Lecture / Ecriture
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Sanditon de Jane Austen

Jane Austen
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  Mansfield Park
  Northanger Abbey
  Les Watson
  Du fond de mon cœur - Lettres à ses nièces

Jane Austen est née en Angleterre en 1775 d’un père pasteur.
On sait très peu de choses de son assez courte vie : Qu’elle a toujours écrit et voulu écrire, qu’elle resta demoiselle, vécut d’abord avec ses parents et sa sœur, puis sa mère et sa sœur, puis sa sœur seulement et succomba finalement à 41 ans après une longue maladie que les diagnostics de la médecine moderne supposent maintenant avoir été la maladie d’Addison (forme d’insuffisance des glandes surrénales).
Elle connut le succès littéraire de son vivant et fut appréciée aussi bien du grand public que de la famille royale ou de grands écrivains comme Walter Scott. Depuis, nombreux sont les grands écrivains qui ont encore succombé au charme de son écriture, comme Virginia Woolf et Vladimir Nabokov, pour ne citer qu’eux.

* Karen Joy Fowler également a beaucoup parlé de Jane Austen dans son roman "Le club Jane Austen" (fiche sur ce site)

Sanditon - Jane Austen

Un bel hommage
Note :

   Le dernier roman de Jane Austen a été laissé inachevé en raison de la mort prématurée de l'auteur. Il raconte l'histoire de Charlotte Heywood, jeune fille issue d'une famille nombreuse, qui est invitée par Mr et Mrs Parker à venir passer des vacances avec eux dans la station balnéaire dans laquelle Mr Parker a investi, Sanditon. Là-bas, elle fait la connaissance de Lady Denham, l'associée hautaine de Mr Parker, qui vit avec sa protégée, la mystérieuse Miss Brereton. Lady Denham a également un neveu, Sir Edward, et une nièce, qu'elle soupçonne de vouloir hériter de sa fortune. Charlotte est vite exaspérée par Sir Edward, qui passe son temps à tenter de faire de l'esprit en citant de façon inappropriée les auteurs à la mode. En revanche, à la grande surprise de Miss Heywood, Miss Brereton semble être charmée par Sir Edward et ne pas percevoir sa bêtise.
   
   Mais le plus intéressant pour Charlotte, c'est lorsque les frères et soeurs de Mr Parker viennent à Sanditon. Les deux Miss Parker sont hypocondriaques, et passent leur temps à répéter qu'elles sont à l'article de la mort, ce qui influence leur plus jeune frère, Arthur, qui s'écoute également beaucoup. Si Mr Parker plaint sincèrement ses soeurs et son jeune frère, Sidney Parker,son autre frère, se moque affectueusement de l'attitude quelque peu ridicule des membres de sa famille. Très vite, Charlotte est séduite par ce jeune homme sûr de lui, plein d'audace et d'humour. Cependant, elle pense n'être qu'une personne agréable à ses yeux, et est jalouse de Miss Brereton qui retient particulièrement l'attention de Sidney. Lorsque arrive à Sanditon un ami de Sidney, dont le coeur est brisé par un amour malheureux, c'est à la délicatesse de Miss Brereton que Sidney se fie, certain de ses capacités à le consoler.
   
   Le roman a été achevé par une romancière anonyme, qui s'est servie des notes laissées par Jane Austen ainsi que de ses autres romans. Si l'histoire de Sanditon possède des côtés un peu farfelus qui ne seraient selon moi pas apparus dans un roman de Jane Austen, on retrouve bien l'humour plein de piquant de cette dernière ainsi qu'une histoire d'amour qui fait rêver.
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critique par Lilly




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Roman inachevé
Note :

   Sanditon est le dernier roman de Jane Austen, tellement le dernier qu’il est en fait inachevé. Une version existerait, terminée par une anglaise. En ce qui me concerne, c’est bien de la version inachevée qu’il s’agit, écrit entre janvier 1817 et mi-mars de la même année.
    « Un gentleman et une dame, qui venaient de Tonbridge et se dirigeaient vers cette partie de la côte du Sussex qui s’étend entre Hastings et Eastbourne, avaient été amenés pour affaires à quitter la grand-route et à se risquer sur un chemin très difficile ; leur voiture versa tandis qu’elle en gravissait la longue côte, faite moitié de pierres et moitié de sable. L’accident se produisit juste après la seule maison gentleman qui se trouvât près du chemin – une maison que leur cocher, à qui l’on avait tout d’abord enjoint de prendre cette direction, s’était imaginé être nécessairement le but de leur voyage et qu’il avait, bien à contrecoeur, été contraint de dépasser. »
   
   Ce gentleman et sa dame donc vont faire la connaissance de la famille Heywood à l’occasion de cet accident, et soignés par eux, ils emmèneront à titre de remerciements, Charlotte Heywood dans leur petite ville côtière dont ils sont les acharnés promoteurs. Un ancêtre caché des promoteurs de station balnéaire pour le moins ! Il s’agit de M. et Mme Parker, et la petite ville balnéaire, c’est Sanditon.
   
