Lecture / Ecriture
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Comment je suis devenu stupide de Martin Page

Martin Page
  Comment je suis devenu stupide
  Peut-être une histoire d’amour
  L'apiculture selon Samuel Beckett

Martin Page est un écrivain français né en 1975.
Il a également publié des romans d'horreur ou/et de SF sous le pseudonyme de Pit Agarmen.

Comment je suis devenu stupide - Martin Page

"la connaissance rend malheureux, c'est bien connu!"
Note :

   Antoine se sent marginal et surtout malheureux d’être trop intelligent. Il décide donc de devenir stupide. Ses premières tentatives sont des échecs (alcoolisme, suicide …). Il en vient à envisager une lobotomie mais, son ami médecin (en fait son pédiatre depuis qu’il a cinq ans) lui prescrit de l’Heurosac qui est censé lui faire prendre la vie du bon côté. Il devient alors un golden boy dans la société d’un ancien camarade, Raphi, infatué de lui-même. Abandonnant ses anciens amis, Aslee, l’homme phosphore, Ganja, le mangeur d’herbe et buveur de tisane, Charlotte, la lesbienne qui voudrait procréer, et Rodolphe, l’intellectuel contradicteur. Antoine devient riche en réussissant par hasard un coup de bourse extraordinaire par un geste incontrôlé qui lui fait renverser du café sur son ordinateur. Il achète alors un tas de choses inutiles selon le narrateur : voiture, TV, nourriture « fine »… Après l’apparition du fantôme de Dany Brillant (?) et l’intervention de ses anciens amis déguisés en Einsteins, Antoine retrouvera le droit chemin et trouvera l’âme sœur sous la forme d’une jeune fille dans un parc un beau matin.
   
   L’ensemble est un conte sociologique voire anthropologique, l’auteur de 25 ans étant étudiant en cette science.
   
   L’idée – pour pouvoir être heureux, il faut être stupide car la connaissance rend malheureux – est vieille comme le monde et se trouve même dans l’Ecclésiaste, cité dans le roman. Le sujet est traité sur le mode mi-comique, mi-sérieux et se lit agréablement. On reprochera une fin un peu laborieuse voire un tantinet niaise, un flot de citations (défaut de jeunesse) trop important mais parfois, il faut le reconnaître, bien choisies. Il reste de ce livre quelques heures de détente et d’humour. On y retrouve quelque part le Perec des Choses et la fin sent son cinéma Nouvelle Vague (Godard).

critique par Mouton Noir




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