Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La Comtesse de Saint-Géran de Alexandre Dumas

Alexandre Dumas
  La Dame Pâle
  La reine Margot
  Les Cenci
  Pauline
  Le Comte de Monte-Cristo
  La Dame aux camélias
  La guerre des femmes
  Le capitaine Pamphile
  Les trois mousquetaires
  Le meneur de loups
  La Comtesse de Saint-Géran
  La route de Varennes
  Le Chevalier d'Harmental
  La Volga
  Georges
  Le Sphinx rouge suivi de La Colombe
  Ados: Othon l’archer
  Dès 09 ans: Contes dits deux fois

Alexandre Dumas, (dit aussi Alexandre Dumas père) est un écrivain français né en 1802 et mort en 1870.

La Comtesse de Saint-Géran - Alexandre Dumas

Les faits divers du XVIIème
Note :

   Pendant mes vacances d'été, j'ai retrouvé avec plaisir la librairie indépendante de ma ville d'origine (bien fournie, avec un libraire aux choix judicieux et exigeants, ravi de partager ses coups de cœur). A ma deuxième visite, après un nouveau petit tour du côté des éditions Libretto (mais cette fois-ci pour un cadeau, j'ai eu une pensée émue pour ma pauvre PAL), on m'a gentiment offert un Phébus Libretto réservé aux libraires, "La Comtesse de Saint-Géran" d'Alexandre Dumas*. Je n'ai lu que quelques nouvelles de cet illustre personnage, aussi j'ai eu envie de satisfaire ma curiosité sur le champ. Quelques semaines après, une petite chronique pour partager avec vous cette rencontre.
   
   Contrairement à ce que je pensais, il ne s'agit pas d'une pure fiction mais d'une longue nouvelle inspirée de faits réels qui firent grand bruit au XVIIe.
   
   Fin 1639. Accusé d'être un faux-monnayeur et d'avoir assassiné sa femme, mené sous bonne escorte dans une auberge pour la nuit, le Marquis de Saint-Maixent parvient à s'échapper en séduisant la fille de la maison. Il se réfugie chez le comte de Saint-Géran, un parent à lui, qui l'accueille bien volontiers. Le comte semble être un homme très différent de son parent (pour résumer il n'aurait rien d'un criminel). Sa femme et lui vivent par ailleurs en parfaite entente mais souffrent de n'avoir pu avoir d'enfant.
   
   Faute de descendant direct, la fortune du comte devrait revenir à sa sœur, Mme de Bouillé. Le marquis y voit un intérêt et se met à la courtiser. C'est alors que contre toute attente, après vingt ans d'espoirs déçus, la comtesse de Saint-Géran est enceinte. Les amants vont ensemble mettre en place un plan cruel pour faire disparaître cet héritier malvenu.
   
   Ne lisant pas de récits se déroulant à cette période, je me suis laissée bien volontiers embarquer dans ce récit où pointent la cape et l'épée, en m'immergeant dans une atmosphère nouvelle pour moi, voire franchement dépaysante. Imaginez ma surprise lorsque j'ai constaté que le Marquis, toujours accusé d'avoir tué sa femme, de s'être livré à d'autres crimes mais aussi d'avoir tué l'un des gardes dans sa fuite, bref, lorsque j'ai réalisé que ce coquin fini ne serait plus inquiété une fois arrivé chez le comte. On voit ainsi le Marquis aller et venir, rentrer dans sa région au bout d'un certain temps mais visiblement, personne ne songe à l'arrêter. De même, sujet hautement sensible pour la condition féminine, j'ai ouvert des yeux effarés lorsque j'ai constaté le traitement que l'on pouvait réserver aux pauvres femmes qui ne se seraient pas décidées à accoucher : "On la fit monter dans un carrosse fermé et on la promena tout un jour à travers des champs labourés, par les chemins les plus rudes et les plus difficiles" (p59). Tout ce pittoresque m'a ceci dit beaucoup amusée.
   
   Le récit est rondement mené par Dumas qui sait bien évidemment tenir son lecteur en haleine et amener à point nommé chaque nouvelle péripétie. Le fond, plus que la forme, fait tout l'intérêt de ce texte. J'ai regretté que la fin se perde dans des détails juridiques ; alors que toute cette affaire avait été présentée jusque-là avec un grand sens du romanesque, les deux dernières pages sont plus factuelles et donnent une impression de fouillis, comme si Dumas peinait à se dépêtrer de toute cette paperasse. Avis personnel et bien subjectif qui n'engage que moi. Dans l'ensemble, j'ai trouvé cette lecture fort divertissante et suis ravie d'avoir un peu abandonné mes habitudes plus XIXe.
   
   Il est à remarquer que les grands criminels de cette époque, Sainte-Croix, par exemple, et Exili, le sombre empoisonneur, ont été précisément les premiers incrédules, et qu'ils ont devancé les savants du siècle suivant dans la philosophie aussi bien que dans l'étude exclusive des sciences physiques, auxquelles ils demandèrent d'abord des poisons.
   " La passion, l'intérêt, la haine combattirent pour le marquis dans le cœur de Mme de Bouillé ; elle donna les mains à tout ce que M. de Saint-Maixent voulut." (p 34)
   
   
   * Que l'on peut trouver autrement dans les recueils "Crimes célèbres" avec en particulier « La Marquise de Brinvilliers ».

critique par Lou




* * *