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La Liste des sept de Mark Frost

Mark Frost
  La Liste des sept

Mark Frost est un romancier et scénariste américain, né en 1953 à New York.

La Liste des sept - Mark Frost

Une histoire de fous
Note :

   Désireuse de me distraire loin de toute pensée profonde, je farfouillai dans le coin des Pocket quand je tombai sur ce roman que la quatrième de couverture présentait en une envolée commençant par "Qui veut la peau de Conan Doyle?", comme étant "à la manière des aventures de Sherlock Holmes avec un zeste d'Umberto Eco".
   Comment aurais-je pu résister?
   Mark Frost y était également présenté comme "spécialiste du suspens" et "coauteur de la série culte Twin Peaks" (ça se corsait un peu car je ne sais pas vraiment ce qu'est Twin Peaks). Mais Umberto Eco, oui, et j'avais donc bon espoir.
   Au final, que les choses soient claires, il n'y a rien d'Eco là-dedans. Ça, c'est le premier point, le second étant que ce n'est pas qu'un polar, c'est également un roman fantastique, ce que j'ignorais au départ. Je trouvais bien un peu étrange qu'ils perdent leur temps à se demander s'ils avaient affaire à une "vraie" (??!) ou une fausse médium, mais bon...
   
   Bon bref, nous avons donc un Arthur Conan Doyle, jeune médecin de 26 ans qui n’a pas encore commencé à écrire car il n’a pas encore rencontré celui qui allait lui inspirer le personnage de Sherlock Holmes, mais cela va se faire très bientôt sous nos yeux. Doyle a les qualités et défauts que l’on prête à Watson. Il reçoit une missive d’une belle inconnue (mais riche, le papier l’affirme) qui lui demande son aide. Bien sûr, il s’y rend, et là, tout commence.
   
   Dès ce moment les combats sont très sanglants (bien plus que chez le vrai Doyle) et teintés d’une exagération très "effets spéciaux". On sent le scénariste américain derrière l’auteur de polar. Les péripéties suivent leur cours, toutes plus étranges, étonnantes, etc. les unes que les autres. Les limites du fantastiques sont constamment frôlées et parfois franchies. Et on pourrait résumer la description en disant que tout est trop. Trop méchant, trop brutal, trop beau, trop moche, trop intelligent, trop naïf, trop diabolique, trop angélique, trop cruel etc. tout adjectif de votre choix, pour ne rien dire des disputes fraternelles qui prennent une ampleur! Rien ne semble pouvoir avoir de dimension humaine dans cette histoire. On ne sait pas si le futur Sherlock est un héros ou un malade mental (il y aurait d’ailleurs à dire à ce sujet). Et les faits ne sont pas en reste, l’auteur n’a voulu nous priver de rien : médiums, sorciers, antiquités égyptiennes, momies plus ou moins vivantes, savants fous qui font des expériences sur des humains, chimère, secte centenaire de conspirateurs se réunissant dans des cryptes, morts-vivants, serial killer, hachichim, yogis, cerbère, apparition de Bram Stocker, Reine Victoria, espions, trafic d’armes, vieux château avec gargouilles, cimetière, et bien évidemment, complot pour devenir maitre du monde. Mais là aussi, il faut qu’il aille plus loin, "ces fous s‘employaient sérieusement à ramener sur terre ce monstrueux esprit des ténèbres –qu’on appelle le Maitre Noir ou le Résident du seuil, le Diable est toujours le Diable- pour en faire l’héritier présomptif de la couronne d’Angleterre!" Eh oui. Ça rigole pas.
   Tout du long, on est dans le grand guignol pour les scènes d’action et le ridicule pour les scènes sentimentales. Ça se lit très bien, en pensant à autre chose, et on se demande quand même jusqu’où il va aller, pour conclure qu’il n’y a pas de limite. Mark Frost est un Ponson du Terrail moderne, l’hémoglobine en plus (mais ça, ils ne savent plus rien faire sans).
   
   Le monsieur n’a pas écrit beaucoup (ça devait rapporter moins que les séries télé), on ne sera donc pas privés.

critique par Sibylline




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