Lecture / Ecriture
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L'abandon du mâle en milieu hostile de Erwan Larher

Erwan Larher
  Autogenèse
  L'abandon du mâle en milieu hostile
  Entres toutes les femmes
  Le livre que je ne voulais pas écrire

L'abandon du mâle en milieu hostile - Erwan Larher

Jubilatoire et néanmoins immarcescible
Note :

    "Mais, à dire vrai, la gent féminine ne m’intéressait pas, ne m'avait jamais intéressé, et réciproquement. Je mettais leur indifférence à mon égard sur le compte de leur frivolité naturelle, de leur goût du superficiel, du clinquant. Or j'avais encore un peu d'acné, des lunettes, des bonnes notes et une collection de timbres - pas exactement un mâle dominant."
   
    Études de droit, affiliation aux Jeunes Libéraux, famille de la bonne bourgeoisie dijonnaise, une vie déjà placée sur des rails prévisibles.
   
    Sauf que le héros narrateur est fasciné par son contraire; elle fréquente des punks, assiste à des concerts débordant de décibels, elle est rebelle, sûre d'elle et inaccessible. Pourtant elle va le remarquer.
   
   Histoire d'amour improbable et passionnée au début des années 80 (pour ceux qui auraient oublié, c'est la gauche au pouvoir épisode 1).
   
    Rassurez-vous, avec Erwan Larher aucun risque de tomber dans la guimauve. Son héros hypersensible mais généreux en auto-dérision s'exprime dans un journal personnel, le premier tiers est purement jubilatoire, mais les nuages s'accumulent, "Il va bien falloir que j'en parle", et le narrateur va découvrir l'inimaginable. Il va salement souffrir, et s'interroger sans trouver de réponses.
   
   Un roman à la fois drôle et poignant, que j'ai lu presque d'un souffle, mais un peu sonnée, et m'obligeant donc à un arrêt pour reprendre haleine et aussi en profiter plus longtemps. Erwan Larher, après «Qu'avez vous fait de moi» et «Autogenèse», confirme son talent non formaté et son choix de thèmes originaux; impossible de deviner où il va emmener son lecteur.
   
   Note : à relire mes billets sur les romans précédents, je note que mes avis ne varient pas trop, avec dedans "original","personnel", "jubilatoire", "auto dérision". En revanche le mot "immarcescible" que je réclamais est présent cette fois dans le roman. Mon bonheur ne sera cependant complet qu'en lisant la suite d'Autogenèse!
   
    L'auteur a concocté des petits films pour évoquer l’atmosphère du livre. Douze exactement. Vous pouvez les retrouver sur le Net.

critique par Keisha




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