Lecture / Ecriture
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Les noces barbares de Yann Queffélec

Yann Queffélec
  Les noces barbares
  Happy birthday Sara
  Les sables du Jubaland

Les noces barbares - Yann Queffélec

Violence et mer
Note :

   Ludo est un enfant né du viol d'une fille de la campagne bretonne par des G.I. américains.
   
   Enfant maudit, rejeté par ses grands-parents et par sa mère parce qu'il est le déshonneur de la famille, Ludovic restera un débile léger, aux attitudes bizarres, souvent taciturne. Le mariage de Nicole, la mère, avec Micho, va en faire le rival du fils de ce dernier, Tatave; rivalité qui se transforme peu à peu en complicité malsaine et qui mène Ludo dans "une maison". Il finit par s'en échapper et se met à hanter l'épave d'un bateau. Découvert et retrouvé, sa mère viendra le visiter jusqu'au drame final.
   
   Goncourt 1985, ce livre m'a agréablement surpris. Ce qui domine, c'est d'abord la violence: viol, refus, abandon, meurtre, toute la vie de Ludo est prédestinée par la violence au point qu'elle en est dominée. Les personnages sont bien tracés, notamment Nicole, ambiguë du début à la fin dans ses relations avec son fils.
   
   Le style est à la fois simple et imagé -de nombreuses métaphores sur la mer (mère?). En italiques apparaissent les monologues intérieurs de Ludo, carcan obsessionnel de mots et de répétitions.
   
   Du point de vue de la structure, on remarque aussi la prédominance de l'élément liquide : la première phrase concerne le bain et le dernier mot évoque la "mer déferlante".
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critique par Mouton Noir




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Le tragique destin de Ludo…
Note :

   «Les noces barbares» ou le destin de Ludovic… Son histoire commence avec Nicole, sa mère… Histoire tragique s‘il en est, car à l’âge de treize ans elle se fait violer par trois hommes et tombe enceinte…de Ludovic donc…
   
   Et c’est là que le tragique destin de Ludovic va commencer… Il est rejeté par sa mère car rejeté par ses grands-parents qui ont tout fait pour que sa naissance n’aie pas lieu… et lorsqu’il finit par naître malgré tout, il est enfermé dans un grenier après une chute douteuse, ne sort jamais, et est nourrit une fois par jour. Cette situation durera jusqu’à l’âge de ces sept ans…
   
   Et un jour, Micho fera son apparition, il veut épouser Nicole, malgré son garçon qui, dit-on, a le «singe»… Il prendra Ludovic sous son aile, le protègera même de sa mère qui lui voue une véritable haine. Mais malheureusement pour lui, ce répit sera de courte durée…
   
   Bien évidemment, il n’est pas du tout conseillé de lire ce roman dans un état dépressionnaire avancé, car le sujet est survolé dans mon résumé, mais Ludovic est vraiment maltraité moralement et il est assez difficile de voir les évènements s’accumuler autour de lui pour s’acharner obstinément à rendre tous ses efforts vains.
   
   La plume de Yann Quéffelec est cependant très prenante et malgré le drame et les situations injustes, on ne peut s’empêcher de vouloir savoir comment tout ça va finir… La fin reste d’ailleurs dans l’atmosphère de tout le roman…
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critique par Mme Patch




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Pas de la guimauve!
Note :

   Un des romans lus récemment qui, a posteriori, m’a le plus marqué. Sans concessions aucunes Yann Queffélec va au plus noir du plus noir. La lecture secoue, et son souvenir reste vivace. C’était mon premier Queffélec, je sais maintenant que ses autres oeuvres ne sont pas forcément du même bois, bois amer.
   
   Yann Queffélec vous prend à la gorge dès l’entame et ne vous relâche à la fin qu’après être sûr de vous avoir fait boire la tasse. Salée la tasse tant qu’à faire!
   Le synopsis de l’histoire ne laisse aucune chance à Ludo, enfant réputé «avoir le singe», littéralement haï par sa mère, Nicole. On apprendra qu’en fait Ludo est le fruit (si l’on peut dire!) du viol de sa mère à l’âge de treize ans par des soldats américains.
   Aucune chance dès le départ et Yann Queffélec ne nous épargnera rien. Surtout pas la descente aux enfers inéluctable de Ludo, qui sera mis «en maison» (le singe, toujours le singe!) après avoir été cloîtré au grenier de la maison jusqu’à ses sept ans.
   
   Il y aura bien une petite lueur d’espoir avec le mariage de Nicole avec Micho, un garagiste amoureux qui prendra Ludo en pitié. Mais voilà, Micho a un fils, Tatave, qui abuse de sa situation et traite Ludo en souffre-douleur. Et l’espoir se refermera bien vite, comme les portes de «la maison» où on va l’enfermer.
   
   L’écriture est à la hauteur du propos, exigeante et belle. Ce fut d’ailleurs le Prix Goncourt 1985.
   
   Impossible de ne pas finir la gorge serrée en prenant connaissance de ces successions d’infâmies entamées par de barbares noces.

critique par Tistou




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