Lecture / Ecriture
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La dernière fugitive de Tracy Chevalier

Tracy Chevalier
  Récital des anges
  Prodigieuses Créatures
  La jeune fille à la perle
  La dame à la licorne
  La dernière fugitive
  A l'orée du verger
  L'innocence

Tracy Chevalier est une écrivaine américaine née en 1962 et vivant à Londres.

La dernière fugitive - Tracy Chevalier

En 1850 dans l'Ohio
Note :

   Avec "La dernière fugitive", Tracy Chavalier signe un livre charmant, vivant et chaleureux. Nous suivons son héroïne Honor Bright, une jeune anglaise, quaker, qui émigre aux Etats-Unis avec sa sœur Grace. Celle-ci doit se marier avec un anglais installé dans l'Ohio mais elle meurt dès son arrivée. Honor continue seule le voyage pour rejoindre le fiancé de Grace mais elle s'aperçoit bien vite qu'elle n'est pas vraiment la bienvenue.
   
   Nous sommes en 1850 et c'est l'occasion pour Tracy Chevalier de nous présenter ce pays en pleine ébullition, toujours en mutation, et les problèmes liés à l'esclavage. Si Honor trouve un mari assez rapidement dans la personne d'une jeune fermier, Jack Haymaker, le bonheur n'est pas au rendez-vous dans la ferme où règne en maîtresse de maison Mistress Haymaker, la mère de Jack. Et lorsque Honor découvre l'existence du "chemin de fer clandestin" qui aide les esclaves en fuite à passer au Canada, Honor se met en danger et toute sa famille avec, pour venir en aide aux malheureux. Elle se heurte aussi à Donovan, un chasseur d'esclaves sans scrupules. Des thèmes qui ne peuvent laisser indifférents.
   
   Comme d'habitude Tracy Chevalier crée un personnage féminin attachant et qui n'a pas froid aux yeux, doté d'un courage certain. Honor sait prendre son destin en main malgré sa fragilité apparente et l'épreuve qu'elle vit en se retrouvant seule après avoir quitté son pays et sa famille à tout jamais. Sans renoncer à sa foi et à son éducation quaker, elle tire son épingle du jeu et fait preuve d'un grand pragmatisme quand il s'agit de se chercher un prétendant. Nous sommes loin de la romance traditionnelle! De plus, la jeune anglaise comme les autres héroïnes de Tracy Chevalier, a un don particulier qui lui permet de se débrouiller dans la vie : elle coud avec minutie et adresse de splendides quilts en patchwork aux motifs traditionnels, à une époque où ces courtepointes représentaient souvent la dot indispensable de la jeune fille à marier et avaient une valeur symbolique dépassant ainsi le simple objet utilitaire.
   
   Tracy Chevalier s'est très bien documentée sur ses différents sujets, les quakers, l'Amérique abolitionniste et le chemin de fer clandestin, les mentalités, l'Ohio et bien sûr les quilts pour lesquels elle a poussé sa recherche jusqu'à en fabriquer un elle-même! Elle nous fait voyager dans l'espace et le temps sans jamais laisser ses connaissances prendre le dessus et alourdir l'action. Elle sait faire vivre ses personnages, notamment, à côté de Honor, son amie Belle, modiste dans la ville de Wellington, tout en évitant les pièges du sentimentalisme et de l'eau de rose!
   
   Pas un chef d'œuvre, non, mais une lecture très agréable!
    ↓

critique par Claudialucia




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On s'y laisse prendre
Note :

   Laissons de côtés les déceptions et les ratages de lecture et passons aux livres qui m'ont plu. Commençons par une vedette des blogs : Tracy Chevalier et sa Dernière fugitive. Même si ce n'est pas un grand coup de cœur c'est une histoire sympa et intéressante.
   
   L'installation des Quakers en Amérique est un sujet déjà traité et celle de la route des fugitifs noirs aussi. Mais le roman se lit agréablement.
   
   Direction le pays des Ponts couverts et retrouvons Honor, une jeune femme qui n'a pas de chance, elle a quitté l'Angleterre pour les Amériques avec sa sœur qui doit s'y marier. Hélas, hélas, la sœur meurt sur le bateau et voilà Honor seule lors du débarquement. Elle lie connaissance avec Belle Mills une modiste qui va tout de suite apprécier le don d'Honor pour la couture et la réalisation de quilts, Belle a un frère terrible qui chasse l'esclave en fuite!
   
   Seule Honor finit par se marier avec Jack Haymaker un jeune fermier.
   
   C'est dans la ferme qu'Honor va rapidement être sollicité par des esclaves en fuite qui trouvent refuge dans ses champs, dans son poulailler... Elle va aider hommes et femmes au mépris de la loi et ainsi mettre en danger la famille et la propriété.
   
   Dommage que l'héroïne soit une peu pâlotte et falote, le roman s'en ressent un peu ; sinon l'histoire est assez bien construite et se lit sans ennui.
    ↓

critique par Cathulu




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Le quakerisme au 19ème siècle
Note :

   Titre original : The Last Runaway, 2013
   
   1850 : deux sœurs Grace et Honor, de confession Quaker, quittent leur Dorset natal pour une traversée de l’Atlantique devant les mener à Hudson puis de là dans une ferme de l’Ohio. Grace va y rejoindre un homme de sa connaissance Adam Cox qui s’est expatrié là –bas. Elle l’y épousera. Il est plus âgé qu’elle, mais l’Amérique la fait rêver. Honor, quant à elle, quitte le pays à cause de son ami Samuel qui a rompu leurs fiançailles et quitté la communauté quaker pour une femme.
   
   A peine arrivées, Grace contracte la malaria et meurt rapidement. C’est seule que Honor, timide et taciturne, se fait conduire jusque à Faithwell où demeure Adam Cox ; avant cela elle aura passé quelques jours à Wellington dans le magasin de mode de Belle Mills, une femme chaleureuse, spirituelle, qui boit trop et semble atteinte de jaunisse. Honor y montre ses talents de couturière ; elle réalise les plus beaux quilts (courtepointe ; ou encore "édredon "comme disent les américains…) qui soient. Elle fait aussi connaissance de Donovan, le frère de Belle, grand buveur aussi et chasseur d’esclaves. Bien qu’Honor déteste ce genre d’homme elle est attirée physiquement par lui et c’est réciproque.
   
   Un roman historique, bien conçu, écrit agréablement, qui renseigne sur une époque et des pratiques qu’on connaît peu : le quakerisme au 19 eme siècle, les mœurs américaines dans l’Ohio à la même époque chez les fermiers, la fabrication des chapeaux et des quilts, la situation des esclaves, au travers de personnages vivants et bien campés. Le romanesque est présent mais pas trop envahissant ; les héros sont attachants, ni antipathiques ni exceptionnels, on les suit volontiers. L’auteur a su éviter le sentimentalisme. On n’est pas dans ce roman d’une beauté renversante, on a du désir mais on n’est pas follement amoureux, bref si l’intrigue et les personnages sont simples, le manichéisme est absent.

critique par Jehanne




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