Lecture / Ecriture
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La grâce des brigands de Véronique Ovaldé

Véronique Ovaldé
  Déloger l'animal
  Et mon cœur transparent
  Ce que je sais de Vera Candida
  Le sommeil des poissons
  Toutes choses scintillant
  Les hommes en général me plaisent beaucoup
  Des vies d’oiseaux
  La grâce des brigands
  La salle de bains du Titanic
  Soyez imprudents les enfants

Véronique Ovaldé est une écrivaine et éditrice française née en 1972.

La grâce des brigands - Véronique Ovaldé

État de...
Note :

   Rentrée littéraire 2013
   
   
   "Cette dernière passion, ça ne faisait pas un pli, l'entraînerait loin de Lapérouse, puisque les livres servent, comme on le sait, à s'émanciper des familles asphyxiantes."
   
    Maria Christina Väätonen, qui s'est auto-attribué le titre de vilaine sœur, a quitté son grand Nord et sa famille étouffante dès seize ans pour s'installer à Santa Monica. Quand le roman commence, le 12 juin 1989, elle reçoit un coup de fil de sa mère qui va la faire revenir sur son passé et sur la manière dont, dans les années 70, elle est devenue une très jeune écrivaine à succès.
   
   Quel bonheur que ce livre! Un je ne sais quoi m'avait toujours retenue dans mon appréciation des précédents romans de Véronique Ovaldé mais ici toutes les restrictions ont été balayées!
   
   Le premier chapitre qui explique l'inclination de l’héroïne pour ce quartier de Los Angeles où elle habite est une pure merveille! Nous sommes avec elle en train de siroter des sangrias, de sentir le vent frais qui vient des jardins... et ce sera comme cela tout le long du texte car Ovaldé a un don visuel certain. Cet éloge sensuel fonctionne d'ailleurs en contrepoint de la liste sèche et pleine de rigueur de "La vulgarité selon Marguerite Richaumont", la mère de l'héroïne. Les titres des chapitres , "L'encombrant désespoir des fillettes", "Mettre le bras entier dans un trou d'alligator", le style, plein de cette Grâce des brigands vantée dans le texte, font de ce roman d'émancipation féminine une pure merveille, jamais pesante, où les épreuves sont racontées avec justesse, sans auto-apitoiement et avec toujours une pointe d'humour. Une écrivaine qui a atteint une aisance dans l'écriture que nombre de ses confrères lui envieront!
   
   Un grand coup de cœur, constellé de marque-pages, et qui file d'un seul coup d'un seul sur l'étagère des indispensables!
   
   284 pages de bonheur!
   
   
   Ps: ne pas lire la 4 ème de couv' qui en dit beaucoup trop!
    ↓

critique par Cathulu




* * *



Evasion
Note :

   Rentrée littéraire 2013
   
   
   Dans son huitième roman Véronique Ovaldé nous emporte dans la fulgurance d'une vie, celle de Maria Christina fuyant une famille austère et hermétique entre une mère bigote et folle, un père indifférent frisant l'autisme et une sœur débile et jalouse, pour devenir la secrétaire-maîtresse d'un écrivain flamboyant sur le retour dans la Californie des années 1970.
   
   Elle a grandi dans le nord canadien, froid et brumeux, à Lapérouse, une ville improbable, dont elle a eu envie très tôt de s'éloigner.
   
   L'obtention d'une bourse d'études lui permettra de s'installer loin sous le soleil et de réaliser ainsi ses rêves de petite fille.
   
   Talentueuse et célèbre grâce à son roman, "la vilaine sœur", le passé la rattrape alors par le coup de fil de sa mère dont elle était sans nouvelle depuis plus de 10 ans.
   
   C'est son voyage de retour vers le grand nord, dans son ancienne maison "rose" qui lui donnera l'émancipation complète de tous les carcans qui la retiennent encore malgré elle.
   
   A travers la voix d'un narrateur inconnu, originale note littéraire, nous entrons dans la vie d'une jeune fille attachante dans sa volonté de vivre libre. Nous découvrons une jeune femme désabusée aussi, prise au piège d'un écrivain mondain et trop pygmalion mais qui l'aidera à se réaliser dans l'écriture.
   
   Véronique Ovaldé, dresse le portrait d'une femme avant tout moderne à la limite de la désillusion.
   Les réflexions de son héroïne sont pertinentes et drôles et la découverte de la sexualité dans les bras de ce vieil écrivain est à la fois triste et très caustique.
   
