Lecture / Ecriture
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Feu Mathias Pascal de Luigi Pirandello

Luigi Pirandello
  Feu Mathias Pascal

Luigi Pirandello est un écrivain et dramaturge italien né en 1867 et décédé en 1936.

Andrea Camilleri a publié une biographie de Pirandello.

Feu Mathias Pascal - Luigi Pirandello

Comme au Cinéma de minuit
Note :

    L’œuvre de Pirandello, immense romancier poète dramaturge sicilien est une de celles qui me fascine... En 1936 le cinéaste Pierre Chenal et les dramaturges Roger Vitrac et Armand Salacrou adaptent son roman "Feu Mathias Pascal" sous le titre "L'homme de nulle part". Déjà adapté au temps du muet par Marcel L'Herbier en 1925 il le sera à nouveau par le grand Mario Monicelli en 85 avec Mastroianni dans le rôle titre. Même si je crois qu'il sera difficile de mieux comprendre Pirandello que les frères Taviani dans Kaos, ce vieux film français n'est pas inintéressant. Il faut faire abstraction de l'interprétation notamment féminine, particulièrement datée, l'audibilité de la version de notre cher Cinéma de minuit n'étant pas géniale. Broutilles tant le travail de Patrick Brion contribue-t-il vaillamment à la pérennité du cinéma.
   
    Ce qu'on garde de L'homme de nulle part c'est surtout l'interprétation de Pierre Blanchar, assez habité en Mathias Pascal, nanti d'une seconde vie tant la première était platounette, certes assez théâtrale mais honorable surtout en première partie, le Mathias Pascal un peu benêt et barbichu, relatif contre-emploi pour Blanchar. Et surtout celle du plus grand voleur de scènes du cinéma français, j'ai nommé Robert Le Vigan. La Vigue étant l'acteur excentriquissime numéro un, celui que l'on n'oublie jamais, même en quatrième, cinquième, voire dixième rôle. Quelque exemples: Goupi Mains-Rouges, La bandera, Le quai des brumes.
   
    "Feu Mathias Pascal" est une fable sur l'identité et le paradoxe de l 'homme dans toute sa complexité. Tout homme est multiple mais j'en connais qui sont simples, si simples que c'en est effrayant. Ainsi Mathias Pascal, prisonnier d'un mariage raté et d'une vie banale (pas loin de Kafka ou du Bartleby d'Herman Melville), est-il contraint de se "tuer" deux fois avant d'émerger d'une sorte de léthargie et d'assumer pleinement son existence. Ce roman de l'absurde est plutôt joliment illustré par Pierre Chenal dans une atmosphère sordide de manigances au début, avec quelques éclairs lorgnant vers le réalisme poétique prévertien, lequel Prévert avait d'ailleurs failli participer au film.

critique par Eeguab




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