Lecture / Ecriture
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Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne

Jules Verne
  Paris au XXe siècle
  De la terre à la lune
  Michel Strogoff
  Le tour du monde en 80 jours
  Le Château des Carpathes
  Autour de la lune
  Sens dessus dessous
  Voyage au centre de la terre
  Dès 09 ans: Une fantaisie du docteur Ox
  Vingt mille lieues sous les mers
  V comme: Les enfants du Capitaine Grant
  Ados: Michel Strogoff
  Ados: En Magellanie
  Un prêtre en 1839

Jules Verne est un écrivain français né en 1828 à Nantes et décédé en 1905.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le tour du monde en 80 jours - Jules Verne

"...où jamais le soleil ne se couche..."
Note :

   C'était ma première incursion dans l'univers de Jules Verne, à ma grande honte car, comme Les trois mousquetaires, c'est le genre de livre qu'on lit très jeune et je rougis à chaque fois que quelqu'un cite ses lectures d'enfant et que je ne m'y retrouve pas. Cependant, d'une certaine façon, on peut rapprocher Verne de l'univers de Tintin, du moins en ce qui concerne les "voyages extraordinaires" d'où est issue cette série et là, au moins j'ai eu ces lectures.
   
   Phileas Fogg, un gentleman anglais décide sur un pari de faire le tour du monde en 80 jours. Il sera accompagné tout le long de son serviteur, Passepartout qu'il a engagé le jour même et vivra mille aventures à rebondissements multiples.
   Ce qui frappe d'abord chez Verne, c'est la simplicité et la tenue de la narration. En bon lecteur de journaux scientifiques, l'auteur passe d'un paragraphe à l'autre avec le brio des grands rationnels et des admirateurs de la fameuse "concaténation" d'Edgar Poe. L'introduction, dès le départ d'un vol évoqué au Club de Fogg, permet toutes les suppositions et les malentendus qui justifient la présence de l'inspecteur Fix de Scotland Yard. De même le voyage se déroule en utilisant tous les moyens de transport imaginables à l'époque : chemin de fer, éléphant, divers bateaux à voile et à vapeur, traîneau à voile sur la neige aux Etats-Unis. Parallèlement, le lecteur est embarqué parmi les colonies anglaises de l'empire victorien: Inde, Hong Kong...où chaque pays offre l'occasion d'une description ethnologique sur ses moeurs et coutumes (barbarie de certaines pratiques superstitieuses en Inde où l'on délivre la belle Mrs Aouda, discours Mormon à bord d'un train) mais aussi où l'on montre l'évolution des nouvelles technologies : rapidité des bateaux américains, importance de la voie ferrée (Railway Road) reliant l'est et l'ouest des Etats-Unis, gain de temps qu'offrent les percements de canaux comme Suez ou les ponts suspendus, qui ajoutent à l'aventure.
   
   Au milieu de ces aventures, évoluent des personnages fortement typés, au nom sans équivoque. Phileas Fogg, l'instigateur du voyage est le type même du gentleman anglais impassible qui se sort toujours des situations avec phlegme et perspicacité. On le dote néanmoins d'un grand humanisme, défenseur de la veuve et de l'orphelin, fidèle à son honneur et ses convictions. Passepartout quant à lui est un Français hâbleur mais sportif, dynamique, entier faisant montre d'un humanisme égal à son maître bien qu'exprimé différemment. La belle Indienne, Aouda représente la femme moderne dans une Inde archaïque que la civilisation britannique tente de rendre à la raison. Mrs Aouda a d'ailleurs reçu une éducation anglaise. Çà et là, Jules Verne fait l'apologie du colonialisme, ce qui le rapproche une fois encore d'Hergé. Fix, le détective, fort de son devoir, poursuit Fogg jusqu'au bout du monde et l'on doute parfois que Scotland Yard va payer toutes ses notes de frais! Le roman repose sur le suspens durant lequel Fogg, n'exprimant aucun sentiment, d'un calme tout anglais, risque sa ruine pour quelques minutes de retard. Mais là encore la fin du récit offre bien des rebondissements.
   
   Voilà donc un univers romanesque à la fois désuet et plein de charme. Tout adulte que je suis devenu, j'ai toujours cette approche fraîche d'un roman que je n'ai pas lu, et finalement mon inculture de jeunesse, se nourrit de cette fraîcheur, de cette candeur voire de cette naïveté. Donc je fus absolument passionné par cette lecture de Jules Verne.
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critique par Mouton Noir




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L’éléphant et la mangouste
Note :

   Comme je l’ai déjà dit, j’aime bien lire Jules verne mais pour être précise, alors que certains cherchent d’abord en lui le prophète, moi j’aime surtout les erreurs: ces délires qui se sont révélés totalement irréalistes, fous donc et poétiques, tels les modalités du voyage vers la une ou a contrario, au centre de la terre.
   
   "Le tour du monde en quatre-vingts jours" est d’une autre veine. Au contraire des aventures que je viens d’évoquer, il est devenu en deçà de ce que nous vivons maintenant et le récit ne quitte jamais complètement les limites du possible (malgré quelques scènes très peu vraisemblables, je vous l’accorde, comme le sauvetage de Mrs Aouda par Passepartout).
   
   Par contre, ce qui est toujours aussi kitsch, c’est la psychologie des personnages! Nous avons ici le célébrissime et impassiblissime Anglais Philéas Fogg et son épagneul: le tout dévoué Passepartout, le Français (je ne sais pas l’idée que Verne se faisait de ses compatriotes mais il ne leur réserve pas les rôles d’intellectuels; musclés, francs, courageux oui, mais rien dans le crâne). La lady si… lady (et bien peu exotique pour une Indienne) et les divers personnages secondaires tous bien calés dans leurs rôles convenus. Toutes ces conventions outrées ont pris du charme maintenant que, les ans ayant passé, elles se montrent à nous comme ces photos sépia ou les films à manivelle
   
   Et puis, parce qu’il ne peut pas s’en empêcher, Verne a encore été précurseur ici:
   Dans la scène des éléphants. On apprend que certains éléphants sont élevés pour être des "éléphants de combat" et que pour les rendre plus agressifs, on leur fait suivre un régime "de sucre et de beurre". Force est de constater aujourd’hui que les recherches menées dans le domaine de l'alimentation (humaine -eh oui, les éléphants de combats ont été remplacés par d'autres babioles moins chatoyantes) ont confirmé qu’une alimentation riche en graisses et en sucres entraînait une augmentation de l’agressivité.
   
   Et parce qu’il ne peut pas s’en empêcher non plus, il m’a involontairement fait sourire lorsque qu’il évoque la dégustation de ce fruit exotique délicieux qu’est la mangouste! Alors moi, vous me dites "mangouste" et je vois une espèce de suricate capable de tuer des cobras s’il le faut, mais par contre, je m’imagine mal en train de l’éplucher ou de la déguster à la cuiller. Quelques recherches m’ont amenée à penser que Verne parlait certainement du mangoustan. Il reste deux solutions, soit on lui donnait un autre nom à l’époque, soit sa documentation a trahi l’auteur, ce qui pouvait bien arriver aussi.
   
    Bref oui, j’ai encore pris beaucoup de plaisir à lire notre Jules national et je persiste à dire que vous devriez le lire.

critique par Sibylline




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