Lecture / Ecriture
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Paulina 1880 de Pierre-Jean Jouve

Pierre-Jean Jouve
  Paulina 1880

Pierre Jean Jouve est un poète, romancier et critique français né en 1887 et décédé en 1976.

Paulina 1880 - Pierre-Jean Jouve

Paulina et moi
Note :

   "Paulina 1880", œuvre dont le titre est relativement connu mais dont je ne suis pas sûr que les lecteurs aient été si nombreux, est un roman qui n'a guère d'équivalent, très ambitieux dans sa concision. Mais cette œuvre, qui devrait être brûlante, ne m'a pas remué les entrailles, alors qu'il semble que beaucoup d'écrivains en aient été bouleversés. Le livre date de 1925 et l'histoire se situe dans l'Italie du Nord de la fin du XIXème Siècle. Paulina Pandolfini, enfant, puis jeune bourgeoise milanaise, fille d'un marchand prospère, se complait dans la dévotion et le culte des images saintes et de la statuaire des nombreuses églises du pays. Cette tendance très forte cohabite en elle avec une irruption du désir, de plus en plus impérative, en la personne du Comte Michele Cantarini, une connaissance de son père. Paulina est encore très jeune lorsqu'ils deviennent amants, ce qui n'empêche pas la dualité de régner sur son esprit, Dieu et la culpabilité s’accommodant parfaitement des nuits chaudes mais silencieuses dans la demeure familiale.
   
    Après la mort du père, resté dans l'ignorance, Paulina, qui l'aimait profondément, est à peu près libre, la femme du Comte Cantarini ayant perdu l'esprit. Pourtant elle se réfugie une première fois dans un couvent, confite dans ses remords d'avoir trahi son père. Chez les Sœurs de la Visitation de Mantoue le doute persiste et elle finira par retrouver le Comte à Florence mais ne connaîtra la paix qu'au prix du meurtre et d'une longue condamnation-expiation-rédemption. "Paulina 1880", je l'ai dit a suscité beaucoup d’enthousiasme au moins chez les poètes et les artistes.
   
    Problème: je ne suis ni l'un ni l'autre car ce livre, censé être un diamant sur le plan littéraire et censé mettre le feu aux âmes et aux cœurs m'a laissé presque de marbre. J'oserai même dire que cet ouvrage m'a pesé et que, et je vous prie de m'en excuser, l'ayant lu il y a deux mois environ je n'ai pas pris la précaution d'écrire immédiatement mes impressions, déjà mitigées. Donc nul envoûtement chez moi pour "L'ange bleu et noir" (c'est le titre d'un chapitre), nulle pression malgré la beauté de certains passages, nul trouble vénéneux. On cite souvent le livre de Pierre Jean Jouve parmi les très hautes incandescences de la littérature du siècle dernier. Mais les braises de "Paulina 1880" m'ont-elles seulement effleuré?

critique par Eeguab




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