Lecture / Ecriture
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La promenade des Russes de Véronique Olmi

Véronique Olmi
  Bord de mer
  Un si bel avenir
  Sa passion
  Numéro Six
  Le Premier amour
  La nuit en vérité
  La promenade des Russes
  Une séparation
  Cet été-là
  Bakhita

Véronique Olmi est une écrivaine française née à Nice en 1962.

La promenade des Russes - Véronique Olmi

Tous les Russes blancs étaient Princes...
Note :

    « Je suis une femme orrgueilleuse et égoiste. Il fallait peut-être ça, pour "surrvivre à la Révolution" comme tu dis! Et peureuse aussi, c'est vrrai, je suis peureuse. Staline. Brejnev. Avoir peurr de ces gens-là même quand on n'existe plus pourr eux ... c'est leurr force, tu comprrends? La Russie ... Babouchka ... Je ne t'en ai jamais parrlé c'est vrrai, peut-êtrre parce que ta mère me reprochait tellement ma nostalgie, alorrs ... »
   

   Sonia a 13 ans et une vie plutôt compliquée pour une fillette de son âge. Ses parents sont séparés, sa mère passe son temps à faire sa valise et à partir, son père ne se soucie guère d'elle non plus. Elle vit donc chez sa grand-mère à Nice, sa Babouchka, toujours pas remise du choc de la révolution russe et de la perte de sa position sociale.
   
   Elle pense encore que Brejnev la surveille, ameute le quartier quand Sonia a cinq minutes de retard. Mais sa grande obsession, ce sont les lettres adressées au Directeur d'Historia, car Babouchka détient des informations importantes sur la mort d'Anastasia, rien de moins! Et ce malotru de directeur ne répond jamais.
   
   Cet été là, tout va dérailler. Babouchka fait une chute et est hospitalisée. Sonia va découvrir une certaine liberté. Elle se retrouve avec des décisions à prendre nettement au dessus de son âge. Heureusement son imagination va lui être d'un précieux secours pour faire face. Et Babouchka n'a pas dit son dernier mot!
   
   J'ai été très sensible à cette histoire empreinte de nostalgie. Babouchka n'a jamais surmonté l'épreuve de l'exil. Olga, sa fille, a fui ses souvenirs envahissants et Sonia, la troisième génération, se rend compte qu'au fond, elle ne sait quasiment rien de sa grand-mère et de la vie qu'elle a menée en Russie. Babouchka représente pourtant sa seule sécurité affective et j'ai aimé le lien fort qui existe la grand-mère et la petite-fille.
   
   "Elle s'était barrée en 1901, l'année qui les avait vues naître toutes les deux, Anastasia Romanov et elle. Elle tient à cette année-là comme si dans toute la Sainte-Russie, seules deux enfants avaient vu le jour : l'Altesse Impériale et elle. Voilà. Certains réservent une table au restaurant pour être sûrs d'être attendus et bien placés, ma grand-mère elle, a réservé le début du XXe siècle, et on a pas fini d'en entendre parler".

   
   Un joli roman d'apprentissage.

critique par Aifelle




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