Lecture / Ecriture
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La forteresse assiégée de Zhongshu Qian

Zhongshu Qian
  La forteresse assiégée

Qian Zhongshu est un écrivain chinois né en 1910 et décédé en 1998.

La forteresse assiégée - Zhongshu Qian

Pendant la guerre sino-japonaise
Note :

   La forteresse en question, comme il se doit, est le mariage, que tous les célibataires sont censés chercher à conquérir et les conjoints à fuir volontiers. De cette métaphore quelque peu excessive Qian Zhongshu présente une vivante image concentrée dans la personne de Fang Hongjian, jeune étudiant chinois parti étudier en Europe, de retour en Chine sur un navire français, le Vicomte de Bragelonne.
   
   L’éducation sentimentale de Fang Hongjian avait débuté en Chine où il avait été fiancé à une jeune fille qui décéda prématurément, ce qui lui valut de bénéficier du financement de ses études à l’étranger par le père de sa fiancée perdue. Fang Hongjian n’est pas un amoureux transi qui s’efforcerait de conquérir le cœur de sa belle, mais un jeune homme moderne qui tente sa chance auprès de différentes jeunes filles, sans rencontrer un grand succès.
   
   Situé dans une époque tragique, la guerre sino-japonaise en 1937, le roman suit les pas de son personnage central de retour au pays, à Shanghai, puis son voyage homérique avec quelques compagnons vers une université provinciale en création où il a obtenu un poste de professeur, il détaille ses déconvenues professionnelles et amoureuses, jusqu’à son mariage final, décidé presque arbitrairement, qui clôt ses aventures sur une rupture brutale.
   
   Cette satire acide nous fait pénétrer dans la société bourgeoise de Shanghai, divisée entre traditionalistes et modernistes, ainsi que dans l’univers conflictuel d’une université en cours de constitution, dont le recteur, petit tyran, allie malhonnêteté et autoritarisme. Le poids de la guerre se fait sentir essentiellement pendant le voyage vers l’université de Sanlü, constamment interrompu par les effets collatéraux des opérations militaires, au cours duquel le petit groupe de professeurs se retrouve à cours d’argent.
   
   Au-delà des intrigues, le roman dresse un tableau imagé de la société chinoise et de ses multiples divisions à une période cruciale de son histoire.

critique par Jean Prévost




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