   Nous découvrirons Sanditon et sa faune pittoresque et réduite par les yeux de Charlotte, jeune fille, Dieu merci, pas irrémédiablement cucul !
   
   Petites misères de relations humaines étriquées, de manoeuvres promotionnelles pitoyables, la gamme est assez large. Il faut se souvenir que ceci fut écrit au tout début du XIXème, par une auteuse et que le monde, la connaissance qu’on en avait, n’était pas ce qu’il est maintenant.
   On ne s’ennuie pas dans la mesure où les petits évènements et les petites mesquineries sont bien sentis par Charlotte. Ca nous évite d’avoir à rentrer dans la peau d’une bécasse !
   L’écriture n’est pas légère-légère et la manière d’amener les évolutions de situation est parfois un peu lourde. Mais ça reste plaisant.
   
   Et le fait qu’il soit inachevé me direz-vous ? Ce n’est pas dramatique, on est en fin d’un chapitre mais il est vrai qu’il est impossible d’imaginer vers quelle fin voulait se diriger Jane Austen. Autant le lire inachevé à mon sens pour ne pas trahir l’oeuvre.
    ↓

critique par Tistou




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Sanditon, un roman achevé par une autre dame
Note :

   Dernière œuvre inachevée de Jane Austen, ce roman a été repris tel quel dans l'édition complète Omnibus, Sanditon s'achevant au chapitre 12.
   
   Mais voilà, les éditeurs anglais demandèrent à une romancière de poursuivre la tâche entreprise par Jane Austen. Cette romancière a préféré garder l'anonymat, et c'est donc la version terminée que l'on trouve dans cette édition de poche.
   
   J'ai fait une petite recherche sur le web, cette anonyme est probablement Juliette Shapiro. Cette auteur a déjà écrit des suites ou variations aux œuvres de Jane Austen, notamment "Orgueil et Préjugés".
   
   Il est certain que le roman tranche un peu sur le reste de l’œuvre, mais il se rapproche néanmoins d'"Orgueil et Préjugés" sur plusieurs points.
   
    L'histoire est relativement mince, une jeune fille sensée, Miss Charlotte Heywood, vient passer l'été dans une station balnéaire, que ses hôtes, la famille Parker, aimeraient mettre à la mode. Elle assistera par la même occasion aux manigances des uns et des autres destinées à favoriser une histoire d'amour contrarié.
   
    Les Parker sont assez originaux. M. Parker a 2 frères et 2 sœurs, perpétuellement occupés à se mêler de la vie d'autrui, et tous sincèrement persuadés que leur santé délicate est une malédiction. En fait d'ennuis de santé, c'est plutôt l'ennui et le désœuvrement qui sont la cause de ces maux imaginaires. Seul le second frère, Sidney, se démarque de sa famille. Il est séduisant, spirituel, intelligent et Miss Charlotte Heywood ne tarde pas à tomber amoureuse.
   
    Une galerie de personnages secondaires, fort réjouissants, vient se mêler à la famille Parker. La tyrannique Lady Denham, que l'on pourrait comparer à Lady Catherine de Burgh*, les demoiselles Beaufort, bavardes et insipides, toujours en quête de galants, et surtout le pompeux Sir Edward, dont les lectures à l'eau de rose ont enflammé l'esprit, qui ne cesse de citer des vers à tout propos, et n'a d'autre but que d'enlever une demoiselle, idée puisée dans les romans à 4 sous qu'il dévore. Il pourrait s'apparenter sans peine au personnage de M. Collins*.
   
    Au niveau de l'écriture et de la narration, on pourra déceler des différences entre Jane Austen et la mystérieuse romancière, surtout au niveau des dialogues, de même que le sujet du roman est sans doute le plus léger de toute son œuvre, mais j'ai pris du plaisir à cette lecture tout simplement parce que c'est très drôle, et que Sanditon n'a pas d'autre but que de divertir. Je reconnais bien volontiers que le personnage de Charlotte Heywood, un peu trop moralisateur, peut agacer. Charlotte n'a ni le piquant, ni la sagesse ou le charme d'Elinore, d'Elisabeth ou d'Anne. Et puis les intrigues amoureuses échafaudées autour de la belle Clara m'ont parues un peu alambiquées et confuses.
   
    Même si l'exercice n'est pas une brillante réussite, on ne peut que se réjouir de cette continuation dans la mesure où "Sanditon" promettait d'être un très bon roman, et que c'est assez frustrant de se contenter de 11 ou 12 chapitres.
   
   * "Orgueil et Préjugés"

critique par Folfaerie




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