Lecture / Ecriture
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Calibre 16 mm de Jean Bernard Pouy

Jean Bernard Pouy
  La petite écuyère a cafté
  Spinoza encule Hegel
  A sec (Le retour)
  1280 âmes
  RN 86
  Cinq bières, deux rhums
  Le rouge et le vert
  Démons et vermeils
  Samedi 14
  Liliane, fais les valises
  Rémy Cooghe, combat de coqs en Flandre
  Calibre 16 mm
  Sous le vent
  Le Bar parfait
  S63
  La Belle de Fontenay

Jean-Bernard Pouy, né en 1946, est l'auteur de plus de soixante-dix romans noirs (dont onze à la Série Noire) et d'une centaine de nouvelles, directeur et créateur de collections.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Calibre 16 mm - Jean Bernard Pouy

Film d'art et décès
Note :

   Vincent Cortal est un paisible jeune retraité de l'éducation nationale qui, depuis la mort de sa femme, pour être honnête, s'emmerde un peu. Convoqué chez un notaire, à sa grande surprise il hérite de Matilda Rosken. En faisant appel à ses souvenirs lointains, il l'a fréquentée trente ou quarante années auparavant, lorsque cinéphiles très avertis, ils visionnaient des films expérimentaux. Films que Matilda a gardés et dont Vincent hérite. L'os dans cette histoire, c'est que Matilda a été torturée et tuée sans doute à cause de ces bobines... Le jour où Vincent se sent suivi, l'héritage devient lourd.
   
   Quand on aime JB Pouy, on ne s'en lasse pas. D'abord, il a la bonne idée d'écrire des textes courts qui ne font pas dans le superflu. Dans cette collection Polaroïd de In8, on est plutôt dans la nouvelle ou le court roman (62 pages). Ensuite, son langage est direct, franc, imagé et souvent teinté ou nimbé d'humour et d'ironie. Quelques piques ça et là aux politiques (pas forcément ceux de droite) : "Longtemps après, transporté en soins intensifs, un interne, avec tout à fait la gueule de Dr House, m'a détaillé, dans un brouillard épais comme un discours de Mélenchon, l'état des lieux."(p.33), aux décideurs de tout poil qui décident donc, mais en dépit du bon sens.
   
   Dans "Calibre 16 mm", bienvenus dans le monde du cinéma expérimental, déjanté dont JB Pouy est amateur (d'après la 4ème de couverture qui précise également que lui-même s'y est essayé). Un monde qui m'est totalement étranger, même si Madame Yv me dit parfois que ce que je regarde est bizarre. Sortent du chapeau de l'auteur des noms de cinéastes et des titres de films totalement inconnus : Piero Heliczer, Gerard Malanga ou James Whitney et son film Lapis (que vous pouvez voir, comme je l'ai fait, en cliquant sur le net) : "James Whitney avait mis un temps infini pour exciter chimiquement des centaines de points, de sels minéraux, sur chaque photogramme vierge, vingt-quatre par seconde, donc il faut imaginer les heures et les jours, les mois et les années passées pour organiser un magma et un chaos pointillistes en, petit à petit, un magnifique mandala." (p.28). Ces personnes que JB Pouy cite existent ou ont existé, et il transmet sa passion pour cet art et nous donne envie de les découvrir, au moins de connaître un peu le parcours de ces artistes qui ont beaucoup gravité autour de Andy Warhol.
   
   Et l'intrigue, me direz-vous? Eh bien, elle monte, elle monte, tranquillement, Vincent se fera tabasser par des mastards, résidera à l'hosto et renouera avec son fils, Gilbert, perdu de vue depuis le décès de sa femme et qui évolue dans le foot, un domaine que Vincent ne connaît ni n'apprécie et vice-versa en ce qui concerne le cinéma expérimental et Gilbert. Bon, perso, le cinéma, le foot, débrouillez-vous, je n'y connais rien et ces multimillionnaires en short ne me font pas vibrer. Tout juste réussissent-ils à me dégoûter... Je crois que même un polar dans ce milieu, je ne le lirai pas, à moins que JB Pouy ne s'y colle?

critique par Yv




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