Lecture / Ecriture
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Mais je fais quoi du corps ? de Olivier Gay

Olivier Gay
  Les mannequins ne sont pas des filles modèles
  Mais je fais quoi du corps ?
  Les talons hauts rapprochent les filles du ciel
  Trois fourmis en file indienne

Olivier Gay est un écrivain français né à Grenoble en 1979.

Mais je fais quoi du corps ? - Olivier Gay

Le meilleur (pour l'instant)
Note :

   Fitz est dealer, un petit qui ne deale que dans les beaux quartiers de Paris, juste pour ses besoins quotidiens. Lorsqu'il va manger chez ses parents le dimanche, pour leur présenter le visage d'un fils idéal, il demande à Déborah, de jouer le rôle de sa copine, ce qu'elle est d'ailleurs de temps en temps. Lorsque Georges Venard, un député très en vue lui demande ce dimanche de le livrer chez lui de quelques grammes, malgré ses principes de ne pas travailler ce jour de la semaine, Fitz accepte, les 500 euros de prime promis aidant à cette décision. Mais lorsqu'il arrive chez le député, la porte reste close, Fitz croise un homme dans l'escalier qui le dévisage. Fitz laisse des messages sur le portable de G. Venard, mais rien n'y fait. Le lendemain, il apprend que le député est mort, soi-disant suicidé. Puis Fitz se fait agresser, reçoit des menaces de mort. Est-ce en lien avec Venard, avec un mari trompé belliqueux, un client ou un concurrent?
   
   Troisième aventure de John-Fitzgerald Dumont dit Fitz, après "Les talons haut rapprochent les filles du ciel" et "Les mannequins ne sont pas des filles-modèles", toutes deux fort réussies, cette troisième l'est tout autant. Plus sombre néanmoins, plus noire. Fitz change et on en est des témoins privilégiés. Dans ce troisième tome, il est moins question de nuits parisiennes, de drague. Fitz se sent très menacé et risque même de perdre ses amis Déborah et Moussah. Pour lui, ils iront au-delà de ce qu'ils pensaient pouvoir faire pour un ami au risque d'exploser leurs rapports. On sourit et on rit un peu dans la première partie, parce que Fitz est quand même un dilettante, un mec plutôt joyeux, puis l'humeur s'assombrit dans la seconde avec quand même quelques saillies d'Olivier Gay comme par exemple : "Une ombre s'interposa devant le néon et je levai les yeux pour croiser un regard dur et froid comme le sexe d'un castor lapon." (p. 275)
   

   Je ne suis pas loin de penser que ce troisième opus est le meilleur de cette série (pour le moment, car la fin laisse présager une suite) : on assiste en direct aux changements des personnages travaillés plus en profondeur, l'intrigue est plus fouillée, plus maîtrisée. La force de ce polar, c'est aussi l'écriture d'Olivier Gay, tour à tour légère puis plus sombre, elle suit ou précède ou colle parfaitement à Fitz. Le petit plus c'est encore de créer un monde très personnel, une équipe de choc : un clubbeur-jet-setteur qui mène la danse, assisté d'une prof d'histoire accro aux rails de coke, un vigile balaise, un hacker invisible (mais qui est esquissé en ouverture et fermeture du livre) avec qui Fitz ne communique que par PC interposé et qui a pris les commandes de celui de Fitz, et l'ex de Fitz, commissaire de police qui n'intervient que pour tenter de le remettre dans le droit chemin.
   
   A la maison, nous sommes deux fervents amateurs des aventures de Fitz, moi-même donc (c'est pas beau de commencer par soi, mais c'est pour laisser un peu de suspense) et mon fils, petit lecteur (c'est un euphémisme) qui l'a apprécié dès sa première apparition, qui a aussi lu la suite et à qui je vais passer sa (momentanée) dernière, je l'ai déjà appâté avec la couverture sans rien lui dire du contenu, sauf que je le trouvais encore meilleur que les autres.
   
   Pour finir, une anecdote de lecteur : comme j'étais ferré, je voulais connaître le dénouement de l'intrigue rapidement, je n'ai donc pas lâché le roman avant d'avoir réponses à mes questions. Et puis, une fois la solution lue, j'ai savouré lentement l'épilogue, posant le livre pour regarder par la fenêtre, pour dire un truc sans importance (si si, ça peut m'arriver) à l'un des enfants ou à Mme Yv, puis je reprenais une page pour rester encore un peu en compagnie de Fitz et de ses amis, pour prolonger les moments passés avec eux...

critique par Yv




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