Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La bataille de Pharsale de Claude Simon

Claude Simon
  Le Vent, Tentative de restitution d’un retable baroque
  Le Palace
  La bataille de Pharsale
  La route des Flandres
  Le Tramway
  L’Invitation
  Les Géorgiques
  L’acacia

Claude Simon est un écrivain français qui a obtenu le prix Nobel de littérature en 1985. Il est né en 1913 à Tananarive (Madagascar) et est mort en 2005 à Paris.

La bataille de Pharsale - Claude Simon

Dans le résultat d'une recherche
Note :

   Les thèmes sont mélangés dans le roman, sans transition, sans lien, avec seulement, parfois, des différences de ponctuation ou des passages en italique qui, pour le lecteur, marquent des ruptures. Ils tissent des correspondances entre eux : l’élève qui ânonne la traduction du de bello civili de César devant son oncle qui reprend ses erreurs et l’adulte qui recherche le site de Pharsale en Thessalie en compagnie d'un ami grec ; la bataille de Pharsale, la guerre d’Espagne et les épisodes de cavalerie de la guerre de 40 ; le couple qui fait l’amour, dont la scène est répétée, revisitée sous un angle différent, et les guerriers romains représentés nus dans les fresques et les bas reliefs ; l'errance sur les routes et les chemins de Thessalie à la recherche de Pharsale et la sortie du métro, méticuleusement observée depuis la terrasse d'un café, par intermittence avec une fenêtre de l'immeuble d'en face… Des tableaux sont également décrits, en même temps que des souvenirs de voyage en train sont remémorés.
   
   Tous ces éléments ne constituent pas une histoire, comme c'était encore le cas dans les premiers romans de Claude Simon. Ils nous feraient plutôt voir notre conscience à l’œuvre dans un moment de solitude où les souvenirs s'entremêlent aux sensations du présent, avec leur lot de petits plaisirs, de frustrations, de regrets, qui baignent dans une atmosphère commune d'ennui et de désir. La répétition des thèmes crée une richesse par les décalages qu'elle opère, de même que la précision de l'écriture aide à soutenir l'intérêt du lecteur attentif. Celui-ci est amené à comprendre qu'il s'est aventuré dans le résultat d'une recherche, aidé dans cette découverte par les exergues des différentes parties du roman, respectivement à Valéry, Proust et Heidegger. Il y a effectivement dans ce roman une tonalité qui rappelle "la Recherche du temps perdu", sans référence explicite à celle-ci, et sans développement en démontrant la pertinence en faisant entrevoir "le Temps retrouvé", comme chez Proust. Mais il est possible de discerner une ouverture vers un renouvellement du genre romanesque, même par rapport aux ouvrages précédents de l'auteur.

critique par Jean Prévost




* * *