Lecture / Ecriture
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En cas de forte chaleur de Maggie O'Farrell

Maggie O'Farrell
  Quand tu es parti
  L'étrange disparition d'Esme Lennox
  Cette main qui a pris la mienne
  En cas de forte chaleur
  La distance entre nous

Maggie O’Farrell est une écrivaine britannique née en 1972.

En cas de forte chaleur - Maggie O'Farrell

Sensibilité des choses familiales
Note :

   "Il a beau se reposer sur elle, éprouver pour elle un attachement jamais démenti, elle n'a aucune idée de ce qui se passe derrière ces lunettes, ignore quelles pensées couvent sous ces cheveux gris épais."
   

   En cet été caniculaire de 1976, un événement vient chambouler la routine d'un couple de retraités: Robert part acheter son journal et ne revient pas. Gretta,sa femme, donne l'alerte et les trois enfants adultes se rassemblent pour faire front malgré leurs dissensions et leurs secrets.
   "Comment se fait-il qu'au bout de vingt-quatre heures passées en famille, on se retrouve adolescente? Est-ce que cette régression va perdurer? "
, se demande la benjamine rebelle,Aoife.
   
   Maggie O'Farrell scrute avec bienveillance la manière dont se remettent aussitôt en place les vieilles rivalités, mais aussi les anciens rôles, quand la fratrie se réunit. à cette situation s'ajoutent les crises personnelles que Aoife, son frère Michael Francis et sa sœur Monica traversent, de manière bien différente.
   
   La vie n'est jamais tranquille dans cette famille irlandaise exilée à Londres et cette constellation familiale, pleine de contradictions, réserve bien des surprises. Mais plus qu'à ces rebondissements, c'est à l'intimité de chacun que s'attache l'auteure, à la relation que chacun tisse avec les autres, par delà les mots et le temps, de manière infinitésimale. Un style imagé et limpide, des personnages plus qu'attachants et une narration fluide qui ne vous lâche pas en route. Un gros coup de cœur, malgré une fin un peu convenue, constellé de marque-pages.
   
   378 pages sensibles.
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critique par Cathulu




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Qu'est-ce que c'était bien !
Note :

   Ayant beaucoup aimé un précédent roman de Maggie O'Farrel: "L'étrange disparition d'Esme Lennox", j'étais très curieuse de voir si j'aimerais autant celui qui vient de paraître en ce début d'année 2014: "En cas de forte chaleur".
   
   Je viens de refermer le livre et je n’ai qu'une envie, c'est de soupirer, sourire de béatitude aux lèvres
   "Bien, bien, c’était vraiment bien!"
   Voilà la seule chose que j’ai envie d’écrire en refermant ce livre.
   
   Quoi d’autre? Un beau roman, de beaux personnages, un belle écriture et donc une bonne traduction probablement. Presque un coup de cœur. Un vrai plaisir de lecture.
   
   Comme toujours dans ces cas-là, je me suis identifiée à cette famille dont le père disparaît un matin de canicule à Londres Je me suis glissée parmi les trois enfants adultes qui, désunis depuis quelque temps, vont se regrouper autour de leur vieille mère, déboussolée pour une fois, et tenter de résoudre l'énigme en quatre jours de grande chaleur, dans leur Irlande familiale, où les attendent bien sûr les éternels secrets de famille, liés en partie au passé historique et politique de leur île. Nous sommes en 1976 et la situation est très tendue. Chacun est venu avec armes et bagages, sa propre famille, ses enfants ou ceux qu'on n'a pas encore eus, ceux dont on n'a pas voulus et qui pèsent pourtant très lourd dans l'histoire familiale. Ce sont quatre journées de forte chaleur aussi bien émotionnelle que physique.
   
    Jusqu'ici, une de mes romancières préférées était une autre irlandaise: Nuala O'Faolain. Désormais, il y aura aussi Maggie O'Farrell.
   
   
   Quand une 4ème de couverture est bien faite, pourquoi ne pas la reprendre quand on manque de temps? La voici, sans scrupules.
   
