Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le visiteur du soir de B. Traven

B. Traven
  La révolte des pendus - Le trésor de la Sierra Madre - Le vaisseau des morts
  Le pont dans la jungle
  La charrette
  Le trésor de la Sierra Madre
  Le visiteur du soir

Le visiteur du soir - B. Traven

Le chantre du Mexique
Note :

    De B. Traven on sait qu'on ne sait pas tout et je n'y reviens pas. Par contre je reviens régulièrement à ses œuvres, et, pour la première fois après les romans "Le trésor de la Sierra Madre", "Le vaisseau des morts", "La révolte des pendus", "La charrette", "Le pont dans la jungle", je découvre les dix nouvelles du recueil "Le visiteur du soir". La" lecture" me semble trouver dans les histoires mexicaines de Traven son incarnation la plus précise. A savoir un total plaisir du récit, qui vous emporte dans ce Mexique rude et toxique, sur les traces d'un toubib presque anachorète, d'indiens peinant à survivre, de paysans assommés de labeur. B. Traven aimait ces gens-là, lui qui avait hérité par exemple de la radicalité d'un London dont je le trouve proche. Mais ce n'est pas cela qui m'a intéressé chez Traven.
   
    Raconteur d'histoires, c'est la plus belle définition de la littérature et Traven s'y entend pour en quelques dizaines de pages nous immiscer dans ce vaste pays qui le subjugua. "Chaîne de montage" par exemple analyse finement l'exploitation de la misère à travers la mésaventure d'un Indien, vannier qu'un gringo sous couvert d'un coup de pouce tente de déposséder. Une conversion manquée pointe pareillement l’ambiguïté, le mot est faible, du rôle des prêtres dans la vie de ce Mexique rural si cher à l'insaisissable B. Traven. La mort, cette éternelle invitée des poussières autochtones est éminemment présente, carnavalesque parfois, grandiose toujours. Si l'origine allemande de Traven est controversée, si ses itinéraires prêtent à discussion, nul doute que c'est bien en amoureux du pays mexicain qu'il gagnera la postérité. Mais Traven n'est pas un amoureux transi et mutique, et seul peut-être Eisenstein dans "Que viva Mexico!" me semble avoir aussi bien compris et décrit le baroquissime état géant d'Amérique Centrale

critique par Eeguab




* * *