Lecture / Ecriture
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Une histoire de tout, ou presque... de Bill Bryson

Bill Bryson
  Shakespeare - Antibiographie
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  Bill the Kid

William "Bill" McGuire Bryson est un écrivain américain né en 1951.

Une histoire de tout, ou presque... - Bill Bryson

Le paradis de ceux qui veulent savoir
Note :

   Coup de cœur pour tout âge!
   
    "A défaut d'autre chose, les géologues ne sont jamais à court de presse-papiers."
   
   Définitivement, Bryson est grand. Durant trois ans, il a compulsé articles et livres, rencontré des spécialistes, et tout ça pour qui? Nous! Humbles êtres ayant tout oublié de nos cours de physique, chimie, SVT, géologie, si tant est que nous en ayons un jour su ou compris quelque chose. Jetez-vous sur ce (gros quand même) livre de poche, où Bryson vous fera parcourir l'immensément grand (les galaxies...), l'immensément petit (microbes, bactéries et atomes...), les océans, le sous-sol, les forêts et les déserts, pour terminer en feu d'artifice par nous, homo sapiens issu d'une longue lignée, plutôt chanceuse d'être là, et même que ce serait pas mal de faire attention, si nous abusons trop de notre planète.
   
   En plus d'une documentation sans faille, Bryson nous fait profiter d'une pédagogie sans égale pour faire passer la science avec humour. Surtout il sait montrer les tâtonnements, les hasards des découvertes, racontant de passionnantes histoires de scientifiques au caractère parfois spécial.
   
    Juste quelques exemples montrant que Bryson sait faire passer les sujets les plus ardus:
   
   Le big bang
    "Nous avons tous fait l'expérience des perturbations dues à la radiation cosmique fossile. Allumez votre télévision sur n'importe quel canal qui ne capte pas de chaîne : environ 1% de la neige que vous voyez danser sur l'écran est dû à ce reliquat du big bang. La prochaine fois que vous vous plaindrez qu'il n'y a rien à la télé, rappelez-vous que vous pouvez toujours regarder la naissance de l'univers."

   
   Le nombre d'Avogadro
    "Il équivaut au nombre de grains de pop corn nécessaires pour enfouir les États-Unis sous une couche épaisse de 12 km."

   
   Les électrons
    "Quand vous vous posez sur une chaise, vous n'êtes pas réellement assis, vous lévitez au-dessus à la hauteur d'un angström (un cent-millionnième de centimètre), vos électrons et les siens s'opposant formellement à toute tentative d'intimité plus rapprochée."

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critique par Keisha




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Réponse à tout
Note :

   Voilà le livre qui va vous réconcilier avec les sciences si vous n’avez pas la fibre rationnelle. Pour tous les autres, ça va être un régal.
   
   Bill Bryson est américain mais il a ce détachement dans l’écriture propre aux britanniques, un humour pince-sans-rire qui désamorce le sérieux de l’affaire.
   Car tout y est… ou presque. De l’infiniment grand, démesure du cosmos qui dépasse grandement l’entendement de notre pauvre petit cerveau de primate jusqu’à l’infiniment petit qui, pourtant à l’opposé, donne le même vertige de mensurations que l’on ne peut admettre.
   
   Du Big Bang à la prochaine extinction massive des espèces présentes (500 disparaitraient chaque semaine) à laquelle nous ne sommes pas étrangers, Bill Bryson passe tout en revue par le prisme de ceux qui ont fait ces découvertes. C’est ce qui rend le livre vivant, passionnant, bien loin de traités abscons, obscurs, savants.
   
   On se rend alors compte que les chercheurs, les découvreurs sont, comme ces artistes maudits, ignorés de leur vivant et que souvent d’autres moins scrupuleux viennent leur voler leur idées. Le monde de la recherche est une jungle. Trop en avance, ils heurtent les idées de l’époque. Mais gare à ceux qui, trop idéalistes, laissent passer leur chance ou, peut-être pire, dont les découvertes sont corrompues par de plus opportunistes. On se chamaille aussi beaucoup entre savants. De grands enfants, je vous dis.
   
   Il n’est nul besoin de recourir à des effets de prodigieux pour captiver l’auditoire : tout est démesuré. Ainsi il faut savoir que nous sommes bien fragiles, à la merci de météorites détruisant tout sur son passage, de rayons cosmiques invisibles mais sacrément déstabilisant, sans parler de virus qui pourraient prendre le pouvoir en deux temps trois mouvements.
   
   On croit tout savoir sur tout. En ouvrant ce recueil, on s’aperçoit avec effroi que la seule chose que l’on sait parfaitement c’est notre ignorance.
   
   Tout bouge tout le temps : la lune s’éloigne de notre planète à raison de 3m75 chaque année. Lent divorce qui nous laisse quand même suffisamment de temps pour admirer notre satellite et les intentions parfois coupables qu’on lui prête.
   
   Les continents eux-mêmes sont de vrais tapis roulant à l’allure où poussent nos ongles. A l’échelle du Temps, cela a toutefois permis à l’Amérique de s’éloigner de l’Afrique de la valeur d’un océan tout de même et à l’Inde de pousser l’Himalaya vers le ciel.
   
   Ce bouquin est un véritable livre des records. Qu’on s’en rende compte :
   Il existe juste 92 éléments naturels sur terre, pas un de plus. Le plus rare : le francium. Je confirme, puisque, pas plus que vous sans doute, je ne me doutais de son existence avant de l’avoir découvert au détour d’une page riche en révélations.
   
   1385 millions de mètres cubes d’eau sont disponibles sur notre planète mais que cela ne nous enjoigne pas à la gaspiller comme nous le faisons car moins de 3% est potable, que 90% de ces 3% sont difficiles à récupérer et qu’il n’est pas possible de rajouter une seule goutte à l’ensemble.
   
   Un orage contient autant d’énergie que peut en consommer le territoire des Etats-Unis peu réputé pour sa pondération en toutes choses. Multipliez cela par 1800 décharges mondiales à chaque instant, vous aurez une légère idée de ce qu’entendait Albert Einstein dans son équation e=mc² (la quantité d’énergie contenue dans la matière est considérable).
   
   Il y a plus de combinaisons possibles d’acides aminés pour constituer une protéine que d’atomes dans l’univers, j’ai bien dit Atomes et pas simplement d’étoiles - là déjà, on a une vague idée de l’infini : cent milliards de galaxies multipliés par deux fois plus d’étoiles dans chacune d’elles.
   
   Vous l’aurez compris, la naissance de la vie tient du miracle et votre présence sur cette terre parait bien improbable. Vous n’imaginez pas quelle chance vous avez, alors ce n’est pas la peine d’en faire un fromage lorsque vous ratez votre bus ou que votre nouvelle coupe de cheveux ne vous convient pas.
   
   Nos cellules ont en moyenne une vie de quelques mois, à peine une semaine pour celles de la bouche : si vous vous brûlez la langue, la douleur disparaitra avant le weekend. Globalement, notre corps se régénère tous les neuf ans; cellulairement parlant nous sommes tous des gamins.
   
   Bryson a cette faculté rare chez nos chers scientifiques de parler notre langue. Et même s’il prend un certain plaisir à écrire en tous chiffres les puissances de dix, au moins ne s’évertue-t-il pas à les noter en toutes lettres.
   
   Bien sûr, si vous cherchez la réponse au pourquoi votre ordinateur plante sans arrêt et comment régler une bonne fois pour toutes cette fuite sous l’évier, vous n’obtiendrez pas ici le moindre indice. Pour tout le reste, c’est parfait.

critique par Walter Hartright




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