Lecture / Ecriture
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Fresa y Chocolate de Senel Paz

Senel Paz
  Fresa y Chocolate

Fresa y Chocolate - Senel Paz

Du Coppelia au Coppelia
Note :

   Nous sommes en 1990 à La Havane et David, hétéro bon teint, militant communiste consciencieux, se fait honteusement draguer par Diégo, homosexuel avoué et grand amateur de culture sous toutes ses formes (plus encore, le reconnaît-il lui-même, que d’hommes). La culture, il l’aime et il lui consacre son intérêt et son travail, la trouvant dans les livres, bien sûr, mais tout autant dans la cuisine ou dans l’architecture, la géographie ou l’histoire.
   
    Le dévouement à la culture nationale dont est empli ce livre est, me semble-t-il, un phénomène de période de crise. Il y en a aussi certains parmi nous qui se consacrent à la culture, mais sans éprouver le besoin qu’elle soit «nationale», nous ne ressentons pas qu’elle ait besoin de témoins, d’archivistes et de protecteurs. Tant mieux pour nous.
   Donc, pour la fraise et le chocolat…
   
   Parce qu’il est pervers, Diégo invite David chez lui pour lui montrer des livres introuvables à Cuba et parce qu’il est un loyal serviteur de la Cause, David le dénonce au camarade responsable. C’est ainsi que pourraient se définir le bien et le mal.
   
   Sauf que, évidemment, Diégo est lui aussi le loyal serviteur d’une cause, qui est celle qui demande que l’on éduque son entourage, que l’on fasse circuler les connaissances et les objets culturels (bibliothèques semi clandestines, prêts de livres envoyés de l’étranger etc. ces activités sont une réalité cubaine auxquelles se livrent une autre sorte de militants, tout aussi dévoués).
   
   Si bien que rapidement, Diégo renonce à séduire David pour se consacrer à son enrichissement culturel, rapidement David ne voit plus du tout en quoi il serait nécessaire de dénoncer ce type de déviance.
   
   De ce vraiment très court roman, une nouvelle plutôt, ont été tirées plusieurs adaptations théâtrales ainsi qu’un film en 1993 qui a obtenu l’Ours d'argent à Berlin en 1994.
   
   Le titre tient tout entier au fait que la première rencontre se fait au Coppelia, le « Palais de la Glace » où, s’il est de bon ton de déguster des glaces au chocolat, y ajouter une boule rose, je veux dire fraise, est très… tendancieux.

critique par Sibylline




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