siècle.
(Wikipédia)

Sa biographie en bande dessinée ici.
Judith Perrignon a fait de sa mort le sujet de son roman "Hugo vient de mourir".

Ruy Blas - Victor Hugo

Tragédie et Grand Guignol
Note :

   Ruy Blas, domestique de Don Salluste, pour servir les intérêts de son maître, se fait passer, auprès de la cour d’Espagne pour Don César que Don Salluste fait exiler. Devenu rapidement favori de la reine, Ruy Blas qui en est amoureux, se prend au jeu du pouvoir au point d’oublier la supercherie de Don Salluste qui vient le lui rappeler. On assiste donc à une grandeur et décadence d’un personnage qui, contrairement à Hernani ne "porte pas malheur à ceux qui l’entourent" mais serait pour son malheur, né du mauvais côté du pouvoir, ce que ne tarde pas à lui rappeler son maître.
   
    La Reine d’Espagne entourée de conventions et de duègnes, asservie par l’étiquette et pleurant son Allemagne natale, ne demande qu’à tomber amoureuse de ce personnage dépassé par son propre rôle. D’autant que la souveraine est délaissée par son chasseur de mari. C’est alors un hymne à la jeunesse et à la liberté que soupire la belle Casilda sa suivante :
   CASILDA.
    Je voudrais regarder un jeune homme,
    Madame! Cette cour vénérable m’assomme.
   Je crois que la vieillesse arrive par les yeux,
    Et qu’on vieillit plus vite à toujours voir des vieux! (II,i, 682-684)
   

   Un ensemble de faux-semblants plus théâtraux les uns que les autres se met donc en place. Usurpation d’identité, quiproquos, envolées lyriques, duels, poisons, on retrouve le théâtre hugolien dans toute sa splendeur légèrement shakespearienne pour le côté tragique :
   LA REINE.
   Quand l’âme a soif, il faut qu’elle se désaltère,
   Fût-ce dans du poison! (II,ii, 801-802)
   

   mais carrément burlesque dans certaines situations dont celle où Don César réapparaît comme un père Noël passant par la cheminée et se costumant de telle sorte qu’il habille sa propre perte. Il reçoit aussi vite que tout lui est enlevé : argent, amour, liberté.
   
    Mélange des genres, toujours. On sent dans cette pièce on ne sait quoi de précipité, comme une urgence de composition. Hugo découpe ses actes avec des personnages titres selon que la lumière tourne autour de l’un ou de l’autre. Le duel est expédié comme on signe une lettre –encore que par celui qui devait se battre – et la fin tragique a un aspect, à mon sens, un peu factice, comme s’il l’on était pressé de finir. On n’y croit pas trop.
   
    Je suis venu à Ruy Blas à cause de (grâce à?) "La folie des grandeurs", le film avec Montand et De Funès qui n’avait conservé que l’aspect grandguignolesque de l’œuvre, ayant tout effacé de cette tragique histoire. Judicieuse décision.
   
    Car, finalement, c’est le comique qui l’emporte ici.

critique par Mouton Noir




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