   "Comme chaque matin depuis trente ans, Robert Riordan part acheter son journal. Mais en ce jour caniculaire de juillet 1976, Robert part et ne revient pas.
    Dans leur maison londonienne, Gretta, sa femme, s'interroge: quelle mouche a bien pu le piquer? Doit-elle prévenir les enfants?
    À peine réunis, ces derniers tentent de prendre la situation en main: les placards sont retournés, les tiroirs vidés, chaque pièce fouillée en quête d'indices.
    Mais, alors que le mystère autour de leur père s'épaissit, les vieilles rancœurs resurgissent. L'aîné en a assez: pourquoi est-ce toujours à lui de prendre en charge sa famille? Quant aux deux sœurs, jadis si proches, quel événement a brisé leur lien, si terrible que la cadette a décidé de mettre un océan entre elles? Et Gretta, a-t-elle vraiment tout dit?"

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critique par Mango




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Des mots sensibles
Note :

   En 1976, Londres étouffe au plus fort de la canicule. Dans la cuisine, un couple de retraités profite de l'air encore un peu frais du matin pour prendre le petit déjeuner. Comme d'habitude, Robert va acheter son journal, Greta l'attend. Seulement, le mari ne rentrera pas.
   Entre stupeur et consternation : comment peut-on disparaître? Greta décide d'avertir non pas la police mais leurs trois enfants.
   
   Michael, Monica, Aoife : une fratrie qui a mis les distances entre elle, aussi bien géographique que familiale. Ainsi, ils se retrouvent dans la petite maison londonienne, et la disparition de leur père va raviver des moments douloureux de leur existence. Entre non-dits et mensonges, entre jalousies et préférences, les anciennes rancunes remontent à la surface et frère et sœurs ont du mal à se retrouver.
   
   C'est en partant sur les traces de leur père, en Irlande, à la découverte d'un secret de famille enfoui, qu'ils renoueront avec la vie, profitant du passé pour apaiser, enfin le présent.
   
   Comme toujours Maggie O'Farrel possède cette écriture tout en finesse qui plonge au plus profond des sentiments humains. Elle dépeint avec férocité et délicatesse ses personnages n'ayant pas peur de les égratigner.
   Gretta la mère et chef de famille, omniprésente et responsable des traumatismes de sa tribu, Irlandaise à une époque où il était difficile de le dire. Robert un père un peu trop absent, d'ailleurs on le cherche et on essaie de le comprendre durant tout le livre. Aoife, la plus étonnante des enfants au prénom purement irlandais. Illettrée, faisant tout son possible pour le cacher, elle est avant tout rebelle et incontrôlable. Tous les trois ont des vies pas franchement réussies mais en partant à la recherche de leur père, ils vont s'accepter et ainsi continuer un peu plus sereinement.
   
   L'auteur nous emmène en Irlande, dans la région du Connemara, et si le lecteur a envie de connaître enfin le secret de Robert, la fin de l'histoire est un peu trop simpliste.
   
   Maggie O'Farrel raconte l'histoire de ces Irlandais ayant fui la misère du pays, le poids de la religion et des racines. Elle le fait avec des mots sensibles et une écriture en douceur.
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critique par Marie de La page déchirée




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Secrets de famille...
Note :

   J'ai lu avec des fortunes diverses plusieurs romans de cette romancière née en Irlande du Nord. J'en ai aimé certains et d'autres pas du tout ou pas encore lus!
   
   Nous sommes à Londres au mois de juillet 1976, une chaleur inhabituelle règne sur la capitale britannique et le parlement adopte des mesures de restriction de l'eau.
   
   Un matin qui devrait être comme les autres, Robert ne revient pas de sa promenade habituelle. Chose inquiétante, car depuis quelques temps il n'a plus toute sa tête. Gretta, son épouse, se décide à prévenir ses enfants dont nous faisons connaissance a cette occasion. L'aîné,un garçon Michael-Francis, et deux filles, Monica et Aoife, la plus jeune. Celle-ci, enfant très difficile, habite maintenant aux U.S.A. après une période londonienne pour le moins agitée. Michael-Francis et Monica vont tenter de comprendre ce qui s'est passé . Le pourquoi de ce départ? Leurs situations de famille ne sont pas non plus des plus simples.
   
