Lecture / Ecriture
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Andromaque de Jean Racine

Jean Racine
  Andromaque

Jean RACINE est un auteur dramatique français né en 1639 et décédé en 1699.

Andromaque - Jean Racine

Un polar antique
Note :

   Oreste, amoureux d’Hermione, revient en Epire après un long exil, pour retrouver son ami Pylade et déclarer une nouvelle fois sa flamme à la princesse. Or Pyrrhus, maître des lieux, garde prisonnière Andromaque, la veuve d’Hector, tué, on le sait par le père de Pyrrhus, Achille et dont il est l’amoureux transi. Mais Andromaque le dédaigne et c’est par dépit amoureux que Pyrrhus s’apprête à épouser Hermione au grand dam d’Oreste qui voit en ce mariage, une provocation personnelle, une façon de lui ravir la place :
   
   Non, non ; je le connais, mon désespoir le flatte :
   Sans moi, sans mon amour, il dédaignait l’ingrate ;
   Ses charmes jusque-là n’avaient pu le toucher :
   Le cruel ne la prend que pour me l’arracher.(737- 740)

   
   Mais au dernier moment, subissant le chantage au sujet de la liberté ou de l’exécution de son fils, Andromaque accepte l’union avec Pyrrhus. Ce qui met Hermione en colère qui, profitant de l’amour d’Oreste veut empêcher ce mariage en faisant tuer Pyrrhus et fait subir pour cela un autre chantage sur Oreste :
   
   Doutez jusqu’ à sa mort d’un courroux incertain :
   S’il ne meurt aujourd’hui, je puis l’aimer demain. (1199-1200)
   

   Mais c’est sans compter sur les passions qui animent les uns et les autres qui ne cessent de les inciter à s’engager puis à se raviser, désirer une chose pour la repousser ensuite. Nous sommes en plus, juste après la guerre de Troie et l’union Pyrrhus – Andromaque est des plus malvenues.
   
   Racine montre que la passion amoureuse passe au-delà des intérêts politiques. Pyrrhus, épousant celle que son père a faite veuve, n’est pas loin de Richard III qui épouse sa belle-sœur après en avoir tué les enfants et le mari.
   
   On dit que le dramaturge n’utilisait que deux mille mots. Il réussit néanmoins à faire que ses vers coulent de source, que ses propos sont d’une limpidité rare dans une règle des trois unités respectée.
   
   Au programme lorsque j’étais en 3ème j’étais bien sûr passé à côté de tous les aspects de la pièce, si tant est que je l’ai lue une seule fois. Je ne regrette pas de l’avoir lue vraiment cette fois. Je serais assez partisan de présenter la tragédie classique comme un polar ou un thriller.

critique par Mouton Noir




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