Lecture / Ecriture
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La source cachée de Hella S. Haasse

Hella S. Haasse
  Le génie du lieu
  Les seigneurs du thé
  Les routes de l'imaginaire
  Un long week-end dans les Ardennes
  En la forêt de longue attente
  Des nouvelles de la maison bleue
  La source cachée

Hélène Sérafia Haasse, dite Hella S.Haasse.
Auteur néerlandaise, née en 1918, décédée en 2011

La source cachée - Hella S. Haasse

Sortilèges de la maison Haasse
Note :

   Cette Source cachée de la grande Hella S. Haasse est un livre qu'elle publia aux Pays-Bas en 1950. Petit bouquin de 140 pages, La source cachée s'avère bien cachée, un peu trop à mon gré. Il faut pas mal s'accrocher aux broussailles, s'investir dans les sentiers, se perdre dans des fragrances qui semblent parfois trop exotiques. Mais ça n'est pas sans beauté. L'héroïne de "La source cachée" est la maison Breskel, au cœur des bois et devant laquelle Jurjen, convalescent, tombe, en extase, presque en pâmoison, alors que l'heure est à la liquidation de cette propriété familiale. Se replongeant dans les arcanes de la belle bâtisse secrète et ignorée, il va chercher à percer le mystère d'Eline, mère de sa femme Rina et disparue depuis l'enfance de cette dernière.
   
   La première partie est un long poème, une ovation à cette maison, écrite de manière sensuelle et tellurique, sacrée et onirique. Manifestement du beau travail d'écrivain mais j'en ai trouvé l'homme absent en quelque sorte. Ou tout au moins un peu éloigné. Et si Hella Haasse, très haute figure de la femme en littérature, avait composé ces lignes superbes en faisant de la maison Breskel une femme, susceptible d'impressionner, certes un homme, Jurjen, en fragilité et mal dans sa vie, mais, plus encore les femmes en général. Je n'ai jamais écrit cela d'aucun autre roman mais je vois "La source cachée", romanesque à souhait mais aussi déterminé, comme une œuvre maîtresse dans les deux sens du terme, où le rôle de la femme est absolument majeur y compris du côté lectorat.
   
   Le seconde partie, pour moi, se perd un peu dans les méandres des papiers de famille, des documents divers que retrouve Jurjen et parmi lesquels j'ai été aussi à l'aise que dans la salle des archives d'un notaire. Sauf pour les dessins sauvés du bûcher et qui conduiront cet homme à une étrange communion-communication avec cette femme inconnue. J'ai cru comprendre que Jurjen cherchait par là même à se réinventer, par ces souvenirs qui ne sont pas les siens, voire à repenser sa vie de couple avec Rina. Cela m'a semblé manquer un peu de simplicité.
   
   Pourtant il y a bien eu pour moi un sort jeté par la maison Breskel, très différent. Ne l'ayant pas trouvé je l'ai commandé par la toile. On m'a envoyé par erreur un livre pour enfants. J'ai contesté et ai commandé ailleurs, d'occasion, ça m'arrive et je n'avais pas à m'en plaindre à ce jour. Mais les petits bouquins vieillissent mal et "La source cachée" m'est arrivé tout dépareillé. Troisième coup du sort , plus grave, je m'y suis trouvé certes au bord de la fontaine d'Aréthuse , mais parfois sur les rives du fleuve ennui, fleuve côtier puisqu'assez court mais somme toute décevant.

critique par Eeguab




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