Lecture / Ecriture
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Les amants du n'importe quoi de Florian Zeller

Florian Zeller
  Les amants du n'importe quoi
  La fascination du pire

Les amants du n'importe quoi - Florian Zeller

Pas si mal
Note :

   Parti d’une interrogation sur cet écrivain, j’avoue l’avoir abordé avec un certain a priori.
   Très masculin. Une belle gueule, prof à sciences– po à 25 ans et qui écrit des romans d’amour pour les femmes.
   
   Passés ces clichés, je dois reconnaître que ce que j’ai lu n’est pas mal du tout. D’abord le style est sec, la phrase courte, sujet, verbe, complément, guère plus. Ensuite il ne s’agit pas d’un roman d’amour mais plutôt d’une description clinique d’un amour entre un homme, Tristan –prénom romantique et « Sturm und Drang » s’il en est – et Amélie, prénom on peut plus courant chez les femmes de cette génération.
   
   Tristan aime sa vie de célibataire qui collectionne les aventures d’un soir tandis qu’Amélie, lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle peut plaire, choisit de vivre le grand amour et croit l’avoir trouvé en la personne de Tristan. Mais, bien sûr, rien n’est simple. Tristan a l’impression qu’on lui vole sa liberté et sa possibilité de connaître d’autres femmes alors qu’Amélie, torturée par les infidélités de son amant, se rend malade de l’estomac. Ça vient des tripes donc.
   C’est l’éternelle histoire du « fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis … ». Tristan a une haute idée de lui-même, il se sent exceptionnel et supporte mal l’idée de s’installer dans « la médiocrité ». Pourtant Amélie l’attendrit, mais plus elle l’attendrit, puis il lui en veut Elle, de son côté, tremble à l’idée de la rupture toujours imminente. On peut se souvenir de ce que disait Baudelaire à propos de l’amour et du couple, qu’il apparentait à une opération chirurgicale, il y en a toujours un qui souffre, le patient et celui qui opère, le chirurgien.
   
   On pourrait reprocher à l’auteur quelques clichés si la vie amoureuse - et sa vision de la vie amoureuse- en était exempte. Le ton est assez juste, l’auteur est jeune et analyse le phénomène amoureux avec beaucoup de maturité. On pense aussi à d’autres auteurs au passage, Kundera pour le côté « clinique », Yves Simon pour cet aspect faussement désinvolte de l’écriture.
   
   Certes ce ne sera pas le chef d’œuvre du 21éme siècle mais l’ouvrage est d’une lecture plaisante et… avantage, se lit d’une traite avec ses 125 pages!
    ↓

critique par Mouton Noir




* * *



Florian et moi
Note :

   Cher Florian,
   Je dois avouer que notre rencontre partait d'une très mauvaise intention : j'avais envie de me payer ta tête. J'ai un peu honte de cela, mais que veux-tu, je suis faite ainsi et un peu de perversion ne nuit jamais au caractère.
   D'un autre côté, cher Florian, je dois avouer que tes écrits m'ont vraiment surprise. Comme quoi, il faut toujours lire pour se faire un avis construit et proférer une opinion qui s'approcherait d'une critique.
   Donc j'ai lu l'une de tes (nombreuses) productions, «Les amants du n'importe quoi». Très très bon titre, Florian. Un choix excellent, pensé et soupesé et un sens de l'à-propos que je t'envie terriblement. Parce qu'il faut bien le dire, Florian, tu écris vraiment n'importe quoi.
   Je m'attendais à quelque chose de mauvais mais ton roman, si l'on peut dénommer ainsi la nullité profonde de tes mots qui s'enchaînent sur des pages, est de loin la plus mauvaise chose que j'ai pu lire depuis que mes yeux innocents sont tombés sur Paolo Coelho. Et encore, je me demande si Paolo n'est pas meilleur écrivaillon que toi.
   Non, Florian, je ne pensais pas que l'on pouvait écrire de telles banalités et surtout oser les faire publier sans honte aucune.
   J'ose penser que la publication des Amants du n'importe quoi n'est pas un acte volontaire. Il est fort possible que ton éditeur, sadique, t'ait menacé de couper à la tronçonneuse la magnifique chevelure dont tu es manifestement si fier si tu refusais de lui fournir les maigres pages qui constituent ce roman.
   Car quel être doué d'un minimum de raison et d'amour-propre accepterait de voir publier sous son nom de tels écrits. L'histoire est inexistante, le style pitoyable, les personnages plats et sans saveur. Le héros, Tristan (Tristan, Florian, Florian, Tristan, non... tu parles de toi dans ce roman ? C'est fou !) est beau. Il le sait. Il possède un fort caractère (enfin, c'est ce que tu dis de lui, Florian, mais franchement même un mort et enterré est plus fun que lui). Il rencontre Amélie. Elle est banale (tu remarques, cher Florian, que je copie sans vergogne aucune ton style si brillant et si enlevé). Il s'illusionne (tu aimes les mots un peu compliqués de temps en temps, n'est-ce pas ? Oh oui, tu aimes...). Il pense l'aimer. Ils s'installent. C'est la mort de l'amour (mais où as-tu été pêcher toutes ces idées si originales ?). Il la trompe (bien sûr). Elle s'en rend compte (elle a mal au ventre). Ils partent en week-end. Il la quitte. Super ! C'est tout ? Et oui... Rien d'autre à raconter, pas une seule originalité dans l'écriture. Que du plat, de l'ennuyeux, du soporifique.
   A la lecture des Amants du n'importe quoi, j'ai eu la très forte impression que tu n'écrivais que pour être déclamé par des animateurs autoproclamés spécialistes de littérature. Et je te confirme que c'est très réussi. Un chef d'oeuvre du genre.
   Et tu sais quoi, cher Florian ? Nous risquons bientôt de nous retrouver car j'ai un autre livre de toi qui m'attend. Bonne nouvelle, n'est-ce pas ? Mais je ne vais pas te lire tout de suite, Florian. Je vais te garder pour une occasion très spéciale, pour un jour où je serai vraiment trop déprimée. Car tu me feras rire, Florian.
   A très bientôt donc,
   Amicalement,
    ↓

