Lecture / Ecriture
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L'Ombre blanche: Portrait de l'artiste en jeune vaurien de Saneh Sangsuk

Saneh Sangsuk
  Venin
  L'Ombre blanche: Portrait de l'artiste en jeune vaurien

Saneh Sangsuk (เสน่ห์ สังข์สุข) est un auteur thailandais né en 1957.

L'Ombre blanche: Portrait de l'artiste en jeune vaurien - Saneh Sangsuk

Percutant
Note :

   Né en Thaïlande en 1957, Saneh Sangsuk (alias Daen-Aran Sanegthong), mène une existence erratique avant d'être admis à l'université où il entreprend des études de littérature et de langue anglaise. Et il lit, il lit beaucoup. Puis, diplôme en poche, il vivote de petits boulots et d'aumône, il écrit de la poésie et traduit quelques œuvres d'auteurs anglophones, traductions qu'il publie à ses frais. Puis un jour il s'enferme dans une maison de campagne isolée et écrit une trilogie autobiographique comptant plus de mille pages. Il attendra ensuite huit années, le temps d'amasser les fonds nécessaires, pour publier 'L'ombre blanche', second tome de cette œuvre, avec lequel il compte 'tester le marché'.
   
   Boudé dans son pays (notamment en raison d'un contenu faisant fi des codes), ça n'est qu'une fois traduit et présenté à l'étranger que ce roman est non seulement remarqué mais, tel un sésame, il apporte la reconnaissance internationale à son auteur. Deux autres publications ('Venin' et 'Une histoire vieille comme la pluie') recevront un accueil similaire à la suite de quoi, en 2008, Saneh Sangsuk se voit décerner l'insigne de Chevalier de l'Ordre des Arts et Lettres.
   
   Il faut dire qu'à l'image de son auteur, 'L'ombre blanche', n'est pas un roman ordinaire. Au delà du récit d'une adolescence thaïlandaise dans les années '70, cette histoire, racontée avec le recul de quelques années, prend la forme d'une mise à nue, une confession déballée d'un seul trait par un être torturé, hanté par ses démons et dont l'image reflétée par les événements passés, semble devenue plus grande et plus terrifiante que la réalité; une image face à laquelle le narrateur hésite entre rejet et résignation.
   
   Ce premier roman révèle une plume dont la puissance n'a d'égale que l'esprit qui l'habite. D'entrée, on est ébloui par ces phrases qui, telles des fusées lancées dans la nuit, éclatent et retombent en gerbes de mots et bientôt, on ne peut plus faire autrement que de se laisser entraîner par le fil hypnotique de cette voix hors du commun.
   
   Puis, de glissements spatiotemporels en jeux de perspectives, on traverse un monde peint avec une extraordinaire intensité, peuplé de personnages aussi vraisemblables les uns que les autres et marqué par la violence, la haine, la tendresse, la beauté, la laideur et la pureté.
   
   Au vu d'une telle qualité, on ne peut que regretter de ne pouvoir apprécier ce roman dans son ensemble (les deux autres tomes le composant n'ayant pas vu le jour), d'autant que, pris seul, ce récit laisse apparaître un léger déséquilibre entre le sujet et le développement thématique.
   
    Un premier roman percutant, annonciateur d'un grand talent.

critique par SpaceCadet




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