   Mais tout est dit dans une phrase peut être la plus importante du livre (enfin pour moi) : "Les livres servent, comme on le sait, à s'émanciper des familles asphyxiantes"
   
   Hommage est rendu ici dans ce livre à la lecture et à l'écriture et c'est très bien.
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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Excellent !
Note :

   Véronique Ovaldé est vraiment un des auteurs français à retenir! Elle ne m'a jamais déçue et ce dernier roman est bien à la hauteur de ses meilleurs. Une vraie histoire, bien intéressante et une écriture! Belle, et avec des recherches, des trouvailles et des variations, comme quand elle se met à dire la vie, futur y compris, des personnes, étrangères au récit, qui se trouvent dans le bus avec elle, ou que trois personnes se sont endormies et qu'elle nous dit les trois rêves, parce que cela fait partie du vécu des personnages, mais rapidement, pour qu'on ne perde pas le fil du récit. Bien. Et puis il y a les beautés du style, les grandes phrases très longues à la ponctuation réinventée, pas juste pour "faire genre", mais pour servir un but littéraire et y parvenant. Ainsi la belle première scène d'amour. Et il y a l'humour aussi, toujours proche, cette défense élégante, souvent vraiment drôle.
   "- J'ai reçu un coup de fil de ma mère.
   - …
   - Je ne lui avais pas parlé depuis dix ans.
   - Je suis surpris.
   - De quoi?
   - Je suis surpris qu'elle t'appelle puisque tu as dit toi-même qu'elle était morte il y a une quinzaine d'années."

   
   Mais ne prenez pas ce roman pour un livre léger et superficiel, c'est dramatique et violent aussi, comme la vie, et on y est confronté aux problèmes existentiels qui font notre humanité. Elle a d'ailleurs matière à faire, cette gamine élevée par des parents indignes : père lâche, mère adepte forcenée, comme on peut l'être aux USA, de l'Eglise de la Rédemption Lumineuse, et cela ne va pas aller en s'arrangeant :
   "Ma mère a profité de l'accident de ma sœur pour devenir folle à lier" (mais elle ne partait pas de très loin).
   
   Et on retrouve comme toujours chez V. Ovaldé, un vrai courage, une vraie autonomie mentale, que j'apprécie par dessus tout et dont elle munit ses personnages. C'est une des choses que j'aime le plus chez elle, cette autonomie malheureusement si rare.
   "Les garçons qui habitaient le parc disaient qu'on ne s'en sortait pas tout seul, qu'il fallait être solidaire et organisé, mais en fait ces garçons n'étaient ni solidaires ni organisés, ils avaient simplement peur d'être seuls et préféraient vivre en bande."
   

   Alors, parce que les femmes peuvent avoir des faiblesses durables pour des hommes qui ne les méritent pas, même quand elle le savent depuis le début (et cela aussi, c'est très vrai), il va y avoir quelques errements, qui auront aussi leur bon côté, comme toujours, et la vie de Maria Christina, qu'elle prendra à bras le corps, pour les meilleurs ou les pires moments, sans jamais abdiquer, aura toujours un sens.
   
   J'ai adoré.
   ↓

critique par Sibylline




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Ce que cela donne en audio
Note :

   J’ai choisi cet audiobook pour le titre. Non mais il est joli, n’est-ce pas, ce titre? En plus, on m’avait promis du réalisme magique. Je me suis donc lancée… et si les thèmes avaient tout pour me plaire, je dois avouer que j’ai bien aimé, sans plus. Serait-ce parce que je n’ai pas trouvé le réalisme magique tant attendu? Ou alors parce que les thèmes m’ont parfois semblé un peu trop effleurés?
   
   (Et en écrivant ceci, je réalise que je l’ai DÉJÀ écrit, ce billet… mais qu’il est totalement introuvable dans l’admin. Les mystères des Internets, comme dirait quelqu’un que je connais).
   
   Ce livre s’ouvre donc à Los Angeles, sur Maria Cristina Väätonen, écrivain, en brouille avec sa famille depuis plusieurs années. J’ai au départ apprécié le "je" extérieur du biographe qui nous raconte cette histoire, celle d’une femme qui tente de survivre malgré son passé où pèse l’ombre de sa mère. Quand la dite mère, qui refuse de lui parler depuis 10 ans, l’appelle pour la sommer de venir chercher le petit Peeleete (oui, avec cette orthographe), le fils de sa sœur Meena, étrangement, elle va y aller. Et sa vie va changer.
   
   C’est donc l’histoire de l’évolution d’un personnage, Maria Cristina, arrivée de son nord canadien natal à Los Angeles dans les années 70. Elle y rencontrera son mentor, Rafael Claramunt, "grand" auteur qui rêve du Nobel et elle deviendra écrivaine. Je crois que la relation entre les deux, avec ses zones d’ombre et ses côtés malsains est ce que j’ai préféré explorer dans tout le roman. J’ai aussi aimé les prises de conscience et de décisions de Maria Cristina. Mais de loin. De l’extérieur. Comme si je n’étais pas concernée, et c’est toujours bien dommage quand on lit un roman.
   
   Ceci dit, la plume n’est pas mal, quoiqu’un peu tarabiscotée par moments. J’aime les parenthèses, que voulez-vous! Un roman lu avec plaisir, mais dont, je le crains, il ne me restera pas grand chose. J’ai par contre vu sur le Net qu’il avait beaucoup plu. Ne vous fiez donc pas à mon seul avis…

critique par Karine




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