   Michael-Francis s'est marié un peu rapidement et sa belle-famille, des Anglais bon teint ont une piètre opinion des Irlandais surtout quand l'un d'entre eux engrosse leur fille!
   
   Monica, elle, vit avec un homme marié, père de deux enfants qui lui font bien sentir qu'elle ne remplacera jamais leur mère. Ce qui donne une ambiance familiale des plus pénibles à vivre.
   
   Pourquoi Robert a-t-il disparu? Etait-il si heureux que cela? Il semble qu'il ne vivait pas très bien sa retraite et tentait de conserver un horaire très strict comme du temps où il travaillait dans une banque.
   
   Les enfants du couple ont aussi leurs lots de problèmes, problème de couple, d'enfants, les leurs ou ceux de leurs compagnons, Monica vit un peu comme une recluse perdue dans la campagne anglaise, le village l'ignore, elle passe pour une voleuse de mari!
   
   Aoife rentre au bercail, la tension est palpable entre tous, de vieilles rancœurs ressurgissent, Gretta reproche en particulier à Michael-Francis et Aoife d'être très solidaires, se soutenant en toutes circonstances.
   
   Et la chaleur est toujours présente, le parlement légifère et dicte des lois, le gaspillage d'eau sera sévèrement puni...
   
   Et toujours le mystère de la disparition de Robert! La famille échafaude les pires hypothèses, le suicide ou alors le départ avec une autre femme!
   
   La famille Riordan, Irlandais vivant en Angleterre depuis des années, les parents n'ont pas coupé les ponts avec l'île natale, ni pour eux, ni pour les enfants, culture irlandaise à Londres et vacances tous les ans en Irlande.
   
   Des personnages très complexes et des situations familiales pour le moins compliquées pour Michael-Francis et Monica ; quant à Aoife elle cache tant que faire se peut une chose qui, pour elle, est un handicap certain dans sa vie quotidienne! Et les relations entre elle et Monica sont exécrables alors qu'elles étaient très proches durant leur enfance! Les cadavres dans les placards et les fantômes du passé sont nombreux et toujours présents, ce qui ne facilite pas la vie actuelle!
   Il me semble, mais je n'en suis pas très sûr que c'est la première fois que les principaux personnages d'un roman de Maggie O'Farrell sont irlandais!
   
   Un bon roman intimiste, se déroulant sur une courte période, quelques jours en fait, du 15 au 18 juillet 1976, en grande partie à Londres, puis en Irlande.
   
   
   Extraits :
   
   - Aoife a lâché : "V'la t'il pas qu'il est allé foutre une protestante en cloque!"
   
   - Il a disparu? Il ne peut pas avoir disparu. Il est sans doute allé tout simplement..."
   
   - Ni ses amis, ni ses collègues, ni sa famille... surtout pas sa famille. Elle leur a caché et, pendant toute sa vie, garder ce secret s'est révélé une épreuve.
   
   - On dirait que vos parents ont lancé un caillou sur une machine à écrire et ils ont choisi pour votre prénom le mot qui s'inscrivait sur la page.
   
   - Et, comme la plupart des habitants de la rue le savent à présent, monsieur Riordan, au numéro 14, a disparu.
   
   - Elle ne parvient pas à croire qu'ils sont partis. Et qu'ils sont revenus.
   
   - Son père a disparu. Elle a encore du mal à l'accepter, à y croire.
   
   - Mais il n'avait aucune idée de ce que ça représentait être Irlandais en Angleterre à l'époque, à quel point ils étaient détestés, raillés et méprisés.
   
   - Encore aujourd'hui, surtout aujourd'hui, avec ces événements dans tout le pays, les Anglais ne les aiment pas. Ils ne les aimeront jamais.
   
   - Irlandais par le nom et la naissance, anglais par l'éducation. Il était gêné par son accent incertain, consonnes douces gaéliques se mêlant aux voyelles allongées de Liverpool.
   

   Titre original : Instructions for a Heatwave. (2013)

critique par Eireann Yvon




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