Lecture / Ecriture
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La beauté des loutres de Hubert Mingarelli

Hubert Mingarelli
  Hommes sans mère
  L'arbre
  La Dernière Neige
  Le Bruit du vent
  Le jour de la cavalerie
  Le voyage d'Eladio
  Une rivière verte et silencieuse
  Vie de sable
  Océan Pacifique
  Quatre soldats
  La beauté des loutres
  Marcher sur la rivière
  La promesse
  L'année du soulèvement
  La lettre de Buenos Aires
  Un repas en hiver
  L’homme qui avait soif
  La route de Beit Zera
  L'incendie
  Ados: La lumière volée
  La vague
  La source

Hubert Mingarelli est un écrivain français né en 1956 en Lorraine.


* Interview dans la rubrique "Rencontres"

La beauté des loutres - Hubert Mingarelli

Le salaire des moutons
Note :

   Transport de moutons à haut risque en montagne sous et sur la neige. Horacio et Vito, un homme, un garçon. Unité de temps quasiment, voire de lieu …
   
   C'est vrai, je n'y avais pas pensé de suite. Il y a un parallèle à faire entre ce transport de moutons dans des conditions climatiques déraisonnables et celui d'explosif en Amérique du Sud. Bon, ça ne se finit pas pareil !
   
   Certains n'hésitent pas à comparer Mingarelli à Harrison. Je suis un fervent d'Harrison et j'aime beaucoup (de plus en plus) Mingarelli, mais bon, ... au niveau de l'écriture et de la façon de mener les débats, il y a quelques différences.
   
   Moi, je dirais plutôt que Mingarelli, c'est l'écrivain de l'intériorité, du ralenti. Chaque acte, voire geste, est disséqué, analysé, et du coup justifié. Il n'y a pas la folie exubérante d'Harrison, plutôt la retenue de celui qui vit en milieu hostile et pour qui chaque geste en trop ou non réfléchi peut être dangereux.
   
    « Ils entendaient le ruisseau couler tout près. Il n’avait pas beaucoup de courant. Il coulait si lentement qu’il fallait s’arrêter de mâcher pour l’entendre. De temps en temps Horacio le faisait. Au bout d’un moment il s’arrêta de manger. Il posa ses avant-bras sur ses genoux et dirigea son regard vers le ruisseau. Il l’observa pendant un instant.
   - Tu as déja vu une loutre ? demanda-t-il.
   - Une loutre ?
   Horacio quitta le ruisseau des yeux.
   - Oui, dit-il.
   - Non, j’en ai jamais vu, dit Vito. Je sais à quoi ça ressemble à peu près.
   Mais j’en ai jamais vu. Je crois pas, non.
   Horacio termina son sandwich. Il tendit la main et tira le sac à lui. Il sortit une bouteille de bière et la décapsula. I en but la moitié d’un trait. Il la posa dans l’herbe et dit :
   - Moi, la seule que j’ai vue, c’était sur une photographie.
   - Ah ! dit Vito.
   - Oui, la seule loutre que j’ai vue, c’était sur une photographie. Elle était dressée sur ses pattes de derrière, elle tenait un tuyau dans ses pattes de devant et elle regardait dedans … »

   -
   Très beau La Beauté des Loutres. Et au fait, en photo ou en vrai ...?

critique par Tistou




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