Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Oh, my dear ! de T.J. Middleton

T.J. Middleton
  Oh, my dear !

Oh, my dear ! - T.J. Middleton

Humour sordide et thrillerisant
Note :

   Voilà un roman qui m'intriguait à sa sortie ; j'ai de suite aimé la couronne mortuaire (dont les fleurs blanches feraient d'ailleurs davantage penser à un mariage - sans doute pas un hasard), le titre et l'idée de départ.
   
   Al Greenwood, la cinquantaine, n'en peut plus de sa femme Audrey. Si bien qu'au lieu de jeter les voiles, d'envisager un divorce bien classique, il décide plus simplement de la supprimer. Avec une technique infaillible : en la poussant du haut d'une falaise, un jour de tempête où personne ne risque de se trouver dehors. Manque de chance, en rentrant chez lui, il trouve sa chère et tendre en train de l'attendre de pied ferme, sous le coup d'un sursaut étrange de sa libido. Dès lors Al ne contrôle plus rien : Miranda, dont il est le père naturel, a disparu le même jour et portait un ciré jaune, comme celui d'Audrey. Serait-ce sa propre fille qu'il a assassinée ?
   
   "Oh, my dear!" est un roman différent de ce que j'avais pu imaginer en lisant le résumé de l'éditeur. Je m'attendais à un petit concentré d'humour noir, comme nos amis anglais en sont si friands. Certes, l'humour est là, mais c'est finalement davantage un roman à suspense. Les personnages ont tous un petit côté fêlé et presque tous auraient quelque chose à cacher. Chantage, menaces, mensonges, quelques bagarres, manipulation, voilà de quoi sont faites les relations entre les protagonistes. Et Al est loin d'être le seul à envisager les solutions les plus radicales à ses problèmes.
   
   Un roman qui se lit facilement (même si je l'avais laissé traîner pendant deux semaines, j'ai lu le dernier tiers d'un trait ce matin), à la frontière entre thriller et humour British. Certes, l'intrigue s'essouffle un peu à moment donné et le texte n'est pas non plus hilarant. Malgré tout, les personnages de ce charmant petit coin anglais sont plutôt bien croqués. Les motivations des uns et des autres sont assez sordides et il est amusant de voir à la fin lequel d'entre eux l'emporte par la cruauté. Un agréable divertissement.
    ↓

critique par Lou




* * *



Crime pas du tout parfait
Note :

   Quel livre particulier! Comme je ne lis jamais les 4e de couvertures, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre alors imaginez ma surprise quand dès le début du roman, on rencontre Al. Al est cinquantenaire qui aime sa voiture et ses carpes (oui, vous avez bien lu. Des poissons, glissants, avec des yeux globuleux, là), qui décide que sa femme l'emmerde. Donc, il va la tuer. En plus, il y a une jolie falaise de disponible. Pourquoi se casser la tête, n'est-ce pas! Et Banzaï, on est libre.
   
   Oui... mais non.
   
   Parce qu'après avoir commis son crime, il tombe nez à nez... avec sa femme, Audrey, qui n'était pas où elle devait être. Comment on dit... oups? Voilà notre homme un peu mal parti. Et une jeune femme a justement disparu, ce même jour. Of course, la police s'en mêle.
   
   C'est donc un condensé d'humour anglais et d'humour noir ma foi assez réjouissant qui nous est offert dans ce roman atypique. Al est dans un pétrin considérable et tente par tous les moyens (généralement par les moyens les moins brillants et les plus méchants) de s'en sortir, en se fichant éperdument d'arroser tout le monde au passage. En fait, non. En tentant idéalement d'arroser tout le monde au passage. Ça lui plaît. Homme éminemment sympathique, comme vous pouvez le remarquer!
   
   L'intrigue tient du vaudeville, avec les personnages loufoques qui entrent et qui sortent d'un côté et de l'autre souvent sans se voir et les tonnes de quiproquos qui s'en suivent forcément. Entre la voisine au grand nez senteux qui fait des ballades dans les arbres et qui a une anciene vie over glamour, l'autre voisin et sa femme agoraphobe ou presque, le policier qui se soucie plus de ses 30 carpes (oui, un autre) que de son enquête, on a le choix. Une panoplie de gens dans un petit village où tout le monde se connaît (limite que la couleur de leurs bobettes fait partie de la culture populaire) et où personne ne se mêle de ses affaires, où tout le monde tente de tromper tout le monde. Pas idéal pour un meurtre, en fait. Pas idéal du tout.
   
   J'aurais aimé apprécier certains des personnages (Alice, la voisine fumeuse de pot est encore ma préférée... quoi que la femme d'Al n'est pas mal dans son genre en plus) mais ils sont tellement, pour la plupart, soit méchants soit stupides que ce n'est pas facile du tout. Et autre chose qui m'est très personnel, vu mon origine québécoise: l'argot anglais traduit en argot français, je mets toujours presque 100 pages à m'habituer. Surtout quand c'est dans le corps du texte et pas seulement dans les dialogues. Bizarrement, quand le roman est français ça ajoute à l'authenticité mais quand ça vient de l'anglais, j'ai du mal. Et je dois souvent déduire ce que l'expression veut dire. Ou chercher. Si vous lisez du québécois bien argotique... vous me comprendrez!
   
   Une histoire qui nous emmène dans tous les sens (si Audrey est en vie... QUI a fait un vol plané en bas de la falaise), vu que chacun raconte absolument n'importe quoi et qui m'a arraché quelques éclats de rire. Certains réels, certains un peu jaunes. Un roman où la morale est très accessoire et dont l'a finale m'a beaucoup plu!

critique par Karine




* * *