Lecture / Ecriture
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Quelques minutes après minuit de Patrick Ness

Patrick Ness
  Ados: La voix du couteau
  Ados: La Guerre du Bruit
  Quelques minutes après minuit
  Libération

Patrick Ness est un auteur britannique né en 1971 aux Etats-Unis.

Quelques minutes après minuit - Patrick Ness

Cauchemar !
Note :

   Illustrations de Jim Kay
   
   
   Conor serait un garçon comme les autres, ne serait la maladie de sa mère, le cauchemar qui envahit ses nuits et ce monstre qui apparaît quelques minutes après minuit, apportant avec lui le vent, la violence, l'obscurité. Il vient chercher la vérité.
   
   Autant l'avouer immédiatement, j'ai pleuré. A la terrasse d'une boulangerie, en attendant de récupérer T., le fidèle destrier, assise à côté d'un paquet de mécanos et de quelques impétrants égarés là comme moi. Moi qui ne pleure (presque) jamais. C'est dire. C'est une histoire de peur, de mort, de ce que coûte parfois la vérité et de ce que coûte toujours la maladie: l'innocence et le bonheur. On ressent ce que ressent Conor, l’ambiguïté des sentiments, la peur, la colère, même et peut-être surtout à l'encontre de ce monstre et de ses histoires.
   
   Petite particularité de ce roman, il a été écrit par Patrick Ness sur une idée originale de Siobhan Dowd, décédée en laissant derrière elle une ébauche et des personnages. Je n'ai pas lu ses romans, et ne ferait donc aucune comparaison avec ce qui aurait pu être. Et peu importe finalement tant ce texte est d'une force, d'une justesse et d'une beauté rare qu'accompagne à la perfection les illustrations de Jim Kay.
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critique par Chiffonnette




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Terriblement attachant
Note :

   C’est bien difficile d’évoquer la maladie, surtout si c’est le cancer et surtout si c’est maman qui est malade. Que peut-on donc bien faire un gamin de 13 ans si ce n’est des cauchemars ? Conor ne peut pas vraiment compter sur son amie d’enfance dont les maladresses le mettent au supplice, ni sur son père, lequel se cantonne plutôt aux abonnés absents ni sur la grand-mère quelque peu brusque et revêche. Conor semble donc bien seul pour affronter son chagrin… jusqu’à l’irruption dans sa vie d’un if monstrueux qui s’est mis en tête de raconter des histoires à ce garçon solitaire… Cette apparition pour le moins surprenante et presque terrifiante permet au récit de trouver sa propre voix et de se démarquer de romans traitant du même sujet.
   
   Quelle drôle d’idée, à la fois macabre et poétique, que la présence de cet arbre fantastique qui non seulement repousse les cauchemars mais livre sa leçon de sagesse sous la forme de trois contes édifiants et empreints d’une certaine subtilité. Comprendre, accepter, mettre des mots sur sa peine, faire son deuil… autant de sentiments ou d’actions enclenchés par la seule présence de ce monstre chevelu et millénaire qui n’est pas la moindre des trouvailles de ce touchant récit.
   
   Décidément, c’est bien en littérature jeunesse que je trouve ces pépites depuis quelques années. J’ajouterai enfin que j’ai été sensible à la préface de l’auteur, lequel évoque le décès de l’écrivaine à l’origine de cette histoire. Un roman terriblement attachant.
   
   PS : Le livre a eu droit à son adaptation ciné.

critique par Folfaerie




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