critique par Cécile




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Ça m'énerve méchamment!
Note :

    Résumé
   « "Tristan la regardait dormir, et, bien qu'elle ne pût l'entendre, il lui dit à l'oreille qu'il l'aimait, sans trop savoir ce que cela voulait dire. Sans savoir qu'il venait de tomber dans un piège définitif, le piège de l'attendrissement, et qu'il était ridicule, d'un ridicule sans rémission"
   Attendrissement, tromperies, jalousie, attente, méchanceté, dépendance, espérance, peur de l'abandon, inquiétude, prise de pouvoir sur l'autre et mise à mort... C'est tout ce "n'importe quoi" auquel les élans du cœur nous poussent. C'est aussi l'histoire d'Amélie, qui aime Tristan, qui aime toutes les femmes.
   Voici le spectacle évanescent et cruel de tout ce que la passion tisse de promesses intenables, d'instabilité sentimentale et d'impossible rupture.»
   
   
   Commentaire

   
   Je dois avouer que je n'ai vraiment pas aimé ce livre de Florian Zeller. Attention, je ne juge pas la valeur du livre, je dis simplement que moi, personnellement, je n'ai pas accroché. En fait, j'ai trouvé ces 125 pages longues à lire, répétitives par endroits. Je ne parle pas des passages qui se répètent exactement et qui font partie de la construction du roman mais plutôt d'une éternelle répétition des mêmes idées.
   
   Tristan ne veut pas choisir, se sent emprisonné dans son histoire avec Amélie, la trompe, veut la laisser mais ne sait pas comment, lui en veut pour ça. Amélie, éthérée, présente mais à peine, est prête à tout pour le garder et n'a aucune confiance en elle. Je ne me suis retrouvée dans aucun des personnages et Tristan m'a été franchement antipathique. J'ai quand même mieux aimé les passages où l'on parle davantage d'Amélie mais j'ai eu l'impression qu'on restait en surface. J'aime qu'on me laisse découvrir les personnages, pas qu'on me mette tout - et trop vite - tout cuit dans le bec. Bref, je n'ai apprécié ni les personnages, ni l'histoire.
   
   Le style sec, très simple a induit une distance entre le texte et moi et les images suscitées étaient donc toujours pâles et lointaines. Je n'ai pas pu m'impliquer dans l'histoire, ne m'y sentant pas "invitée". De plus - et je vais maintenant vous parler d'une de mes lubies de lectrice... je suis bizarre, je l'ai déjà dit, je crois - , je suis tombée sur le mot qui m'énerve le plus au monde dans un livre et qui est "méchamment". Je ne sais pas pourquoi, je me sens toujours agressée par ce mot. C'est personnel, c'est irrationnel mais quand une femme "regarde méchamment", ou "dit méchamment", ça m'énerve toujours. Donnez-moi des images, des idées, et je vais m'occuper de décider si c'était méchant ou non!!! Fin de la parenthèse inutile!!!!
   
   C'est dommage car le titre du roman était prometteur et le premier paragraphe m'a accrochée particulièrement avec la phrase "Aujourd'hui, j'ai le sentiment qu'il ne me reste plus que mon passé à vivre", que je me suis déjà dite à une certaine époque tourmentée de mon adolescence. De plus, quelques phrases semées ici et là m'ont intéressée et amenée à réfléchir, entre autres sur l'idéalisation des gens qui ne sont plus là, comment ces détails prennent de l'importance, comment on se souvient de petites choses qui faisaient que la personne était elle-même... Cette réflexion m'a plu mais le reste du roman... pas du tout. J'imagine que l'auteur a voulu tracer le portrait des relations amoureuses dysfonctionnelles et destructrices... mais je ne peux adhérer à cette vision. Je ne veux pas y adhérer, je crois.

critique par Karine




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